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Le recours collectif contre la Famille Marie-Jeunesse autorisé

Photo d'une statue représentant la justice, prise de dos. Elle tient une balance à bout de bras et ses yeux sont bandés. En arrière-plan se trouve une structure métallique ensoleillée.

Le recours collectif contre la famille Marie-Jeunesse a été autorisé (archives).

Photo : Radio-Canada / Daniel Beauparlant

René-Charles Quirion

La demande d'autorisation du recours collectif contre la Famille Marie-Jeunesse, dont les activités sont maintenant regroupées à Sherbrooke, a été accueillie par le tribunal.

L’action collective vise aussi la Fondation Marie-Jeunesse, les maisons de la Famille Marie-Jeunesse et le fondateur Réal Lavoie. L’archidiocèse de Sherbrooke est aussi ciblé parce qu’il a reconnu la Famille Marie-Jeunesse comme association privée de fidèles en 1992.

C’est par l’un de ses anciens membres Pascal Perron que l’action collective a été entreprise.

Le demandeur reproche à la Famille Marie-Jeunesse, de laquelle il a été membre pendant 17 ans, « d'avoir mis en place ou toléré que soient mises en place des règles de vie imposées aux membres de la communauté à ce point strictes et rigoureuses qu'elles visaient ou ont eu pour effet de détruire l'identité des individus qui en faisaient partie et d'empêcher leur développement, rendant leur réintégration dans la société civile extrêmement difficile, voire impraticable ».

Tous les membres du Québec ou leur succession qui auraient été victimes d’abus physiques, spirituels et psychologiques entre 1986 et aujourd’hui peuvent s’inscrire à ce recours collectif.

Le montant des dommages ne sera pas déterminé tant que les reproches n’auront pas été établis par le tribunal.

Les membres du recours collectif devront notamment faire le lien de cause à effet entre les règles de vie et les pratiques religieuses imposées par la Famille Marie-Jeunesse, et les préjudices allégués et leur impossibilité d’agir.

Il appartiendra au juge du fond d'analyser les moyens de défense soulevés et fondés sur la liberté de religion, et l'adhésion volontaire du demandeur aux règles de vie de la communauté Famille Marie-Jeunesse durant tout son séjour au sein de cette communauté, et ce, sur la prémisse que les règles dont se plaint le demandeur constituent des pratiques religieuses coutumières, valables et acceptables dans le contexte d'une communauté religieuse dédiée à la prière et au culte de la Vierge Marie, soulève la juge Alicia Soldevila de la Cour supérieure.

Abus et ignorance de l'Église?

Plusieurs questions devront être tranchées dans le cadre de cette action collective, notamment à savoir la communauté ou son fondateur ont mis en place un système asservissant les membres et les rendant vulnérable.

Le tribunal devra aussi se pencher sur de possibles abus physiques, spirituels ou psychologiques des membres les plus vulnérables de la communauté, et sur le fait leur bien-être physique pourrait avoir été mis en péril.

Concernant l'Archidiocèse de Sherbrooke, la juge se demande si la reconnaissance à Marie-Jeunesse lui a été accordée alors qu’elle « avait en main » des informations lui permettant de croire que des abus y avaient lieu. De plus, elle devra déterminer si l'Église a pris ou non des mesures raisonnables afin d’apporter l'aide requise, ou si elle a choisi d'ignorer les abus.

Par communiqué, l’Archidiocèse de Sherbrooke a indiqué accepter favorablement la demande des plaignants.

L’Archidiocèse de Sherbrooke compte maintenir ses efforts de collaboration avec la justice et assurer sa défense dans le cadre des prochaines étapes du dossier. Les abus de toute nature sont inacceptables. À travers ce processus judiciaire, nous souhaitons que les victimes alléguées puissent trouver la paix et que ces personnes puissent vivre une vie à la hauteur de leurs espérances, explique-t-il par voie de communiqué.

Les activités de la Famille Marie-Jeunesse s’étalaient à Québec, à Edmundston au Nouveau-Brunswick, à l’Île de la Réunion et en Belgique. Elles ont été regroupées à celle de Sherbrooke en 2018.

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