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Lumière sur l’art numérique et le phénomène des jetons non fongibles

Norbert Langlois, directeur et copropriétaire de la galerie 3.

Norbert Langlois, directeur et copropriétaire de la galerie 3.

Photo : Radio-Canada

La rentrée culturelle nous permet de découvrir deux nouvelles expositions à la Galerie 3, à Québec. Celles-ci ont en commun, d’explorer différentes possibilités de l'art numérique. On y retrouve notamment une œuvre de réalité virtuelle très ludique de l'artiste canadien Graeme Patterson. Pour sa part, l’artiste Johann Baron Lanteigne, de Québec, propose une intéressante réflexion autour de l’univers fascinant et encore méconnu des jetons non fongibles.

Qu’est-ce qu'un jeton non fongible? Il s’agit d’un certificat de propriété numérique qui est relié à une œuvre d’art ou un objet virtuel, que ce soit une photographie, une vidéo, une pièce musicale ou même… un tweet.

La Galerie 3 a approché l’artiste Johann Baron Lanteigne pour explorer le phénomène des jetons non fongible après que la maison d’enchères Christie's eut réalisé, en mars dernier, une vente record de 69,3 millions de dollars pour un NFT, une abréviation anglophone utilisée pour parler des jetons non fongibles ou JNF (non-fungible tokens).

Une œuvre numérique composée notamment de deux pochettes de protection, d'un écran et d'une vidéo.

«Augmented Protective Pouch», de Baron Lanteigne

Photo : Radio-Canada / Valérie Cloutier

L'œuvre Augmented Protective Pouch, réalisée en 2020 par Baron Lanteigne, est composée notamment de deux pochettes qui sont faites pour protéger un écran devant servir de support à une vidéo d’art numérique.

Le codirecteur de la Galerie 3, Norbert Langlois, nous explique : Cette vidéo-là, il y a un jeton non fongible qui y est rattaché, et il est déjà vendu. Alors si toi [...], tu viens dans ma galerie, et que tu veux acheter cette œuvre-là, tu vas devenir propriétaire de la sculpture, de tout ce qu’on voit là, mais pas de l’animation virtuelle. L’animation virtuelle appartient à quelqu’un d’autre. Cependant, ça ne va pas t'empêcher de la diffuser chez toi. Alors c’est un nouvel univers, une nouvelle façon de collectionner.

Une main touche de l'eau en animation numérique.

Animation numérique de Baron Lanteigne

Photo : Radio-Canada / Valérie Cloutier

Alors que plusieurs NFT ont été vendus récemment à des prix vertigineux, cela fait naître plusieurs questions autour de la spéculation.

Il y a beaucoup à comprendre encore. Par exemple, le jeton non fongible rattaché à la vidéo qui est là a été payé un certain prix, il y a peut-être deux ans. Ç’a été acheté en cryptomonnaie, en argent virtuel. Aujourd’hui, ce même argent-là, il vaut 10, 100 fois plus! Est-ce que l'œuvre vaut plus, oui ou non? Il y a de la spéculation autour de l’art, mais l’art est quand même là, de préciser Norbert Langlois.

Deux écrans d'ordinateur qui projettent une animation colorée.

«L'ordinateur», une oeuvre réalisée en duo par Camille Bernard-Gravel et Johann Baron Lanteigne

Photo : Radio-Canada / Valérie Cloutier

Adjacente à l’exposition Matière Écranique, de Baron Lanteigne et de Camille Bernard-Gravel, on découvre également l’exposition multidisciplinaire A Tree Fell on It, de l’artiste canadien réputé Graeme Patterson.

Son travail est souvent autour de maquettes ou d'objets qu'il va faire à la main. Dans ce cas-ci, c'est sa maison, la maison où il habite à Sackville, au Nouveau-Brunswick. Il est arrivé un accident : il y a un arbre qui est tombé dessus. Alors là, il a voulu refaire toute sa maison à l'échelle 1/10. Alors quand les gens viennent ici, à la galerie, ils peuvent se pencher et regarder par les fenêtres; on voit les meubles, raconte le codirecteur de la galerie.

Un homme mi-oiseau, mi-humain se bouche les oreilles alors qu'il se trouve dans la cuisine.

Une des pièces à l'intérieur de la maquette de la maison de l'artiste Graeme Patterson

Photo : Radio-Canada / Valérie Cloutier

La résidence de l'artiste a aussi inspiré une œuvre de réalité virtuelle, qui voisine, dans l’exposition, un jeu vidéo unique mettant en vedette un personnage mi-homme mi-oiseau.

C'est un personnage qu'il utilise pour faire de la performance. Lui, le décrit comme un étourneau-disco-spatial. Mais c'est lui! Ça le représente, lui, ajoute Norbert Langlois avant de conclure qu’on ne nous invite pas à rationaliser les choses dans cette expo, mais plutôt à les ressentir.

Une sculpture qui représente plusieurs personnages d'hommes oiseaux un à coté des autres.  Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une sculpture cinétique de Graeme Patterson

Photo : Radio-Canada / Valérie Cloutier

Voici une bien belle invitation pour observer dans Matière Écranique et A Tree Fell on It, comment s’exprime l'art dans un contexte de création numérique. Ces deux expositions captivantes et tangibles seront présentées à la Galerie 3, jusqu’au 10 octobre.

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