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La pénurie de personnel frappe aussi le réseau de l’éducation québécois

Une salle de classe avec des enfants de dos.

La pénurie de personnel frappe aussi les écoles du Québec, qui emploient des enseignants non légalement qualifiés pour pallier le manque de ressources.

Photo : Radio-Canada / CBC

Radio-Canada

La pénurie de main-d'œuvre frappe de nombreux secteurs au Québec, et le milieu de l’éducation n’y échappe pas. Plus d’une semaine après la rentrée des classes, plusieurs postes d’enseignants au primaire et au secondaire sont toujours à combler, et ce, partout en province.

Naturellement, le travail se fait, mais ce sont des personnes qui ne sont pas légalement qualifiées pour ce type d’emploi, mentionne la directrice des ressources humaines pour le Centre de services scolaire des Haut-Bois, Nadine Carpentier.

En effet, le gouvernement permet aux centres de services scolaires d'opter pour ce soutien supplémentaire d’enseignants non qualifiés, en leur délivrant des tolérances d'engagement valides pendant une année.

Selon le ministère de l’Éducation, 247 postes d’enseignants à temps plein sont toujours à pourvoir au Québec, et ce nombre exclut les centaines de postes à temps partiel qui n’ont pas encore pu être pourvus.

Au Centre de services scolaire des Navigateurs, il manque encore 24 enseignants, même après avoir organisé une foire de l’emploi cette semaine. Le recrutement devient ainsi de plus en plus difficile.

On doit vivre avec cette nouvelle réalité depuis les trois dernières années, affirme la coordonnatrice des ressources humaines du Centre de services scolaire des Navigateurs, Annie Bourgeois. Elle ajoute qu'avec la COVID, ça s’est accéléré pour certains départs à la retraite qui auraient peut-être été [prises] dans quelques années.

La situation n’est pas différente ailleurs au Québec. Il reste 189 postes d’enseignants à combler dans Lanaudière, une centaine à Montréal, et près de 40 pour le Centre de services scolaire des Hauts-Bois en Outaouais.

La rentrée perturbée par la pénurie d'enseignants

Des chiffres en augmentation

En janvier 2021, plus de 2200 enseignants non légalement qualifiés enseignaient dans les classes de la province. Ce nombre n'a cessé d'augmenter d'année en année, faisant plus que doubler en cinq ans, selon les données du ministère de l'Éducation.

Pourquoi? Les centres de services scolaires notent des départs à la retraite ou des démissions difficiles à remplacer. De plus, la pandémie a apporté son lot de défis.

À la toute dernière minute, on pouvait avoir des enseignants qui étaient appelés à aller chercher leurs enfants parce qu'il avait été en contact avec un cas ou parce qu'eux-mêmes étaient en contact avec un cas, dit la directrice de l’École Préville, Karine Labelle.

Donc à la toute dernière minute, cela a été un facteur particulier l'an dernier de devoir réagir promptement à ces absences-là.

De futurs enseignants qui ont, par exemple, une formation en génie mécanique et électrique, et qui offrent leurs services dans une foire de l’emploi pour donner des cours de mathématiques et de physique.

Non légalement qualifié, écoutez, oui, c'est un défi pour moi, mais je sais qu'il y a des besoins et si je peux aider, bien tant mieux, confie Valentine Pernod, candidate pour un poste d’enseignante.

Réactions mitigées

La majorité des parents demeurent inquiets quand il est porté à leur attention que l'enseignant de leur enfant est non légalement qualifié, souligne le Regroupement des comités de parents autonomes du Québec dans un communiqué.

De son côté, la Fédération des syndicats de l’enseignement demande au gouvernement du Québec d’en faire plus pour valoriser la profession enseignante.

Il faut trouver le moyen de garder nos jeunes qui arrivent, de convaincre d'autres jeunes d’aller étudier en éducation et de les conserver au moins jusqu’à leurs 35 ans, souligne la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement Josée Scalabrini. Nos enseignants en éducation quittent [présentement] avant le temps, poursuit-elle.

Réagissant par écrit, le bureau du ministre de l'Éducation Jean-François Roberge dit être conscient de la pénurie de personnel enseignant, avant d'ajouter que l'on travaille à des solutions à court terme pour régler le problème.

Avec les informations de Jérôme Bergeron

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