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Le cigarettier britannique BAT soupçonné de « paiements douteux » en Afrique

Le siège de British American Tobacco à Londres.

Le siège de British American Tobacco à Londres

Photo : Reuters / Stefan Wermuth

Agence France-Presse

Le cigarettier britannique British American Tobacco (BAT) est soupçonné d'avoir réalisé des centaines de « paiements douteux » dans dix pays africains durant cinq ans afin d'influencer les politiques de santé et de nuire à ses concurrents, dans plusieurs rapports publiés mardi.

Dans deux rapports, l'ONG antitabac STOP accuse ce géant mondial du tabac d'avoir distribué plus de 600 000 $ sous forme d'argent, de voitures ou encore de dons de campagne à des dizaines de responsables politiques, législateurs, fonctionnaires, journalistes et employés d'entreprises concurrentes entre 2008 et 2013.

L'ONG STOP, lancée en 2018 par le milliardaire et ancien maire de New York Michael Bloomberg, entend dénoncer les stratégies trompeuses de l'industrie du tabac et proposer des moyens de lutter contre son influence.

Cette organisation est dirigée collectivement par l'Université de Bath (Royaume-Uni), le Centre mondial pour la bonne gouvernance dans la lutte antitabac (Thaïlande) et l'Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires (Paris).

Selon l'ONG, le groupe BAT s'est comporté comme s'il était au-dessus de la loi, appuyant notamment ses dires sur des témoignages de lanceurs d'alerte, des fuites de documents et des dossiers de justice analysés par le Tobacco Control Research Group (TCRG) de l'Université de Bath.

Les pratiques potentielles de corruption du groupe BAT en Afrique n'ont pas été uniquement l'œuvre de quelques brebis galeuses.

Une citation de :Andrew Rowell, du groupe TCRG

La dispersion géographique de cette activité, les infrastructures utilisées et le nombre de collaborateurs séniors impliqués suggèrent que les paiements réalisés par BAT étaient routiniers, ajoute M. Rowell.

236 paiements douteux

Les membres du groupe de recherche ont ainsi découvert 236 paiements douteux réalisés au Burundi, aux Comores, en République démocratique du Congo, au Kenya, au Malawi, au Rwanda, au Soudan, en Tanzanie, en Ouganda et en Zambie, pour un total de 601 502 $.

Dans une enquête séparée publiée lundi, menée par la BBC et un consortium de journalistes, Bureau of Investigative Journalism, le groupe est également accusé d'avoir négocié le versement de jusqu'à 500 000 $ en pots-de-vin au parti au pouvoir au Zimbabwe sous la présidence de l'ancien président Robert Mugabe en 2013.

Dans un communiqué, le cigarettier, actif dans plus de 170 pays, a rejeté catégoriquement ce qu'il a qualifié de description erronée de ses activités.

Les accusations de cette nature ne sont pas nouvelles et ont été largement couvertes par divers médias d'information depuis plusieurs années, a-t-il déclaré. Il a ajouté qu'une enquête menée en janvier 2021 par les autorités britanniques antifraude l'avait innocenté de tout acte répréhensible.

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