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Reconversion du Colisée : le propriétaire d’un centre d’escalade craint pour sa survie

De hauts murs d'escalade vus du bas.

Le Roc Gyms est situé de l'autre côté de l'avenue du Colisée, juste en face de l'ancien amphithéâtre.

Photo : Radio-Canada

Annoncée en grande pompe il y a quelques semaines, et perçue par plusieurs comme une promesse électorale, la reconversion du Colisée Pepsi en centre de sports émergents ne fait pas que des heureux. Le propriétaire du Centre d'escalade Roc Gyms, installé de l’autre côté de l’avenue du Colisée depuis près de trente ans, craint de ne pas pouvoir survivre à la concurrence.

François-Guy Thivierge, propriétaire du Centre d'escalade Roc Gyms depuis 1993, dit être tombé de sa chaise en apprenant que les plans de l’administration Labeaume pour la reconversion du Colisée incluaient la construction d’infrastructures d’escalade sportive.

François-Guy Thivierge.

François-Guy Thivierge a ouvert le centre d'escalade Roc Gyms en 1993.

Photo : Radio-Canada

Son centre d’escalade, le premier de la région, se trouve à un jet de pierre de l’ancien amphithéâtre. C’est un mélange de stupéfaction, d'impuissance, de colère. C'est comme si tu apprenais que la Ville de Québec venait saisir mon entreprise.

L’entrepreneur est catégorique : il ne pourra probablement pas survivre si la Ville investit dans de nouvelles infrastructures d’escalade juste à côté de chez lui. Ça va être dur pour moi de rivaliser avec leur programmation.

Il doute également du réalisme de la facture totale du projet du maire, dont l'évaluation est de 35 à 40 millions de dollars.

Façade du Colisée de Québec.

Le maire Labeaume estime que la reconversion coûtera entre 35 et 40 millions de dollars.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Aucune consultation

M. Thivierge essaie d’obtenir des précisions sur le projet depuis son annonce. Il dit qu’à aucun moment il n’a été consulté et aimerait participer au minimum dans le projet. Mon souhait le plus grand, c'est qu'on me fasse une proposition, affirme-t-il.

Il juge que son expertise acquise au cours des trente dernières années pourrait bénéficier à la Ville si elle souhaite mettre cette reconversion à exécution. S' ils m’approchent, je vais être 100 % avec eux dans un projet de même, assure-t-il.

En entrevue, la cheffe d'Équipe Savard, Marie-Josée Savard, a tenu à rassurer l'entrepreneur. Elle affirme que Régis Labeaume souhaitait présenter le plan préparé par son administration avant les élections.

Elle confirme que l'administration n'est pas entrée en contact avec François-Guy Thivierge avant l'annonce. De débuter des discussions avec des partenaires avant les élections, c'était peut-être pas le bon moment, explique-t-elle.

Elle ajoute que, si elle est élue et que le projet peut aller de l'avant, les occasions de collaboration avec le Roc Gyms seront définitivement étudiées et que le but n'est pas d'entrer en concurrence avec l'entreprise. Le Roc Gyms est tout près, ce qui peut facilement créer un lien intéressant, conclut-elle.

Un manque de respect

Le chef de Démocratie Québec, Jean Rousseau, estime que l’annonce de la reconversion, sans même avoir consulté l’entrepreneur, représente un manque de respect. Le Roc Gyms, il est juste à côté du Colisée. Ça aurait été quoi de poser la question au propriétaire voir qu’est-ce qu’il en pensait?, se questionne-t-il.

Jean Rousseau estime que l’idée d’un centre sportif est bonne, mais qu’elle doit répondre à des besoins existants et ne pas concurrencer le secteur privé. On va repenser le Colisée comme un lieu sportif pour différentes fédérations, mais en collaboration avec elles, ajoute le politicien.

Jean Rousseau, le chef de Démocratie Québec.

Jean Rousseau estime que l'entrepreneur aurait dû être consulté par la Ville.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Même son de cloche chez Québec 21. C'est comme si la Ville de Québec avait décidé de venir compétitionner le Roc Gyms avec les taxes que le Roc Gyms a payées depuis plusieurs années, dénonce le chef Jean-François Gosselin.

Son parti dit ne pas s’opposer à un projet de centre de développement des sports émergents, tant qu’il est fait en collaboration avec les gens du milieu.

Jean-François Gosselin compare la situation à celle survenue à l’été 2020, lorsque le maire Labeaume avait annoncé la création de ciné-parcs sans avoir d’abord consulté les acteurs du milieu. Le projet a par la suite été abandonné.

Jean-François Gosselin.

Jean-François Gosselin croit qu'un tel projet est réalisable, mais dit vouloir le développer en partenariat avec le milieu.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Le chef de Québec Forte et Fière, Bruno Marchand, se dit sceptique depuis l’annonce du projet. Il doute de la pertinence de tels investissements dans des infrastructures. On pense que ça prend ce type d'installation, mais dans les quartiers, pas dans une seule place et pas à ce coût-là. Il pense que les citoyens seraient mieux servis si la Ville investissait dans les parcs et infrastructures sportives existantes.

Bruno Marchand à l'extérieur.

Le chef de Québec Forte et Fière doute de la pertinence du projet dans la formule présentée.

Photo : Radio-Canada

L'administration Labeaume n'a pour le moment pas répondu à nos demandes d'information sur le dossier.

Avec des informations d'Olivier Lemieux

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