•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Déguster un cocktail en échange d’un appui aux microdistilleries de l’Est-du-Québec

Un alambic.

Après six ans à se battre pour changer la réglementation, les distilleries ont espoir de se faire entendre avec la pétition (archives).

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Alice Proulx

Plus d'une trentaine de distilleries à travers la province ont ouvert leurs portes, samedi, pour dénoncer la taxe qu'elles doivent verser à la Société des alcools du Québec (SAQ), en offrant un cocktail gratuit à tous ceux qui signent leur pétition dans le but cesser cette réglementation.

Lorsqu'un client achète un spiritueux directement à l'usine de production, les propriétaires doivent débourser une taxe qui équivaut à 43 % du prix total d'une bouteille à la SAQ.

Dans l'Est-du-Québec, ils sont huit à avoir participé à cette journée de revendication :

  • Distillerie Mitis, Mont-Joli
  • Distillerie Puyjalon, Havre-Saint-Pierre
  • O’Dwyer Distillerie, Gaspé
  • Distillerie Vent du Nord, Baie-Comeau
  • Distillerie la Société Secrète, Percé
  • Distillerie Fils du Roy, St-Arsène
  • Distillerie du St. Laurent, Rimouski
  • Distillerie des Marigots, Caplan

À Caplan, dans la Baie-des-Chaleurs, le distillateur et fondateur de la Distillerie des Marigots, Joseph St-Denis Boulanger, juge que cette taxe est déguisée et démesurée et il espère que le message se rendra jusqu'à l'Assemblée nationale.

Joseph St-Denis Boulanger est photographié devant les fondations de sa future distillerie

Joseph St-Denis Boulanger, de la Distillerie des Marigots (archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Sur une bouteille à 49 $, dans mon cas, il y en a 26 qui s'en vont dans une succursale de la SAQ. Avec ce qui reste, il faut que je paie les taxes de vente sur le prix total de la bouteille de 49 $ et, en plus, deux autres taxes qui sont spécifiques aux boissons alcooliques, une au provincial et une au fédéral, explique-t-il.

Au final, il nous reste littéralement des miettes.

Une citation de :Joseph St-Denis Boulanger, Distillerie des Marigots

M. St-Denis Boulanger estime récolter près de 200 signatures samedi. 

David Soucy dans sa distillerie.

Cette réglementation est dépassée, selon le copropriétaire de la Distillerie Mitis à Mont-Joli, David Soucy.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Les seuls à payer cette redevance

De son côté, la propriétaire de la Distillerie Vent du Nord à Baie-Comeau, Catherine Blier, soutient qu'elle a de la difficulté à se verser un salaire en raison du prélèvement de majoration, pour toutes ses ventes faites en établissement, qui correspond à une taxe de 52 %.

Vendre une bouteille à notre propriété, c'est plus cher que la vendre à la SAQ.

Une citation de :Catherine Blier, Distillerie Vent du Nord
Catherine Blier, copropriétaire de la microdistillerie Vent du Nord de Baie-Comeau au comptoir de son commerce accompagnée de deux visiteurs et signataires de la pétition.

Catherine Blier, propriétaire de la microdistillerie Vent du Nord de Baie-Comeau.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Ce n'est pas normal qu'on ne soit pas capables de vivre de notre entreprise. Les entrepreneurs au Québec, quand tu te lances en affaires, tu viens à vivre rapidement. La plupart des microdistilleries, ça prend des années pour qu’elles puissent commencer à pouvoir se verser un salaire, souligne Mme Blier.

Elle dénonce, par le fait même, qu'aucun autre type d'entreprise d'alcool au Québec, comme les vignobles ou les microbrasseries, n'a à payer cette majoration.

Pascal Bérubé et David Soucy.

Pascal Bérubé compte remettre cette bouteille au ministre de l'Économie Pierre Fitzgibbon.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, promet que cet enjeu sera amené à l'Assemblée nationale.

Avec les informations de Zoé Bellehumeur

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !