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Un film sur un rappeur devenu fermier récompensé à Deauville

Trois hommes posent pour les caméras lors du festival de Deauville.

Le réalisateur Diego Ongaro soulève son prix aux côtés de son producteur Rob Cristiano et de son monteur Benoit Sauvage, samedi à Deauville.

Photo : afp via getty images / LOIC VENANCE

Agence France-Presse

Le Festival du cinéma américain de Deauville a récompensé samedi un film avec la vedette du hip-hop Freddie Gibbs, après un 47e événement marqué par le retour des États-Unis et des salles souvent combles.

Down with the King, réalisé par le cinéaste français Diego Ongaro, raconte l'histoire d'un célèbre rappeur qui se découvre un goût inattendu pour la vie de fermier.

Tourné dans le Massachusetts, ce long métrage avait été présenté en juillet à Cannes.

Je n'ai jamais voulu jouer un rappeur dans un film, mais là, c'était bien plus intéressant qu'un film de rap. Pour moi, c'était une occasion formidable, avait déclaré à Cannes le musicien né à Gary, ville sinistrée située près de Chicago, qui a longtemps collectionné les problèmes judiciaires avant les succès.

Dans le film, Money Merc, son personnage, se lie d'amitié avec un paysan du coin, qui lui apprend à dépecer des vaches, à nourrir les cochons, à ramener les bêtes à l'enclos, etc. Mais le rappeur est vite rappelé à sa réalité : son agent le harcèle pour lui réclamer des démos; ses fans réclament des nouvelles sur les réseaux sociaux; ses adversaires le narguent dans leurs textes... Le dur à cuire venu de la rue frôle l’épuisement professionnel.

Un homme sourit sur le tapis rouge du Festival de Cannes.

Le rappeur Freddie Gibbs lors du Festival de Cannes, en juillet dernier

Photo : afp via getty images / VALERY HACHE

Le film joue avec humour sur le gouffre entre le clinquant du rap et l'âpreté de la campagne – ramener des cochons dans un survêtement et des chaussures de course immaculées n'est pas simple... – et bouscule avec férocité les clichés de la culture hip-hop : l'argent roi, le virilisme envahissant, les textes remplis de lieux communs (crack, ghetto ou AK-47), etc.

Diego Ongaro avait déjà réalisé un film – Bob and the Trees – dans cette région du Massachusetts où il vit désormais.

Je suis d'autant plus surpris d'être ici ce soir que je pensais arrêter le cinéma il y a deux ans. Avec mon producteur, on essayait de trouver du financement et une distribution, a-t-il réagi.

Charlotte Gainsbourg a salué un sujet fort. L'acteur principal est incroyable. C'est tellement proche d'une vérité, l'idée de se retirer, de ne plus être en adéquation avec le métier qu'on a choisi, a-t-elle commenté à l'issue de la cérémonie.

Le réalisateur avait expliqué à Cannes qu'il n'aurait jamais osé espérer une vedette du rap dans le rôle sans la pandémie. J'ai pensé à Freddie Gibbs [...] et je me suis décidé en me disant que c'était le meilleur moment : il est comme tout le monde, avec sa famille, enfermé chez lui.

Les chansons rap du film sont des improvisations que Freddie Gibbs a pratiquées durant le tournage.

Le Prix du jury de Deauville revient quant à lui à la fois à Pleasure, un premier film interdit aux moins de 18 ans de Ninja Thyberg, et à Red Rocket, de Sean Baker, qui était aussi en compétition à Cannes. Les deux films dénoncent la toxicité des milieux de l'industrie de la pornographie.

Red Rocket décroche aussi le Prix du jury de la critique.

Le Prix du jury de la révélation, présidé par l’actrice française Clémence Poésy, est attribué à John and the Hole, premier film de Pascual Sisto. Ce film à suspense raconte l'histoire d'un garçon de 13 ans qui retient ses parents et sa sœur prisonniers dans un ancien bunker et rentre chez lui, où il est enfin libre de faire ce qu'il veut.

Blue Bayou, de Justin Chon, décroche de son côté le Prix du public. Ce film faisait partie de la sélection Un certain regard à Cannes. Il raconte l'histoire d'un père de famille recomposée américano-coréen qui a passé sa vie dans le village de Bayou, en Louisiane, mais qui risque d'être expulsé du seul pays qu'il a jamais considéré comme le sien.

Treize films, signés par des réalisatrices et réalisateurs indépendants des studios d'Hollywood, étaient en compétition dans cette station balnéaire de Normandie.

Selon l'équipe organisatrice, le festival a retrouvé sa fréquentation d'avant la crise de la COVID-19 et devrait avoir reçu aux environs de 60 000 aficionados, comme en 2019, même avec les masques et le passeport sanitaire.

L'an dernier, près de 38 000 personnes avaient fait le déplacement, selon la direction.

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