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Manifestations près des hôpitaux : les libéraux veulent donner plus de mordant à la loi

M. Tudeau parle à une travailleuse de la santé, de profil. En arrière-plan se trouvent d'autres travailleuses ainsi que Sophie Grégoire Trudeau et Hadrien. Plus loin, on voit les contours d'un hôpital.

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, s'entretient avec des travailleuses de la santé à Vancouver, le 13 septembre. Il est accompagné de sa femme, Sophie Grégoire Trudeau, et de son fils Hadrien (à gauche).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

S’il est reporté au pouvoir, le Parti libéral du Canada (PLC) entend rendre illégaux le fait de bloquer l’accès à un bâtiment où l’on prodigue des soins de santé et les gestes d’intimidation visant des travailleurs de la santé ou des patients.

Le chef du PLC, Justin Trudeau, en a fait l’annonce à Vancouver, lundi, alors que se déroulent des manifestations d’opposants aux mesures sanitaires près d’hôpitaux de grandes villes du pays.

Les libéraux comptent présenter un projet de loi visant à ériger en infraction le fait d’obstruer le passage de manière intentionnelle et délibérée à tout bâtiment abritant des services de santé, peut-on lire dans un communiqué accompagnant l’annonce.

On inclut ici les hôpitaux, centres de vaccination, centres de dépistage, pharmacies et cliniques proposant des services d’avortement.

Aussi, un gouvernement libéral [protégerait] les travailleurs de la santé en érigeant en infraction le fait d’intimider ou de menacer de manière intentionnelle et délibérée tout professionnel de la santé qui s’acquitte de ses fonctions ou tout citoyen canadien qui souhaite recevoir des soins médicaux.

Le chef libéral déplore qu’on en soit rendus là dans notre pays, mais il assure que c’est un geste nécessaire.

On est en train de voir dans différents hôpitaux l’installation de barricades pour protéger les travailleurs de la santé contre les antivax. Ce n’est pas correct, a-t-il dit en point de presse.

Dans ce pays, on est là les uns pour les autres. Ceux qui ont le plus été là pour nous, les travailleurs de la première ligne, surtout les travailleurs de la santé, ont fait des sacrifices énormes en mettant leur famille à risque, pour servir la communauté, pour nous garder en vie, a-t-il poursuivi.

C’est fini, l’intimidation.

Une citation de :Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

Une journaliste lui a fait remarquer qu’il est déjà illégal de menacer ou d’agresser quelqu’un. Qu’est-ce que ces nouvelles dispositions annoncées apporteraient de plus?

Il y a des protections spécifiques pour les journalistes victimes d’intimidation dans notre Code criminel, et [des dispositions] contre l’intimidation de juges et de personnes qui travaillent dans notre système de justice. C'est dommage qu’on soit rendus là, mais nous nous devons d’assurer les meilleures protections pour tous ceux qui travaillent dans le système de santé contre l'intimidation et le harcèlement, a répondu M. Trudeau.

Inacceptable

Plus tôt, les autres chefs de partis ont aussi eu l’occasion de réagir aux manifestations à proximité des hôpitaux.

J’ai beaucoup de respect pour les travailleurs de première ligne, les infirmières, les médecins et les travailleurs de la santé. Mais l’intimidation et les manifestations contre des hôpitaux sont inacceptables, a dit le chef conservateur, Erin O’Toole, lors d’un point de presse dans la région d’Ottawa où il s’en est pris de façon acerbe au bilan des libéraux.

Nous devrions être unis en ce moment pour combattre la COVID-19.

Une citation de :Erin O’Toole, chef du Parti conservateur du Canada

J’ai une grande confiance envers nos forces de l’ordre pour assurer que les services de santé seront toujours accessibles. Il y a une manière de manifester de façon paisible sur ces enjeux, a-t-il dit.

Les conservateurs ont précisé qu'à la page 151 du Plan de rétablissement du Canada, ils proposent de faire adopter une loi sur la protection des infrastructures essentielles qui aurait pour objectif d’empêcher les manifestants de bloquer des infrastructures.

Cette loi stipulerait clairement qu'entraver l'accès à un établissement de santé constitue une infraction pénale et accorderait aux policiers le soutien nécessaire pour intervenir et assurer la sécurité des travailleurs de la santé.

Ainsi, ils comptent modifier l’article 431.2 du Code criminel pour faire de la perturbation d’une infrastructure une infraction punissable en vertu de la loi.

Des moyens limités

De passage en Ontario, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a quant à lui jugé que de telles manifestations devraient être interdites.

Ces manifestations ne devraient pas avoir lieu là. C’est inacceptable. C’est tout à fait la mauvaise chose à faire, a-t-il dit.

Les travailleurs de la santé devraient être capables d’aller donner des soins. Et les patients, de recevoir les soins dont ils ont besoin.

Une citation de :Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

Nous n’avons pas les outils législatifs [au fédéral] pour bannir cela, mais nous aimerions assurément le faire, a poursuivi M. Singh.

Le chef du NPD a ajouté que, si quelqu’un est reconnu coupable de harcèlement ou d’agression contre un travailleur de la santé, par exemple, son parti en ferait un facteur aggravant d’une peine.

Mais il admet que les moyens d’intervention du fédéral demeurent limités à ses champs de compétence. M. Singh a souligné que des provinces, comme l’Ontario, ont déjà légiféré pour assurer l’accès autour des cliniques d’avortement en interdisant les manifestations à proximité, ce qui peut servir d’exemple pour aller plus loin.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a lui aussi dénoncé les manifestations des derniers jours.

Les gens qui fréquentent les hôpitaux le font rarement par choix. Les professionnels qui s’y rendent tous les jours se trouvent dans une certaine mesure à être l’objet d’une intimidation absolument inacceptable, a-t-il affirmé.

J’invite les opposants à la vaccination, quels que soient leurs arguments, à utiliser des moyens décents pour les exprimer.

Une citation de :Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Et imaginez, pire, les usagers du système de santé, des gens fragiles, vulnérables, inquiets, franchement malades, qui sont exposés potentiellement à ce type d’intimidation. C’est inacceptable, a conclu le chef bloquiste.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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