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8 % des sans-abri qui vivaient dans des parcs ont désormais un logement

Le portrait de deux personnes

Alykhan Pabani (à gauche) et Gru.

Photo : Radio-Canada / Samantha Beattie/CBC News

Radio-Canada

De tous les sans-abri qui vivaient dans des parcs avant d’être expulsés par la police, seulement 8 % ont depuis trouvé un logement permanent.

C’est ce que dévoilent des données publiées par la Ville de Toronto.

Des sans-abri ont créé des campements dans des parcs de Toronto au début de la pandémie. La Ville tente de les expulser de ces parcs depuis avril 2020. Or, les policiers et les employés de la Ville ont récemment commencé à utiliser la force pour arriver à leurs fins.

La grande majorité de ces sans-abri continuent d'être ballottés dans le système, selon Doug Johnson Hatlem, pasteur de rue de l’organisation Sanctuary Toronto.

Selon lui, plusieurs de ces sans-abri finissent par retourner planter leur tente dans les parcs, car ils s’y sentiraient plus à l'aise et en sécurité que dans les refuges surpeuplés de la Ville.

Les données sur les refuges de la Ville indiquent qu'elle dispose de 6514 places temporaires pour plus de 8300 personnes en situation d'itinérance.

Et avec la surpopulation viennent des choses comme la violence et les punaises de lit et une véritable atmosphère autoritaire en termes de règles et de règlements pour beaucoup de ces endroits, a déclaré M. Johnson Hatlem.

CBC News s'est rendu au parc Dufferin Grove la semaine dernière, où vivent environ 25 personnes dans un campement, et a parlé à deux bénévoles de proximité, Alykhan Pabani et Gru. Tous deux travaillent pour l'Encampment Support Network et tiraient un chariot rempli de glace, d'eau, de chaussettes, de café et d'autres fournitures, s'arrêtant devant chaque tente pour proposer leur aide.

Selon M. Pabani, le personnel de la Ville n'a pas encore émis d'avis d'expulsion. Des employés municipaux passent régulièrement au parc pour proposer des places dans des hôtels qui ont été loués par la Municipalité afin d’y loger les gens qui habitent dans les parcs.

M. Pabani affirme que ceux-ci n’offrent pas de logement permanent.

La priorité est de retirer les tentes des parcs, pas de loger les gens, selon M. Pabani. Si c'était le cas, alors nous le verrions dans la façon dont ils dépensent leur argent et investissent leurs ressources.

Entre avril 2020 et le 1er septembre de cette année, 1858 résidents des campements ont été orientés vers le système d'hébergement et 88 % ont accepté des places, indique la Ville. Près de 730 d'entre eux continuent de vivre dans des refuges ou des hôtels loués par la Ville.

Seuls 154 des anciens résidents du campement orientés vers le système de refuges, soit 8 %, ont maintenant un logement permanent, selon la ville.

La Municipalité affirme que, le 5 septembre, il y avait près de 200 tentes plantées dans les parcs. Il y en avait environ 400 en décembre dernier.

Habiter dans un parc, illégal

La Ville maintient que vivre dans les parcs n'est pas sécuritaire et est illégal. Selon le porte-parole Anthony Toderian, le personnel fournit aux sans-abri une option sûre [pour habiter à] l’intérieur. C’est ce qu’il a déclaré à CBC News dans un courriel.

Il a souligné que les travailleurs de proximité ont rencontré des personnes vivant à l'extérieur plus de 20 000 fois tout au long de la pandémie.

Gru, lui, a vécu dans le campement du parc Trinity Bellwoods jusqu'en mars. Il a ensuite accepté l'offre de la Ville et a eu accès à une chambre au Novotel, sur The Esplanade, au centre-ville. Il y vit toujours six mois plus tard.

La façade d'un hôtel

L'hôtel Novotel du centre-ville de Toronto a été loué par la Ville de Toronto afin d'y loger des sans-abri.

Photo : Radio-Canada / Sam Nar/CBC News

Gru affirme qu’il a été associé à un travailleur social. Celui-ci l’a aidé à mettre à jour ses impôts et ses cartes d’identité en plus de l’aider à trouver un logement permanent. Malheureusement, le logement qu’il a tenté de louer a été loué à une autre personne.

Pour les personnes qui vivent dans la pauvreté, sans logement ou mal logées, la vie est difficile, selon lui.

Une approche plus compatissante

Le conseiller municipal Mike Layton, qui représente le quartier 11, University-Rosedale, aimerait que la Ville ait une approche plus compatissante avec les sans-abri.

[Il y a des problèmes avec] notre système des refuges si les gens se sentent plus en sécurité à l'extérieur qu'à l'intérieur, a déclaré M. Layton.

M. Layton demande également un financement des gouvernements provincial et fédéral pour construire davantage de logements abordables et supervisés.

Le bureau du maire John Tory a déclaré qu'il continuait à travailler avec les gouvernements provincial et fédéral pour s'assurer qu'ils respectent leurs engagements en matière de logement, de soutien et de traitement des dépendances.

De plus, des centaines de logements avec services de soutien ont été construites cette année seulement, a déclaré M. Tory lors d'une conférence de presse cette semaine.

Avec les informations de CBC News

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