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Crise des opioïdes : des solutions du terrain pour les partis fédéraux

Des comprimés d'Oxycodone de 5 mg.

Selon Sean MacNutt, la crise des opioïdes est directement liée à la pauvreté. (Archives)

Photo : The Associated Press / Keith Srakocic

Anne-Marie Trickey

Des spécialistes de la crise des opioïdes constatent que celle-ci n'est pas un enjeu d'importance dans la campagne électorale. Or, ces experts affirment que plusieurs solutions sont à portée de main pour quiconque a la volonté politique de les appliquer.

Les mesures qui s'attaquent à la pauvreté représentent un bon premier pas dans la réduction de la crise des opioïdes, selon Sean MacNutt, travailleur communautaire à Toronto et membre de l’organisation Toronto Harm Reduction Alliance.

De son côté, Dre Gillian Kolla, chercheuse au Canadian Institute for Substance Use Research (Institut canadien de recherche sur l'usage de substances, traduction libre) de l'Université de Victoria, affirme que les personnes aux prises avec des dépendances doivent avoir accès à plus de programmes communautaires.

Les deux experts s'entendent pour dire que la décriminalisation des drogues représente également une piste de solution. Cependant, seuls deux des cinq principaux partis fédéraux ont inclus la décriminalisation dans leur plateforme électorale respective.

La pauvreté, un facteur

Selon M. MacNutt, la pauvreté et la crise des opioïdes sont intimement liées. Nous devons résoudre l’enjeu de pauvreté au Canada, puisque c’est à la base de la crise des opioïdes, dit-il.

Sean MacNutt dans un parc.

Sean MacNutt est travailleur communautaire à Toronto et un membre de l'organisation Toronto Harm Reducation Alliance.

Photo : Radio-Canada

Selon lui, les partis fédéraux doivent réellement répondre aux enjeux de pauvreté, surtout en ce qui concerne la crise du logement. À Toronto, par exemple, si nous étions capables de loger tous les sans-abri qui vivent avec des dépendances, nous serions en mesure de grandement réduire la misère dans leurs vies.

Tout dans la vie est plus difficile lorsqu'on n’a pas de logement.

Une citation de :Sean MacNutt, Toronto Harm Reduction Alliance

Plus d'options

De son côté, la Dre Kolla affirme que les consommateurs d'opioïdes doivent avoir plus de choix afin de traiter leurs dépendances. Il faut élargir les options pour les personnes qui ont des problèmes de dépendance aux drogues.

Elle croit qu'il faut faciliter l'accès aux programmes de soutien psychosocial et des programmes de réduction des méfaits, comme des sites de consommation supervisée.

Selon elle, les programmes d’approvisionnement sécuritaire d’opioïdes, qui permettent aux consommateurs de drogues d’avoir des ordonnances pour des drogues pharmaceutiques, s'ajoutent aux investissements nécessaires.

Gillian Kolla qui sourit.

La Dre Gillian Kolla est chercheuse au Canadian Institute for Substance Use Research (Institut canadien de recherche sur l'usage de substances, traduction libre) de l'Université de Victoria.

Photo : Radio-Canada

Les programmes d'ordonnance pour les opiacés permettent de connaître les doses des drogues et sont donc plus sécuritaires, dit-elle.

Décriminaliser

Les deux intervenants s'entendent sur ce point : la consommation de drogues doivent être décriminalisées.

Les partis fédéraux devraient considérer la décriminalisation des drogues au Canada et bâtir un système qui encadre ces substances, selon M. MacNutt.

Nous devons décriminaliser la possession de drogues illicites. C’est une mesure qui pourra ensuite diminuer la stigmatisation de la consommation de drogues dans la population générale, ajoute la Dre Kolla.

Un choix politique

La Dre Kolla souligne d'ailleurs que la pandémie a prouvé que les gouvernements peuvent se mobiliser rapidement pour une crise de santé publique.

On a vu que c’est possible pour les gouvernements d’agir et d’investir rapidement pour aborder un problème de santé publique, explique-t-elle.

Les gens qui travaillent auprès des personnes qui utilisent des drogues ont l'impression que les niveaux du gouvernement ne prennent pas au sérieux la crise des opioïdes et des surdoses.

Une citation de :Dre Gillian Kolla, Université de Victoria

La consommation de drogues est encore vue comme un problème moral et les méthodes d'intervention reflètent vraiment cette perception. Ce sont des réponses encore axées sur l’intervention policière et le système de justice criminelle, souligne la Dre Kolla.

La réponse des partis fédéraux

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti vert ont inclus la décriminalisation des drogues et des investissements pour des programmes d’approvisionnement sécuritaire dans leurs plateformes électorales.

Le Parti libéral, pour sa part, n’inclut pas ces initiatives. Le premier ministre sortant Justin Trudeau suggère que son gouvernement travaillerait avec les communautés qui veulent explorer de telles options.

La plateforme du parti cite également un investissement de plus de 600 millions de dollars depuis 2015 pour répondre à la crise des opioïdes.

Le Parti conservateur privilégie une approche axée sur le traitement des dépendances, avec un investissement de 325 millions de dollars sur 3 ans pour créer 1000 places de traitement résidentiel et construire 50 centres communautaires.

Avec des informations de La Presse canadienne

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