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Développement dans Ascot : le maire de Sherbrooke utilise son droit de veto

Steve Lussier, maire de Sherbrooke, en entrevue

Le maire, Steve Lussier, a utilisé son droit de veto. (archives)

Photo : Radio-Canada / Christine Bureau

Radio-Canada

Plusieurs élus municipaux ont réclamé la tenue d’une enquête indépendante à la séance du conseil municipal du 13 septembre afin de faire la lumière sur l'autorisation par la Ville d'un type de développement dans le secteur d’Ascot qui irait à l’encontre de la vision des élus. Or, le maire Steve Lussier a utilisé son droit de veto pour empêcher l’adoption d’une résolution en lien avec ce dossier.

Plusieurs élus veulent faire la lumière sur l’ajout de l’usage commerce de détail et service en général dans le secteur du projet immobilier du Carré Belvédère, un usage qui permet l’ouverture d’une épicerie de grande taille. Une décision qui, selon eux, va à l’encontre de la volonté du conseil municipal.

La résolution aurait permis de retirer l’usage commerce de détail et service en général dans le secteur du Carré Belvédère. Douze des 14 élus se sont positionnés en faveur de la résolution, mais la décision a été portée au prochain conseil municipal, en raison du veto du maire. Il s'agissait d'une première pour Steve Lussier depuis le début de son mandat.

Invité à expliquer sa décision, le maire a martelé que ce geste a pour but de faire la lumière avant une prise de décision la semaine prochaine. Je veux faire la lumière juste auparavant. Quand je vais prendre ma décision, elle va être clair, a-t-il mentionné tout en admettant qu’il n’aura sans doute pas de réponses complètes en quelques jours.

Le maire Steve Lussier a lui aussi reconnu qu’il faut obtenir des réponses. Je suis favorable (à une enquête indépendante), a-t-il déclaré aux journalistes en marge de la séance du conseil municipal. Je vais en discuter avec mon directeur général pour qu’il fasse la lumière. Demain matin, je rencontre la vérificatrice générale.

Je veux faire la lumière sur ce dossier-là.

Une citation de :Steve Lussier, maire de Sherbrooke

La conseillère municipale du secteur, Karine Godbout, s’explique quant à elle mal la pertinence de l’utilisation du droit de veto du maire. Qu’est-ce qu’on va pouvoir faire ou livrer en une semaine de plus, a-t-elle souligné en entrevue. On n’a pas vu cela dans les 4 dernières années un veto du maire. Ce que ça veut dire, c’est que c’est un dossier chaud.

La conseillère municipale Évelyne Beaudin et candidate à la mairie s’est étonnée de l’utilisation du droit de veto par le maire. Je n’ai pas pu réprimer mon exclamation parce que c’est complètement inhabituel, a-t-elle déclaré lors de la séance du conseil. Ce n’est pas dans la tradition de la démocratie à Sherbrooke d’utiliser ce pouvoir-là.

Une enquête est exigée

Tous les candidats à l'élection municipale ont signé un communiqué conjoint, il y a quelque temps, pour dénoncer l'absence de services de proximité dans le quartier, et cette autorisation devrait appauvrir davantage le secteur.

Est-ce que [cette décision] est une erreur? Possible […] mais peut-être que ça ne l’est pas, a déclaré le conseiller municipal Pierre Avard lors de la séance du conseil municipal de lundi. Le conseiller est allé jusqu’à se demander si ce dossier ne devrait pas être analysé par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Un citoyen a demandé au conseil municipal quand cette autorisation a été donnée. Le greffier adjoint à la Ville de Sherbrooke, Éric Martel, n’a pas été en mesure de fournir de réponse. Après avoir consulté les archives municipales, notamment des dossiers du règlement 1200 (NDLR : de zonage et de lotissement), il admet qu'il ne peut expliquer l’origine de l’apparition de la classe C2 (NDLR : commerce de détail et service en général dans la zone C1845) (NDLR : secteur du Carré Belvédère).

Quand des élus prennent des décisions, que nos décisions ne se reflètent pas dans la réglementation, c’est complètement inacceptable, a notamment déclaré la conseillère Annie Godbout.

Mme Godbout a également réclamé l’imputabilité des personnes responsables. S’il y a des personnes qui sont fautives, il faut qu’elles paient pour, a-t-elle souligné.

Je demande à la direction générale, au comité exécutif, de pouvoir déposer aux membres du conseil municipal une enquête indépendante externe pour faire la lumière sur ce qui est arrivé.

Une citation de :Annie Godbout, conseillère municipale

L’enjeu de l’offre alimentaire dans Ascot

Ce dossier suscite actuellement une mobilisation citoyenne importante. Plusieurs organismes communautaires et les trois candidats aux élections municipales réclament le retrait de l’usage controversé. Selon eux, la possible ouverture d’une épicerie grande surface dans ce secteur, situé en périphérie, nuirait à l’établissement d’une épicerie au cœur du quartier.

Les candidats souhaiteraient plutôt qu’une épicerie ouvre ses postes dans le cadre du projet de l’entreprise Immostar sur la rue Belvédère Sud, entre les rues Thibault et Sara. Ils ont l’appui de 232 citoyens qui ont signé une pétition.

Un référendum pourrait être nécessaire dans ce dossier puisque des citoyens s'opposent au retrait de l'usage controversé.

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