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Maxime Bernier et le mouvement antivaccin pourraient brouiller les cartes

Des agrégateurs de sondages ont observé une légère montée du Parti populaire au cours de la dernière semaine.

Maxime Bernier, micro à la main.

Maxime Bernier ne voit pas de différence entre Justin Trudeau et Erin O'Toole.

Photo : Radio-Canada / François Joly

Le Parti populaire du Canada (PPC) de Maxime Bernier, propulsé par le mouvement antivaccin, pourrait nuire au Parti conservateur dans certaines circonscriptions urbaines, en particulier dans l’ouest du pays.

C’est dans l’une de ces circonscriptions, Edmonton Griesbach, que Maxime Bernier s’est rendu samedi dernier. L’ancien député de Beauce s’est avancé au podium sous les applaudissements de plusieurs centaines de partisans venus l’écouter.

Pendant plus de deux heures, il s’en est pris à Justin Trudeau, à Erin O’Toole, mais surtout aux restrictions sanitaires et au passeport vaccinal, qu’il associe à de la tyrannie.

Nos droits et nos libertés ont disparu, croit Craig Mostat, un ancien électeur conservateur qui appuie maintenant le Parti populaire. Les choses ne vont qu’empirer si on ne fait rien. Vous pouvez voter pour le PPC ou vous pouvez voter pour la tyrannie. Ce sont les seules options.

Craig Mostat, entouré de deux autres partisans du PPC.

Craig Mostat croit que les libertés individuelles ont disparu en raison des restrictions sanitaires et de la vaccination obligatoire par plusieurs gouvernements.

Photo : Radio-Canada / François Joly

Ce sont des électeurs comme lui qui pourraient venir jouer des tours aux conservateurs dans certaines circonscriptions urbaines de l’ouest, selon l’analyste en sondages Éric Grenier. Même si c’est trois ou quatre points [pour le Parti populaire], ça peut faire la différence parce qu’il y a des circonscriptions qui vont être décidées par quelques centaines de votes.

Selon lui, environ la moitié des électeurs du PPC sont d’anciens conservateurs. Les autres votaient auparavant pour d’autres partis, notamment de petits partis de droite.

D’autres ne votaient tout simplement pas aux précédentes élections. C’est le cas de Rodolfo Menjibar, lui aussi venu écouter Maxime Bernier à Edmonton.

Je pense que la dernière fois que j’ai voté, j’avais voté libéral, et c’était il y a 10 ou 12 ans, explique-t-il. Le PPC m’intéresse parce qu’il est contre le passeport vaccinal et l’obligation de porter un masque. Je suis contre l’idée d’imposer ce genre de choses aux gens.

Rodolfo Menjibar tenant un drapeau du Canada.

Rodolfo Menjibar, qui est âgé de 36 ans, dit ne pas avoir voté depuis au moins une dizaine d'année.

Photo : Radio-Canada / François Joly

L’agrégateur de sondages qu’Éric Grenier gère pour CBC accorde 6,5 % des intentions de votes au PPC, ce qui est plus que le Parti vert et le Bloc québécois. Ce n’est pas clair s’il y a une concentration suffisante des appuis au Parti populaire pour faire élire des candidats, dit cependant M. Grenier.

Il croit que Maxime Bernier, qui tente de reprendre son ancien fief de la Beauce, est le candidat de son parti qui a le plus de chances de siéger à la Chambre des communes.

Le PPC, refuge des antivaccins

Samedi, Maxime Bernier a pris le temps de répondre à plusieurs questions du public. L’une d’entre elles reprenait une théorie du complot selon laquelle 45 000 personnes seraient mortes aux États-Unis après avoir reçu le vaccin contre la COVID-19.

Oui, il faut qu’on sache la vérité sur comment ça affecte les gens, a-t-il répondu sans démentir l’affirmation.

Si vous écoutez les rassemblements [du PPC], il y est question d’équilibrer le budget, de l’immigration et des changements climatiques, mais l’enjeu qui les mobilise, c’est la COVID, affirme le professeur de science politique à l’Université de Calgary Duane Bratt. C’est là que ceux qui sont contre la vaccination, contre les masques et contre les restrictions sont allés.

Plusieurs affiches du Parti populaire étaient d’ailleurs visibles à une manifestation antipasseport vaccinal qui avait lieu dimanche à Calgary.

Maxime Bernier, micro à la main, devant des partisans recouverts de drapeau canadiens.

Maxime Bernier a comparé les mesures mises en place pour combattre la pandémie à de la tyrannie.

Photo : Radio-Canada / François Joly

Honnêtement, je ne peux pas comprendre, a répondu le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, lorsqu'il a été interrogé sur la remontée du PPC dans les intentions de vote. Ça ne ressemble pas aux valeurs du NPD de travailler ensemble et de bien collectif.

Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a quant à lui qualifié l’approche de Maxime Bernier d’irresponsable. Erin O’Toole a pour sa part répondu qu’il ne s’inquiétait pas de voir le PPC lui arracher des votes et a répété qu’il était le seul à pouvoir remplacer M. Trudeau à la tête du pays.

Maxime Bernier, pour sa part, se défend de faire la promotion de comportements dangereux en s’opposant à la vaccination obligatoire et aux mesures sanitaires.

J’ai encouragé mon père, qui a 87 ans et qui est diabétique, à se faire vacciner. Mon père est double vacciné, ma mère aussi.

Une citation de :Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada

Maxime Bernier lui-même n’est pas vacciné. J’ai regardé les statistiques. En tant qu’homme de 58 ans, mes chances de mourir de la COVID sont de 0,5 %. Selon les données colligées par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), 1,9 % des personnes décédées de la COVID avaient entre 50 et 59 ans.

Invité à réagir à l’augmentation rapide du nombre d’hospitalisations et à l'annulation de nombreuses opérations chirurgicales en Alberta en raison de la quatrième vague de COVID-19, Maxime Bernier a répondu qu’il libérerait des points d’impôt pour permettre aux provinces d’investir davantage en santé.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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