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Garderies : O’Toole ne chiffre pas le montant qu’il accorderait à Québec

Erin O'Toole, de profil, parle aux médias.

Erin O’Toole était de passage à Russel, en Ontario, pour faire la promotion de son plan sur les garderies.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Bien que le chef conservateur Erin O'Toole promette « plus d'argent » pour les familles, il refuse d'avancer la somme qu'il serait prêt à verser à Québec, puisqu'il ne respectera pas l'entente conclue entre la province et le gouvernement Trudeau sur le financement des garderies.

Depuis que M. O'Toole a indiqué qu'il n'honorerait pas l'accord de près de 6 milliards de dollars que les libéraux se sont engagés à verser sur cinq ans au gouvernement Legault, une question demeure : que proposent concrètement les conservateurs en échange?

La réponse se fait toujours attendre. En point de presse à Russell, en Ontario, le chef conservateur n'a pas voulu dévoiler le montant que son parti comptait accorder au Québec pour améliorer son système de garderies subventionnées s'il était porté au pouvoir.

Aux questions des journalistes, M. O'Toole s'est contenté de répéter qu'il en donnerait plus aux familles – et ce « aujourd'hui, pas dans cinq ans! » – en collaborant avec M. Legault pour coordonner leurs « plans ».

On va aider toutes les familles québécoises immédiatement et directement. Et particulièrement pour les familles à faible revenu, on va donner plus; un montant de 75 % des frais, a répondu le leader conservateur, qui reproche à Justin Trudeau d'allouer des fonds exclusivement aux garderies accréditées.

Dans sa plateforme, le Parti conservateur du Canada (PCC) propose de remplacer la Déduction pour frais de garde d’enfants – qui offre, selon la formation, les montants les plus généreux aux riches – par un crédit d'impôt remboursable qui couvrirait, pour les familles moins nanties, jusqu'aux trois quarts de la facture pour la garde d'un enfant.

La déduction proposée par le PCC pourrait en outre être demandée pendant l'année, de sorte que les parents n’aient pas à payer le coût de la garde d’enfants pour être remboursés plus tard, explique-t-on.

Les conservateurs assurent que leur plan bénéficiera davantage aux familles qui font un salaire annuel de moins de 50 000 $. En fonction du revenu, la couverture de 75 % des coûts pourrait être réduite jusqu'à atteindre un minimum de 26 %, suivant la même échelle que celle qu'utilise Québec pour son Crédit d'impôt pour frais de garde d'enfants.

O'Toole et ses troupes promettent du même coup plus de places disponibles en garderie. Or, il a de nouveau évité de répondre aux questions concernant le nombre de nouvelles places que son parti entendait créer.

Son rival libéral a quant à lui affirmé que l'accord de 6 milliards de dollars permettra la création de 37 000 places au Québec, soit le nombre de places manquantes estimé par le premier ministre François Legault.

Une nouvelle lettre au premier ministre Legault

Après avoir écrit au premier ministre Legault en début de campagne pour lui faire part de ses engagements envers la province, Erin O'Toole a de nouveau eu recours à une missive pour réaffirmer son intention d'être un « partenaire [...] en matière de garde d'enfants ».

Le chef conservateur y assure qu'il offrira une aide directe aux parents canadiens et québécois, mais également un financement, sans condition attachée, pour le réseau des centres de la petite enfance.

Il réitère vouloir s'asseoir avec les provinces dans les 100 premiers jours suivant l'élection d'un gouvernement conservateur afin de conclure une entente qui permettra à Québec et à Ottawa d'atteindre leurs objectifs respectifs.

Le plan du PCC prévoit de l'argent pour de futures ententes avec les provinces, dont une partie sera consacrée à « honorer son engagement » sur la question du financement des garderies, dit-il.

Dans son programme, le Parti conservateur chiffre le montant qu'il attribuera au « Programme de stabilisation fiscale et accords provinciaux » à 9,72 milliards de dollars sur un horizon de cinq ans, ce qui reviendrait à une somme bien en deçà des 6 milliards qu'attend Québec du fédéral.

Le chef conservateur, qui n'a pas voulu dire s'il avait envoyé une lettre aux autres premiers ministres ayant conclu un accord avec le gouvernement Trudeau, a pu compter sur l'appui tacite de M. Legault en vue du scrutin fédéral.

Au cours de la campagne, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a reproché à M. O'Toole de vouloir « enlever 6 milliards de dollars à l'État québécois ». Le Nouveau Parti démocratique s'est pour sa part engagé à respecter l'entente qu'a conclue Ottawa, son chef Jagmeet Singh ayant souvent prôné la création d'un programme pancanadien de garderies.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

Avant le déclenchement des élections, le fédéral avait réussi à conclure des ententes pour le financement des garderies avec les provinces, à l'exception de l'Ontario, de l'Alberta et du Nouveau-Brunswick.

Dans le budget fédéral déposé en avril dernier, le gouvernement Trudeau avait annoncé un investissement de près de 30 milliards de dollars sur cinq ans pour la mise en place d'un réseau national de garderies, qui permettrait aux familles d'obtenir des places à 10 $ par jour, en moyenne, pour les enfants de moins de 6 ans.

Avec des informations de Christian Noël

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