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L’infatigable communiste Naomi Rankin fait campagne en Alberta pour une 23e fois

Naomi Rankin sourit, les cheveux au vent.

Naomi Rankin, une informaticienne à la retraite, se présente pour le Parti communiste du Canada à chaque élection fédérale, et le Parti communiste de l'Alberta à chaque élection provinciale, depuis 40 ans.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Tardif

Chef du parti communiste de l’Alberta et candidate pour son homonyme fédéral, Naomi Rankin s'est présentée à toutes les élections provinciales et fédérales depuis 40 ans en Alberta. Même si son parti a de faibles chances de percer, ses convictions ne faiblissent pas.

Presque tous les jours depuis quelques semaines, la candidate communiste d’Edmonton-Mill Woods parcourt les rues de sa circonscription, tracts à la main.

Jeudi, dans le stationnement du centre commercial Mill Woods Town Centre, les refus sont plus fréquents que les conversations, mais Naomi Rankin ne s’en formalise pas. Elle a l’habitude.

La première fois [que j’ai fait ça], je devais avoir 15 ans. On distribuait des dépliants devant le Safeway pour dire aux gens de ne pas acheter de raisins, se remémore-t-elle.

C’était pour appuyer la grève et le boycottage des raisins de Delano en Californie, dans les années 1960 et 1970. Des travailleurs agricoles, menés par César Chávez, sont finalement sortis victorieux de cette lutte après un débrayage de cinq ans.

Naomi Rankin, plus jeune, dehors.

Dans un reportage de CBC de 1993, Naomi Rankin défend l'importance d'investir dans les services publics.

Photo : CBC

À cette époque, plusieurs membres de la famille de Naomi Rankin étaient impliqués dans la politique progressiste.

En ce temps-là, à Edmonton, c’était une gauche très petite. Tout le monde se connaissait, de tous les partis. Même le Nouveau Parti démocratique était très petit, se souvient-elle.

Elle dit avoir longtemps résisté à l’idée de rejoindre le Parti communiste, avant de finalement se porter candidate aux élections provinciales de 1982. Elle est devenue la chef du Parti communiste de l’Alberta dix ans plus tard.

Une passion qui ne fléchit pas

Quand j’ai joint le Parti, j’étais dans la vingtaine. Comme beaucoup de gens, je me disais "Ok, je suis là, la révolution peut maintenant commencer!"

Naomi Rankin se souvient de sa naïveté avec un brin d’autodérision, mais sans une once de cynisme. Son ton léger devient d’ailleurs plus convaincu lorsqu’elle se met à parler de la vision du Parti communiste.

La plateforme du Parti propose par exemple de rendre les réseaux de santé et de garderies entièrement publics, de nationaliser certains secteurs clés de l’économie, comme les banques, et d’augmenter le salaire minimum à 23 $ l'heure.

Il a fallu beaucoup de temps pour abolir l’esclavage. Juste parce que quelque chose prend du temps à accomplir, ça ne signifie pas que ça ne vaut pas la peine de le faire.

Une citation de :Naomi Rankin, candidate du Parti communiste du Canada dans Edmonton-Mill Woods

En 40 ans, Naomi Rankin n’a jamais manqué une élection provinciale ou fédérale. Elle a notamment été candidate dans Edmonton-Strathcona et Edmonton-Saint-Albert avant de se présenter à Edmonton-Mill Woods.

Habituellement, elle récolte entre 90 et 160 voix, soit moins de 1 % du vote.

Si les gens croient que le monde est voué au capitalisme [...] ce n’est pas étonnant qu’ils soient cyniques et démoralisés, croit-elle. Mais si vous vous arrêtez et que vous vous apercevez que nous ne sommes pas obligés de faire les choses ainsi, un autre monde est possible. [...] Alors non, je ne suis pas cynique et je ne suis pas démoralisée.

Naomi Rankin tient des tracts qui disent « Votez communiste » en anglais.

Même si les refus sont nombreux, Naomi Rankin réussit parfois à engager les passants dans une conversation en leur tendant un tract du Parti communiste.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Tardif

Le Parti communiste du Canada, qui fête ses cent ans cette année, a connu ses meilleurs résultats dans les années 1930 et 1940. Un député a même été élu à Ottawa, et quelques-uns ont été élus aux assemblées législatives du Manitoba et de l’Ontario sous leurs bannières provinciales.

Désormais, le Parti se bat avec le Parti marxiste-léniniste pour l’électorat communiste. Aux élections fédérales de 2019, le Parti communiste du Canada a récolté 3905 votes.

Naomi Rankin dit cependant voir des progrès ailleurs.

Par le passé, beaucoup de gens étaient sous l’emprise de la forte propagande anticommuniste, et répondaient avec horreur et dégoût à la seule mention du terme, raconte-t-elle.

Ces gens sont beaucoup moins nombreux maintenant. Il y a beaucoup plus de gens, surtout des jeunes, qui aiment nos idées et dont le visage s’illumine quand je les approche et je leur parle de la plateforme communiste.

Elle remarque que de plus en plus de jeunes se montrent également intéressés à devenir membre du Parti depuis quelques années.

Naomi Rankin dit d’ailleurs avoir bien hâte de se faire tasser par cette relève plus jeune, plus enthousiaste et plus compétente.

Mais tant que cela n’arrive pas, je vais [faire campagne], encore une fois, assure-t-elle.

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