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Un accès limité aux tests rapides dans le réseau scolaire du Québec

Pour l'instant, la santé publique ne préconise leur utilisation que dans une poignée de quartiers chauds, explique le ministre Jean-François Roberge. Ailleurs, le recours aux tests PCR dans les cliniques habituelles reste privilégié.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge avec des élèves dans une cour d’école.

Le ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge, lors de la rentrée scolaire à l'école primaire Saint-Bernardin dans le quartier Saint-Michel, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Québec attend le feu vert de la santé publique avant d'élargir l’accès aux tests rapides de dépistage de la COVID-19 à davantage d'écoles primaires de la province, affirme le ministère de l'Éducation.

Depuis ce matin, de tels tests peuvent être utilisés dans certaines circonstances, mais seulement dans des écoles primaires des quartiers de Montréal-Nord, Saint-Michel et Parc-Extension, à Montréal, et de Chomedey, à Laval.

La Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE) et l’opposition officielle souhaitent plutôt que l’accès à ces tests soit élargi à toutes les écoles le plus rapidement possible.

Mais selon le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge, la Direction générale de la santé publique du Québec préfère que les tests rapides soient utilisés uniquement dans les écoles de quartiers chauds ciblés, à titre de mesure complémentaire.

Si les tests rapides sont utilisés à partir d’aujourd’hui dans ces quatre endroits spécifiques, c’est parce que ce sont des recommandations de la direction nationale de la santé publique, a-t-il expliqué en conférence de presse à Saint-Mathias-sur-Richelieu.

Du côté de la santé publique, ils ont une préférence pour les fameux tests qu’on appelle PCR, qui sont très fiables et qu’on est capables de passer au Québec de manière rapide avec des résultats en moins de 24 heures. Donc, ce sont les tests qui sont privilégiés.

La santé publique nous recommande d’utiliser en complément aux tests PCR les fameux tests rapides dans quatre quartiers, qui sont vraiment les quatre quartiers les plus chauds, mais vraiment en complément aux tests réguliers.

Une citation de :Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Le directeur de la stratégie au cabinet du ministre Roberge a plus tard précisé à Radio-Canada que Québec souhaite bel et bien que davantage d'écoles soient autorisées à recourir à ces tests, mais que la santé publique n'est pas de cet avis pour le moment.

Le souhait, c'est de les déployer dans les régions où il y a des mesures d'appoint le plus rapidement possible, a indiqué Jean-François Del Torchio.

Ces régions sont celles où le port du masque est actuellement obligatoire en tout temps pour les élèves, soit le Centre-du-Québec, l'Estrie, Lanaudière, les Laurentides, Laval, la Mauricie, la Montérégie, Montréal et l'Outaouais, ainsi que celles des MRC des Appalaches, de Beauce-Sartigan et des Etchemins.

Cela ne s'appliquerait qu'aux écoles primaires, selon M. Del Torchio, puisque les enfants de moins de 12 ans qui les fréquentent ne peuvent pas être vaccinés.

Des appels à en faire plus

En entrevue à ICI RDI quelques minutes plus tôt, le président de la FQDE, Nicolas Prévost, a dit être très heureux du déploiement de ces tests dans des dizaines d’écoles de la grande région montréalaise.

Mais on se questionne quand même sur le déploiement à venir dans les autres régions. On le sait, les cas de COVID sont en augmentation partout, particulièrement au primaire, avec notre clientèle qui est non vaccinée, a-t-il aussitôt ajouté.

Alors on se demande pourquoi il n’y a pas déjà de déploiement de ces tests [...] à travers le Québec, a ajouté M. Prévost. On nous a dit qu’on devait faire quelques tests dans les quatre quartiers mentionnés avant déploiement un peu plus large.

Selon lui, cette mesure de prévention pourrait éviter beaucoup de retraits d’élèves dans des écoles du Québec.

Nous, on a quand même demandé à devancer ça, à déjà commencer à former des gens. […] On dit : "Pourquoi ne pas déjà commencer à former ces gens pour éviter un délai qui serait trop long?" Surtout que les cas augmentent beaucoup présentement.

Une citation de :Nicolas Prévost, président de la FQDE

On partage également cet avis, a déclaré à ICI RDI quelques minutes plus tard la cheffe libérale Dominique Anglade, en expliquant que son parti y voit une bonne façon d’éviter des éclosions. C’est pour essayer d’arriver en amont de la vague, a-t-elle plaidé.

Selon Québec, 77 éclosions sont actives dans des milieux scolaires à l'heure actuelle et 52 d'entre elles sont rapportées dans des établissements préscolaires ou primaires.

Au total, 620 écoles primaires et secondaires ont rapporté au moins un cas depuis le début de l'année. En date de vendredi, le gouvernement dénombrait 870 cas actifs chez des élèves, et 103 autres parmi les membres du personnel.

Une mise en œuvre problématique

Mais déjà, dans le nombre limité d'écoles concernées, le déploiement des tests rapides ne se passe pas comme prévu, selon Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES).

C’est pas vrai qu'on est prêts à débuter aujourd’hui, en tous cas pas dans tous les établissements, a-t-elle dénoncé.

Certaines écoles n'ont pas encore reçu le matériel nécessaire, et d'autres ne l'ont reçu que vendredi, a expliqué Mme Legault en entrevue téléphonique. La vidéo qui doit servir de formation au personnel volontaire n'est pas très conviviale et n'a été reçue que vendredi par les établissements, de sorte qu'ils n'ont pas eu le temps de former ces volontaires.

Les documents reçus contiennent de l'information contradictoire, toujours selon Mme Legault. Les formulaires destinés aux parents ne sont pas disponibles dans d'autres langues que le français et l'anglais, ce qui peut empêcher d'obtenir leur consentement éclairé dans des quartiers à fortes proportions de nouveaux arrivants.

À cela s'ajoute l'épineuse question de la main-d'œuvre. On est en pénurie de personnel, a souligné Kathleen Legault, tout le monde travaille fort.

Chaque chose qu'on nous demande de faire de plus, quand on a tout juste ou parfois même pas le personnel requis, c'est quand même difficile.

Une citation de :Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire

D'autant plus que le gouvernement n'a offert aucune forme de compensation financière pour les volontaires appelés à procéder aux tests, a-t-elle noté.

L'AMDES est néanmoins favorable au déploiement des tests rapides, une mesure qui pourrait permettre d'éviter de renvoyer inutilement des élèves chez eux, d'après Mme Legault.

On veut bien contribuer et faire notre part dans la lutte contre la pandémie, a-t-elle dit, mais on n'est pas prêts.

Des tests pour les élèves symptomatiques

L’utilisation des tests rapides dans les écoles des quartiers visés ne concernera que les élèves qui présentent des symptômes compatibles avec la COVID-19, comme de la fièvre, de la fatigue ou des problèmes respiratoires. Les élèves asymptomatiques ne sont pas testés.

Qui plus est, seuls les enfants dont les parents ont donné leur autorisation au conseil scolaire pourront être dépistés de la sorte s’ils présentent des symptômes au cours de la journée.

Le cas échéant, le test sera effectué par du personnel scolaire dûment formé, à l’aide d’un coton-tige qui est inséré peu profondément dans une narine de l’élève. Selon Québec, le résultat sera disponible en 15 minutes.

Si le test est positif, on isole immédiatement l’élève, on communique avec la maison et, par la suite, l’élève doit aller passer le test PCR plus approfondi, a résumé Nicolas Prévost. Si la réponse [au test PCR] est toujours positive, l’élève est isolé pendant une période de 10 jours.

Pour le reste de la classe, il y a une enquête qui [sera] faite par la direction de la santé publique et par la direction de l’établissement, qui chercheront à déterminer qui devrait aussi être testé, en fonction de la nature des contacts qu’ils ont eus avec l’élève infecté.

Par la suite, il y a des décisions qui seront prises – peut-être d’isoler d’autres élèves ou de passer encore là du dépistage rapide dans nos écoles –, mais c’est la santé publique qui va décider de la suite des choses, a précisé M. Prévost.

Les frères et sœurs des élèves infectés seront aussi retirés des classes en attendant de subir eux-mêmes un test PCR. Si leur test s'avère négatif, ils pourront retourner en classe.

Nous, ce qu’on veut vraiment le plus éviter, c’est la fermeture des classes. Pour nos élèves, c’est important au niveau des apprentissages et de leur santé. Cette façon de faire, si ça peut éviter des fermetures de classe, c’est une bonne nouvelle.

Une citation de :Nicolas Prévost, président de la FQDE

La collaboration des parents demandée

Le ministre Roberge et M. Prévost ont tous deux rappelé que les parents sont tout de même priés de garder leur enfant à la maison et de leur faire passer un test PCR s’ils constatent eux-mêmes que des symptômes ont fait leur apparition.

Ce n’est pas une bonne idée d’envoyer l’enfant à l’école, même dans ces quatre quartiers, en disant : "L’école fera les tests." C’est complémentaire, a dit M. Roberge.

Le plan A, ça reste de garder des personnes symptomatiques à la maison et de les faire tester selon les tests PCR, les tests réguliers

Une citation de :Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

L’école ne doit pas devenir le premier lieu de dépistage, a aussi déclaré le président de la FQDE.

Selon M. Prévost, les conseils scolaires des quartiers chauds n’ont pas eu de difficulté à recruter des membres de leur personnel pour faire passer ces tests.

Ça a très bien répondu à l’appel. Il y a des gens qui se sont portés volontaires pour administrer les tests, et avec la formation, ils se sentent quand même assez à l’aise pour les [faire] passer, a-t-il dit.

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