•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Analyse

Un référendum californien, test important pour Joe Biden

Gavin Newsom parle dans un micro; Joe Biden est derrière lui.

Le gouverneur de Californie Gavin Newsom en compagnie du président, Joe Biden, à l'aéroport de Mather, en Californie.

Photo : Reuters / LEAH MILLIS

Le référendum de révocation du gouverneur démocrate de la Californie Gavin Newsom, mardi, représente tout un test pour les troupes républicaines et démocrates. Le résultat donnera un sérieux coup de sonde sur la trajectoire politique du pays et, par ricochet, sur la popularité de Joe Biden.

Ce fameux recall constitue en quelque sorte la première élection importante depuis l’arrivée au pouvoir de Joe Biden. Alors que pointent déjà à l’horizon les élections de mi-mandat de novembre 2022, les points de contention entre les deux camps sont nombreux. Les plus évidents restent les mesures sanitaires, la gestion de la pandémie et la reprise économique.

Ce n’est donc pas un hasard si les grands canons démocrates font campagne pour Gavin Newsom, qui fait face à la possibilité d’être chassé de son siège de gouverneur s’il perd ce référendum. Kamala Harris, Barack Obama et Joe Biden lui-même, qui lui a donné un coup de pouce lundi, à la veille du vote, ont fait campagne pour le gouverneur dans l’État bleu californien.

Pour sauver sa peau, Gavin Newsom et son équipe ont essayé de faire de cette course aux votes un référendum sur les mesures sanitaires, comme le port du masque dans les écoles et les obligations vaccinales. Le remplacement de M. Newsom par un républicain, disent-ils, transformerait la Californie en une autre Floride – une référence à la façon dont le gouverneur républicain de cet État, Ron DeSantis, a combattu les mesures sanitaires.

Une stratégie qui pourrait bien se retourner contre lui et favoriser la mobilisation des républicains, plutôt retors à ces mesures que certains qualifient de liberticides.

Une procédure redoutable

Moyennant un certain nombre de signatures, le référendum de révocation permet aux citoyens d’obliger l’État à organiser une élection spéciale remettant en jeu le poste d’un dirigeant. Dans ce cas-ci, le seuil était fixé à 1,5 million de signatures.

C’est la deuxième fois depuis 1911 que la Californie est le théâtre d’une telle procédure. La première fois, c’était en 2003 lorsque le gouverneur Gray Davis avait fait face à cette élection spéciale sur fond de crise de l’énergie et d’un vaste déficit budgétaire. Ce référendum l’avait finalement écarté du pouvoir, permettant à Arnold Schwarzenegger d'hériter de son siège, sous la bannière républicaine.

Le million et demi de signatures recueillies contre Gavin Newsom demeure un nombre impressionnant, mais il est difficile de connaître les motivations précises des électeurs.

Gestion de la pandémie, coût de la vie, politiques migratoires, hausse du taux de crime et des impôts ou encore la personnalité flamboyante du gouverneur pris en flagrant délit, sans masque, dans un restaurant chic : les causes de frustration sont nombreuses.

46 rivaux

Si plus de 50 % des électeurs se prononcent en faveur du départ de M. Newsom, c’est le candidat qui obtient le plus grand nombre de votes qui deviendra automatiquement le nouveau gouverneur, peu importe l'importance de ce nombre.

Face à M. Newsom, ancien maire de San Francisco et facilement élu en 2019, il y a pas moins de 46 candidats. Parmi eux, des avocats, des millionnaires ou encore Caitlin Jenner, femme transgenre, ancienne athlète, spécialiste du décathlon dans les années 1970 (remportant d'ailleurs la médaille d'or aux Jeux olympiques de Montréal en 1976).

Le plus sérieux opposant à Gavin Newsom demeure Larry Elder, un animateur de radio afro-américain républicain, qui s’oppose aux obligations vaccinales, est contre l’avortement et a épousé certaines des tactiques de Donald Trump. Notamment celle de chercher à persuader les électeurs que s’il perd, ce sera parce que les élections auront été truquées.

Dans un État où les démocrates sont toutefois deux fois plus nombreux que les républicains, il ne devrait y avoir aucun suspense quant à l’issue du vote. Mais ce référendum va permettre de tester la mobilisation tant démocrate que républicaine, dans un contexte de forte polarisation politique dans tout le pays.

Pas de résultats immédiats

Il reste que dans le cas d’une importante mobilisation de l’électorat républicain – plausible car, en général, le parti au pouvoir perd des plumes lors des élections spéciales –, ce sera l’occasion pour les démocrates de réaligner leurs priorités et leurs messages de campagne d’ici les élections de mi-mandat, où le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat sera en jeu.

L’État de la Californie permet le comptage des bulletins de vote qui arrivent par la poste jusqu’à sept jours après la date du scrutin.

Comme les démocrates ont tendance à voter par la poste, alors que les républicains préfèrent voter en personne, il faudra donc peut-être attendre plusieurs jours avant de connaître le résultat final dans le cas d’un vote serré.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !