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Aucune preuve scientifique d’un « syndrome de La Havane », estiment des chercheurs cubains

L'ambassade des États-Unis à La Havane.

L'ambassade des États-Unis à La Havane, le lieu « originel » de l'apparition des mystérieuses attaques.

Photo : Getty Images / YAMIL LAGE

Agence France-Presse

Le « syndrome de La Havane », un mal mystérieux qui a frappé des diplomates américains à Cuba et dans d'autres pays, n'est pas « scientifiquement » prouvé, a estimé lundi un groupe de chercheurs cubains.

Nous concluons que l'histoire du syndrome mystérieux n'est pas scientifiquement prouvée, dans aucune de ses composantes, et qu’elle n'a survécu qu'en raison d'un usage biaisé de la science, souligne un groupe de 16 chercheurs de l'Académie des sciences de Cuba (ACC), dans un rapport officiel rendu public sur le site officiel Cubadebate.

Les experts soulignent que, dans certains articles scientifiques, il a été accepté comme un axiome qu'il y a eu des attaques à La Havane contre les diplomates américains et des théories ont été élaborées à partir de cette idée.

Toutefois, quatre ans après l'apparition des premières informations sur des cas présumés à La Havane, il n'y a eu aucune preuve d'attaques, ajoutent les chercheurs.

Ni la police cubaine, ni le FBI, ni la Gendarmerie royale du Canada n'ont découvert de preuves d'attaques à l'encontre des diplomates à La Havane malgré d'importantes investigations, insistent-ils.

Des diplomates américains en poste à Cuba ont commencé à se plaindre de malaises en 2016. Plus de 20 employés du gouvernement américain et membres de leurs familles ont été affectés à Cuba entre fin 2016 et mai 2018, ainsi que des diplomates canadiens.

En 2018, des symptômes similaires ont frappé une dizaine d'autres diplomates américains en Chine. Des cas ont été signalés en Allemagne, en Australie, en Russie, à Taïwan et même à Washington.

Plusieurs symptômes

Les diplomates concernés ont souffert de maux divers, notamment des problèmes d'équilibre, de vertige, de coordination, de mouvement des yeux, ainsi que d'anxiété, d'irritabilité, et ce que des victimes ont appelé un brouillard cognitif. Des lésions cérébrales ont été diagnostiquées.

Le gouvernement cubain qui a enquêté sur le sujet a rejeté à plusieurs reprises les accusations de Washington sur cette affaire.

Des hypothèses se sont succédé. Mais selon un rapport de l'Académie des Sciences américaine, l'énergie dirigée d'ondes radio est la cause la plus probable des symptômes.

Selon les experts de l'ACC, aucune forme d'énergie connue ne peut causer de façon sélective des dommages cérébraux (avec une précision spatiale équivalente à un faisceau laser) dans les conditions décrites dans les supposés incidents de La Havane.

L'ACC est prête à revoir ses conclusions si de nouvelles preuves apparaissent et invite à réfuter ses interprétations dans un climat de collaboration scientifique ouverte, font savoir les chercheurs cubains.

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