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Plaidoyer en faveur d’un meilleur accès aux services en santé mentale

Itinérant au centre-ville de Moncton.

Itinérant au centre-ville de Moncton

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Radio-Canada

Le geste de désespoir d’un homme qui s'est infligé de sérieuses brûlures au centre-ville de Chicoutimi, vendredi, a ébranlé les intervenants oeuvrant en santé mentale. Ils déplorent le manque de ressources et plaident pour un meilleur accès aux services.

L’événement, bien loin du fait divers anecdotique, selon les représentants d’organismes qui côtoient des personnes démunies, rappelle que la détresse psychologique est bien présente, particulièrement en cette période pandémique.

Il y a eu des témoins, il y a eu des gens qui ont vu ça. Puis, grâce au CIUSSS puis à nos partenaires, on a pu faire une cellule de crise. Des personnes spécialisées en intervention de crise se sont déplacées pour rencontrer nos intervenants et nos usagers et usagères qui ont vécu [la situation] de près, a raconté le directeur général de la Maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi, Michel St-Gelais.

Le directeur croit que le geste posé par l’homme dans la quarantaine montre à quel point la pandémie a accentué la souffrance dans une frange de la population déjà vulnérable. La télémédecine n'étant pas accessible aux personnes qui ne disposent pas d'outils technologiques, des personnes nécessitant de l'aide n'ont pu être prises en charge.

Michel St-Gelais en entrevue à l'extérieur en été.

Le directeur général de la Maison d'accueil pour sans-abri de Chicoutimi, Michel St-Gelais

Photo : Radio-Canada

L’Association canadienne pour la santé mentale observe aussi un manque de ressources.

Il y a des listes d'attente partout. Les portes d'entrée pour aller dans le réseau sont très difficiles [à ouvrir], note Valérie Maltais, directrice générale de l’organisme au Saguenay.

Elle constate que même les besoins de base sont difficiles à combler chez les personnes aux prises avec un problème de santé mentale.

Quand on n'est pas capable de trouver de logement et qu'on n'est pas capable de faire une épicerie avec les budgets qu'on a, ça part mal.

Une citation de :Valérie Maltais, directrice générale, Association canadienne de santé mentale, Saguenay

La saison froide étant à nos portes, les inquiétudes sont d'autant plus grandes.

Le simple fait que Québec autorise temporairement une carte d'assurance maladie sans photo en raison de la crise sanitaire a compliqué la vie aux personnes moins bien nanties, qui se retrouvent dépourvues d’une pièce d’identité avec photo.

Les gens ont eu de la difficulté à avoir les pièces d'identité nécessaires pour avoir un compte de banque ou pour pouvoir faire des retraits, des choses comme ça. Ça fait beaucoup de petites choses qui s'accumulent et qui font en sorte que la pression est presque insoutenable présentement, constate Michel Saint-Gelais.

Dans un état stable

L’homme qui s’est infligé de graves brûlures par le feu devant des agents de la paix se trouve dans un état stable, a précisé le Service de police de Saguenay (SPS). Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a ouvert une enquête. L’ouverture d’une enquête ne signifie pas qu’il y a eu faute lors de l’intervention. Le BEI a expliqué que dès qu’une personne est blessée ou tuée pendant une intervention policière, il est de son devoir d’enquêter.

D'après le reportage de Gilles Munger

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