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Pas de salaire pour les employés non vaccinés de la Ville de Sherbrooke en isolement

Un homme injecte une dose de vaccin à un jeune homme.

Les employés de Sherbrooke ne seront plus indemnisés s'ils doivent s'isoler et n'ont pas reçu leurs deux doses de vaccin.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau

Pas de vaccin, pas de salaire : la Ville de Sherbrooke suspend l’indemnisation versée à ses employés en isolement préventif, si ces derniers ont choisi de ne pas être pleinement vaccinés contre la COVID-19. La nouvelle fait toutefois fortement réagir le syndicat.

La Ville avait pourtant annoncé à ses employés en septembre 2020 qu’elle verserait un salaire aux personnes devant s’absenter du travail en raison d’un isolement préventif, sous certaines conditions. Dans une communication écrite, le directeur général de la Ville, Daniel Picard, expliquait que, pour être indemnisé par la Ville, si le télétravail était impossible, un employé devait fournir un document de la santé publique [qui] exige officiellement une période d’isolement.

Le 7 septembre dernier, la Ville a toutefois modifié cette politique en raison des règles de la santé publique concernant la COVID-19. La nouvelle communication écrite envoyée au personnel spécifie que vous devez présenter une preuve indiquant que vous avez reçu les deux doses de vaccin contre ce virus pour bénéficier du maintien du versement de votre salaire pendant votre isolement.

Selon la Ville, ce changement s’inscrit dans la même lignée que l'application du passeport vaccinal : les personnes qui refusent de se faire vacciner perdent certains privilèges. La Ville souhaite reconnaître l’importance de la couverture vaccinale contre la COVID-19 comme outil de prévention de la santé et espère inciter ses employés à recevoir leurs deux doses.

L'hôtel de ville de Sherbrooke au printemps.

La Ville soutient avoir modifié sa politique en raison des règles de la santé publique.

Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer

Une nouvelle mal accueillie

Selon le conseiller syndical Gaétan Desnoyers, du Syndicat des fonctionnaires municipaux et professionnels de la Ville de Sherbrooke, cette nouvelle a provoqué une levée de boucliers auprès des 500 membres.

Le Syndicat privilégie que tous ses membres soient vaccinés deux fois. Mais avec cette directive-là, on se retrouve avec deux classes d’employés qui n’ont pas les mêmes droits. Ç’a été très mal reçu chez nos membres, qu’ils soient vaccinés ou non, explique-t-il.

Le Syndicat estime également que le changement de règlement est illégal. La convention collective des cols blancs a pris fin le 31 décembre 2019, et les négociations se poursuivent pendant deux ans. Selon l’article 59 du Code du travail, un employeur n’a pas le droit de modifier les conditions de travail des salariés avant la signature d’une nouvelle convention collective, rappelle le syndicaliste.

Comme on est en négociation, l’employeur n’a pas le droit de faire ça.

Une citation de :Gaétan Desnoyers, conseiller syndical
Le conseiller syndical de la FISA, Gaétan Desnoyers, défend une répartitrice congédiée par le RTC.

Le conseiller syndical de la FISA, Gaétan Desnoyers, estime que cette position de la Ville est illégale.

Photo : Radio-Canada

Aucun changement de politique, selon la Ville de Sherbrooke

La Ville, pour sa part, rejette les accusations du Syndicat. Elle assure qu’elle ne modifie pas les conditions de travail de ses employés, mais qu’elle s’adapte plutôt au contexte actuel. L'indemnisation offerte aux employés en isolement préventif était une mesure exceptionnelle, qui n’aurait plus sa place aujourd’hui avec la progression de la campagne vaccinale.

Selon la Ville, la politique d’indemnisation demeure la même. Un employé malade qui aurait contracté la COVID-19, qu’il soit vacciné ou non, recevra le versement de son salaire s’il doit s’absenter du travail.

Quant aux employés qui, pour des raisons médicales, ne peuvent pas recevoir leurs deux doses de vaccin, ils continueront d’avoir droit à l’indemnité s’ils doivent s’isoler et qu'ils n'ont pas la possibilité d’effectuer du télétravail.

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