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Le président tunisien dit clairement qu’il veut modifier la Constitution

L'homme pose la main sur un coran.

Kaïs Saïed lors de son assermentation en tant que président, en octobre 2019.

Photo : Reuters / Zoubeir Souissi

Reuters

Le président tunisien, Kaïs Saïed, a marqué samedi sa volonté de modifier la Constitution de 2014, évoquant des amendements à la Loi fondamentale actuelle.

Le plus influent syndicat tunisien et le parti le plus représenté au Parlement ont pour leur part manifesté leur opposition à toute tentative du président de suspendre la Constitution et de proposer son propre texte.

Kaïs Saïed s'est arrogé l'ensemble des pouvoirs le 25 juillet en invoquant une clause d'urgence dans la Constitution pour limoger le premier ministre et suspendre le Parlement, ce que ses détracteurs ont qualifié de coup d'État.

La Tunisie traverse depuis sa plus grave crise politique depuis la révolution de 2011, qui a renversé un régime autocratique et instauré la démocratie dans le pays.

Des amendements doivent être apportés dans le cadre de la Constitution, a dit le président tunisien lors d'une entrevue en direct accordée à la télévision nationale et à la chaîne Sky New Arabia.

Cette semaine, l'un des conseillers de Kaïs Saïed, Walid Hajjem, avait déclaré que le président prévoyait de suspendre la Constitution de 2014 et de proposer lui-même un nouveau texte qui serait soumis à référendum.

On prête à Kaïs Saïed l'intention de faire évoluer la Tunisie vers un régime présidentiel plus susceptible de limiter le rôle du Parlement.

Le syndicat UGTT a appelé samedi à des élections législatives pour permettre à un nouveau Parlement de débattre de la Constitution et de changer le système politique, ce qui constitue un rejet implicite du projet présidentiel.

Le parti islamiste modéré Ennahda, première formation politique du Parlement et acteur clé des gouvernements tunisiens successifs, a également rejeté une telle initiative. Dans un communiqué, le parti a déclaré que la Constitution de 2014 constituait la base du contrat politique et social de la Tunisie et de la légitimité de son Parlement et de son président, ajoutant que s'en écarter signifierait un recul de la démocratie.

Malgré la prolongation indéfinie des mesures d'urgence, Kaïs Saïed a rejeté les accusations de coup d'État. Mais près de sept semaines après son coup de force, il n'a toujours pas nommé de nouveau premier ministre ni officiellement annoncé comment il envisageait de gouverner la Tunisie.

L'UGTT, qui compte plus d'un million de membres, est l'une des forces politiques les plus puissantes de Tunisie et a joué un rôle déterminant dans le rapprochement des blocs politiques rivaux après la révolution de 2011.

Des partis politiques plus petits, dont certains ont exprimé leur soutien aux décisions de Kaïs Saïed du 25 juillet, ont aussi rejeté l'idée que le président suspende la Constitution et en propose une nouvelle unilatéralement.

Les démocraties occidentales, qui ont été d'importants donateurs pour les finances publiques en difficulté de la Tunisie ces dernières années, ont quant à elles poussé le président à nommer rapidement un premier ministre et à tracer une voie à suivre.

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