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Trudeau « s’accroche au pouvoir en divisant le pays », accuse O’Toole

« Justin Trudeau a commencé cette élection, mais vous pouvez y mettre fin », a lancé le chef conservateur aux Canadiens dans une longue diatribe contre son adversaire libéral.

Erin O'Toole tient la plateforme électorale du Parti conservateur dans sa main.

En point de presse à Ottawa, Erin O'Toole a exhorté les Canadiens à ne pas « récompenser » Justin Trudeau pour ses années au pouvoir. Le pays, dit-il, a « désespérément » besoin de changement.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

« Tout ce qu'il veut, c'est conserver son poste » : la « campagne positive » dont a fait vœu Erin O'Toole a pris un tout autre tournant lundi. Dans la dernière ligne droite avant le scrutin, le chef conservateur a longuement tenté de décourager les électeurs de voter pour Justin Trudeau, qui n'en a, selon lui, que pour « sa propre survie ».

Ce qui devait être une annonce sur les congés de maternité a bien vite été éclipsé par une salve d'attaques, parfois personnelles, contre le chef libéral. En tournée à Ottawa, le chef du Parti conservateur du Canada (PCC) a appelé les électeurs à ne pas récompenser Justin Trudeau pour ses six ans d'inaction et de promesses vides.

On peut dire qu'il parle pour ne rien dire, mais c'est pire que ça. Il est aveuglé par sa propre ambition. Cet homme n’est pas féministe, environnementaliste ou au service des Canadiens. Cet homme ne pense qu’à lui et à lui seul, a-t-il déclaré.

En témoigne, selon M. O'Toole, la volonté de Justin Trudeau de déclencher des élections en pleine quatrième vague de COVID-19 – un argument qu'aura répété le chef conservateur tout au long de sa campagne.

Justin Trudeau a commencé cette élection, mais vous pouvez y mettre fin, a-t-il lancé aux électeurs.

Des mots du chef du PCC, un vote pour le Parti libéral est un vote pour plus de corruption, de camouflage, de mensonges, d'arrogance et de dépenses et de dettes.

Le chef conservateur n'a pas manqué de mettre en relief ce qu'il considère comme un manque de leadership de la part du premier ministre sortant, pour mieux s'en distinguer.

Erin O'Toole a dit s'être lancé en politique pour une seule raison, soit servir [s]on pays. À l'opposé, a-t-il ajouté, le chef libéral se préoccupe uniquement de son propre pouvoir.

Quand M. Trudeau faisait la fête – et nous avons tous vu les photos – je participais à des opérations de recherche et de sauvetage pour l'armée.

Une citation de :Erin O'Toole, chef du Parti conservateur du Canada

M. O'Toole a ainsi fait référence aux images de Justin Trudeau arborant un blackface qui sont venues perturber la campagne du chef libéral en 2019, et pour lesquelles il a présenté ses excuses.

Si, malgré les désaccords, il éprouvait du respect pour Justin Trudeau en 2015, lors de la campagne qui l'a vu accéder au pouvoir, le chef conservateur a déchanté depuis, a-t-il raconté en substance. Où est ce Justin Trudeau? Où est cet homme? Que penserait le Justin des "voies ensoleillées" s'il rencontrait le premier ministre d'aujourd'hui? a-t-il demandé.

Le leader conservateur a néanmoins réitéré sa volonté de mener une campagne positive, leitmotiv dont il a usé tout au long de sa tournée électorale pour se démarquer, entre autres, de Justin Trudeau, qui alimente selon lui la peur et la division.

Questionné sur la virulence de ses attaques à sept jours du scrutin, M. O'Toole a répondu que la campagne électorale portait sur la transparence, qui fait selon lui grandement défaut au chef libéral.

Au 30e jour de la campagne, le chef du PCC n'avait toutefois pas su offrir une réponse claire sur nombre d'enjeux débattus depuis le déclenchement des élections, comme la façon dont il parviendrait à rééquilibrer le budget fédéral en 10 ans ou ce qu'il adviendrait de l'interdiction des armes d'assaut sous un gouvernement conservateur.

Il se préoccupe de moi; je reste préoccupé par les Canadiens, réplique Trudeau

En point de presse à Vancouver, Justin Trudeau a déploré qu'Erin O'Toole reprenne l'habitude de lui lancer des attaques très personnelles, comme il le faisait déjà aux Communes.

Le chef libéral a assuré qu'il ne se laisserait pas distraire de la campagne électorale. Quand lui se préoccupe de moi, moi je reste préoccupé par les Canadiens, leur avenir, a-t-il dit.

Je vais laisser ses représentants du mouvement des antivaccins, du lobby des armes à feu et des anti-choix [contre l'avortement] continuer de m'attaquer.

Une citation de :Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

Relancé sur les preuves qu'il détenait pour avancer que le Parti conservateur entretenait des liens avec des membres du mouvement antivaccin, le chef libéral a jugé que la participation de bénévoles du PCC lors d'une manifestation en marge d'un événement de son parti en faisait foi. M. O'Toole a assuré que ceux-ci ne faisaient plus partie de son équipe.

Le chef libéral a en outre accusé le chef du PCC de ne pas dire la vérité aux Canadiens sur l'entente qu'il aurait conclue, selon les libéraux, avec le lobby des armes à feu – une accusation réfutée par M. O'Toole.

Ce n'est pas une attaque personnelle, a précisé M. Trudeau, mais plutôt une attaque sur ses choix en tant que leader.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, voit dans le changement de ton de M. O'Toole le signe que le Parti conservateur se trouve dans l'embarras. Au moment où [les sondages] sont moins joyeux pour les conservateurs, on repasse à la pub, aux attaques négatives et plus personnelles, a-t-il fait remarquer.

M. Blanchet a conseillé à M. O'Toole d'éviter un ton personnel, éviter de s'en prendre [...] à l'enfance. Ça doit conditionner ce que quelqu'un devient, mais c'est toujours ben pas de sa faute, a-t-il dit en parlant de M. Trudeau.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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