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L’absence de l’enjeu de l’islamophobie dans la campagne suscite la frustration à Edmonton

Noor Al-Henedy.

Noor Al-Henedy, la directrice des communications de la mosquée Rachid à Edmonton, explique qu'elle préfère se promener sans son hijab dans la rue par peur de se faire attaquer.

Photo : Radio-Canada

Lounan Charpentier

Une représentante de la communauté musulmane d'Edmonton trouve « frustrant » que la lutte contre l'islamophobie ne prenne pas plus de place dans la campagne électorale fédérale, alors que la capitale albertaine a été secouée par une vague d’agressions racistes contre des musulmanes.

Plus tôt cette semaine, des représentants à travers le pays ont pointé que la violence islamophobe n'est toujours pas apparue comme un enjeu majeur dans cette élection fédérale, trois mois après que les chefs des principaux partis eurent prononcé des discours émouvants lors d'une veillée pour les quatre membres de la famille Aafzal, morts après avoir été happés par un véhicule à London, en Ontario.

Les crimes haineux ont augmenté [à Edmonton] malheureusement [...] Il n'est pas sécuritaire pour les femmes musulmanes de se promener seules , observe Noor Al-Henedy, directrice des communications de la mosquée Rachid à Edmonton.

Elle ajoute que les femmes musulmanes noires sont les principales cibles.

Un croissant de lune symbolique de l'Islam légèrement rouillé devant un arbre.

À l'instar d'autres femmes, Noor Al-Henedy a même suivi des cours d'autodéfense pour lutter contre la peur et apprendre à se protéger en cas de danger.

Elle raconte que certaines choisissent de ne pas porter leur hijab dans la rue pour éviter d'être victimes de violence antimusulmane.

Noor Al-Henedy explique que la communauté s’est rassemblée afin de se pencher sur le problème. Le Conseil national des musulmans canadiens a consulté de nombreuses communautés en Alberta et à travers le pays, dit-elle.

En juillet, le Conseil a remis aux différents partis 60 recommandations pour contrer l’islamophobie.

L'organisation demande notamment à Ottawa de nommer un envoyé spécial sur l'islamophobie et de contester juridiquement le projet de loi 21, la législation controversée du Québec qui interdit aux travailleurs du secteur public de porter des symboles religieux au nom de la laïcité.

À ce jour, aucun parti n’a pris cet engagement.

Les 60 recommandations sont solides et ont été élaborées par une incroyable équipe de consultation composée de membres de la communauté de partout à travers le pays, affirme-t-elle. Ce sont les voix des musulmans, elles doivent être prises au sérieux.

Le changement doit se produire parce que notre communauté est vraiment fatiguée des mots, des messages et de la solidarité. Parce que ça ne s'arrête pas.

Une citation de :Noor Al-Henedy, directrice des communications de la mosquée Rachid à Edmonton

Elle indique qu'il est nécessaire que les gouvernements prennent des actions concrètes immédiates.

Pour être honnête avec vous, c'est assez frustrant [le fait qu'ils n'aient pas de plan clair pour lutter contre les crimes haineux antimusulmans et l'islamophobie], exprime Mme Al-Henedy.

Une femme qui se recueille.

En juin dernier, une famille de quatre personnes a été tuée, happée par un camion, lors d'une attaque à la mosquée de London en Ontario. Des milliers de personnes se sont recueillis en leur mémoire.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Elle rappelle que l'année a été très difficile, notamment avec l'attaque de London.

Nous avons déjà perdu des vies. Que doit-il se passer pour que [l'islamophobie] devienne une question sérieuse et soit reconnue et affrontée dans notre communauté.

Une citation de :Noor Al-Henedy, directrice des communications de la mosquée Rachid à Edmonton

C'est une réalité avec laquelle nous devons vivre et jusqu'à présent, les politiciens ne prennent pas le problème au sérieux, déplore-t-elle.

À mois de 10 jours de la fin de la campagne électorale, aucun des principaux partis politiques ne semble parler beaucoup en public de l'islamophobie ou de la violence antimusulmane, bien qu'ils aient tous des idées sur la question.

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