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Une rentrée scolaire particulière dans les Premières Nations du nord du Manitoba

Un homme debout devant un tableau blanc lit un livre devant des élèves.

Un aide pédagogique fait la lecture aux élèves de la Première Nation de Shamattawa dans cette photo d'archives. Les élèves ont retrouvé leur école après 10 mois d'absence en raison de la pandémie.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Dans trois communautés autochtones du nord du Manitoba, les élèves ont repris le chemin de l’école la semaine dernière. Comment se passe la rentrée?

Le chef et le conseil de bande de la Première Nation de Shamattawa, située à 745 km au nord-ouest de Winnipeg, ont pris la difficile décision de fermer leur unique école en novembre dernier, quand une éclosion de COVID-19 a dévasté cette communauté isolée.

Ils espéraient alors que l’annulation des cours pour les quelque 500 élèves de l’école Kisemattawa Kiskinwahamakew Kamik serait une mesure temporaire.

Mais au fur et à mesure que le nombre de cas augmentait, ils se sont rendu compte que les enfants étaient plus en sécurité à la maison.

La semaine dernière, les élèves sont enfin retournés à l’école, pour la première fois en 10 mois.

Je sais que les enfants sont vraiment contents, déclare le chef Eric Redhead. Je pense qu’ils sentent le retour d’une certaine normalité dans la communauté et dans leur vie.

Le chef précise que le dernier cas de COVID-19 confirmé dans la Première Nation date de deux mois. Shamattawa, une communauté accessible uniquement par la voie des airs, est aux prises avec de nombreux problèmes sociaux : les logements sont surpeuplés, le service d’eau n'arrive pas à desservir toute la communauté, le service Internet est inadéquat.

Ainsi, l’apprentissage à distance était impossible pendant la pandémie, selon le chef Redhead, parce que la connectivité n’est pas fiable et que les familles n’ont souvent pas d’ordinateur ou de tablette électronique.

La dernière fois que les élèves étaient en classe, cette communauté de 1100 habitants devait gérer plus de 300 cas de COVID-19, forçant la conversion de l’école en un centre d’isolement.

Selon le chef Redhead, le ministère de l’Éducation a décidé de ne pas permettre aux élèves de passer leur année scolaire, parce qu’ils n’ont pas été suffisamment à l’école l’an dernier.

Eric Redhead croit que cette décision était la bonne et que dans la majorité des cas, les parents l’ont bien reçue.

Pour la rentrée, l’école a mis en place des mesures sanitaires : les masques sont obligatoires à l’intérieur, la distanciation physique doit être respectée, la température est prise et les lieux sont désinfectés aussi souvent que possible. Mais la communauté devra se résoudre à fermer l’école à nouveau dans le cas d’une éclosion de cas, prévient le chef Redhead.

Eric Redhead s’inquiète à plus long terme de l’effet de la pandémie sur les résultats scolaires des élèves de sa communauté. Il espère qu’une fois l'élection du 20 septembre passée, le gouvernement fédéral s'occupera en priorité du manque d’accès à Internet dans les régions rurales et nordiques.

Dans d'autres Premières Nations du nord de la province, les élèves ont dû manquer des cours pendant la pandémie. L’armée a été appelée en renfort et trois écoles ont dû fermer leurs portes.

Selon Greg Halcrow, directeur de l’éducation de la Première Nation Pimicikamak, située à 770 km au nord de Winnipeg, les enseignants ont tenté, l’an dernier, de faire parvenir aux élèves des travaux à effectuer à la maison, mais c'était difficile avec le manque d’Internet et d’enseignement en classe.

Vue aérienne d'une communauté située sur un lac.

Dans la Première Nation Pimicikamak, les élèves devront faire deux années scolaires en une en 2021-2022.

Photo : HTFC Planning and Design

Le ministère de l’Éducation a proposé un plan en deux temps pour l’année scolaire 2021-2022.

Pendant la première partie de l’année, les élèves de Pimicikamak reverront la matière qu’ils devaient apprendre en 2020-2021. Par la suite, on leur enseignera le programme associé à l’année dans laquelle ils seraient inscrits normalement en 2021-2022.

Ce sera un défi d’absorber la matière de deux années en une, selon Greg Halcrow, mais c’est quelque chose que nous pouvons réussir et nous pouvons amener les élèves là où ils seraient en temps normal, dit-il.

Cela signifie que 55 jeunes qui auraient normalement obtenu leur diplôme d’études secondaires devront recommencer leur 12e année jusqu’en janvier, dit-il.

Les diplômés seront ensuite dans une période de transition avant de poursuivre leurs études postsecondaires l’automne prochain.

Vue de la façade extérieure du bâtiment de l'école secondaire de la Première Nation de Garden Hill, au Manitoba, sur laquelle on peut lire Garden Hill First Nation High.

Plus de 1200 enfants et adolescents sont scolarisés dans l'une des deux écoles de Garden Hill. En mai dernier, la Première Nation a annoncé que tous, de la 1ère à la 12e année, devront reprendre leur année.

Photo : Radio-Canada / Jillian Taylor

La Première Nation de Garden Hill, située à 600 km au nord-est de Winnipeg, a indiqué en mai que les élèves ne pourraient pas passer à la prochaine année scolaire en raison de la pandémie.

Ernie McDougall, récemment nommé responsable de l’éducation dans cette communauté, n’a pas pu confirmer si c’était toujours le cas. Il indique que la communauté est toujours en discussion avec le ministère de l’Éducation à ce sujet.

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