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Un film français sur l’avortement remporte le Lion d’or à la Mostra de Venise

Une femme lève le bras d'une autre femme sur scène en signe de victoire. Elle tient un trophée dans son autre main.

L'actrice principale du film « L'événement », Anamaria Vartolomei, pose avec la réalisatrice Audrey Diwan, après la cérémonie de remise de prix, samedi soir, au festival de Venise.

Photo : Getty Images / Pascal Le Segretain

Agence France-Presse

La Mostra de Venise a envoyé un nouveau signal féministe en décernant à l'unanimité son Lion d'or à une réalisatrice, Audrey Diwan, pour un film cru et intimiste sur l'avortement, L'événement, deux mois après l'attribution de la Palme d'or à une autre Française à Cannes.

Malheureusement quand vous travaillez sur l'avortement, vous êtes toujours dans l'actualité, a déclaré en recevant son prix la réalisatrice de 41 ans. J'ai fait ce film avec colère et désir, je l'ai fait avec mon ventre, avec mes tripes et avec mon cœur.

Je voulais que ce soit une expérience, un voyage dans la peau de cette jeune femme, a ajouté celle qui succède à la Sino-Américaine Chloé Zhao, couronnée l'an dernier pour Nomadland avant de triompher aux Oscars.

Quatre ans après l'affaire Weinstein et le début du grand examen de conscience du 7e art, l'ouverture très progressive des palmarès les plus prestigieux aux réalisatrices se confirme : en juillet, le Festival de Cannes avait distingué lui aussi une jeune réalisatrice française, Julia Ducournau, Palme d'or avec l’ovni Titane, un film féministe à sa façon qui dynamite les frontières entre les genres.

Un homme embrasse une femme sur la joue.

Julia Ducournau et l'acteur principal de son film, Vincent Lindon, lors du Festival de Cannes cet été.

Photo : Getty Images / Andreas Rentz

Quelque chose est en train de changer. Une femme a gagné l'Oscar, une femme a gagné la Palme d'or, une femme a gagné le Lion d'Or. Ça signifie forcément quelque chose, ça ne peut pas être le hasard, a souligné Audrey Diwan.

L'événement, adapté du récit autobiographique éponyme de l'écrivaine Annie Ernaux, se déroule dans la France des années 1960, avant la légalisation de l'avortement. Il montre le parcours d'une jeune étudiante qui tombe enceinte, interprétée par la Franco-Roumaine Anamaria Vartolomei.

C'est le deuxième film d'Audrey Diwan, romancière et journaliste française d'origine libanaise, qui a cosigné le scénario de plusieurs films, dont Bac Nord et La French, de Cédric Jimenez, puis est passée à la réalisation (Mais vous êtes fous). Elle devient la quatrième réalisatrice à recevoir le prix le plus prestigieux à Venise depuis l'an 2000.

Dans le reste du palmarès, plusieurs films sont marqués eux aussi par le féminisme et les questions des rapports entre les genres : c'est le cas du film de Jane Campion, The Power of the Dog, qui a permis à la Néo-Zélandaise de remporter le prix de la meilleure réalisation, 28 ans après sa Palme d'or pour La leçon de piano (The Piano).

Un homme et deux femmes posent pour les photographes.

Jane Campion, Benedict Cumberbatch et Kirsten Dunst sur le tapis rouge de la Mostra, la semaine dernière, lors de la présentation de leur film « The Power of the Dog ».

Photo : getty images for netflix / John Phillips

Le film, huis clos étouffant dans un monde de cow-boys mettant en vedette Benedict Cumberbatch et Kirsten Dunst, aborde la question de la masculinité exacerbée et toxique.

Il présente la particularité d'être produit par Netflix, tout comme La Main de Dieu, de Paolo Sorrentino, autre lauréat du palmarès établi par le jury du Sud-Coréen Bong Joon-ho (Parasite). Le réalisateur italien a décroché le Lion d'argent (grand prix du jury) pour ce film sur son enfance à Naples, à l'époque de Diego Maradona, brisée par la mort de ses parents.

Les plateformes de diffusion en continu, sorties renforcées de la pandémie face aux grands studios historiques, étaient à nouveau présentes en force lors de cette 78e Mostra, et leur influence se mesure une nouvelle fois au palmarès.

Du côté des interprètes, le jury a décerné le prix de la meilleure actrice à Penélope Cruz, pour son rôle dans Madres Paralelas, de Pedro Almodovar, qui continue avec son actrice fétiche à célébrer la force des femmes et des mères face à des hommes lâches ou absents.

Une femme en robe de soirée pose sur scène avec un trophée.

Penélope Cruz, samedi soir, après la remise de prix.

Photo : Getty Images / Pascal Le Segretain

Kristen Stewart est finalement repartie bredouille. Elle avait pourtant convaincu nombre de festivaliers en Lady Di dans Spencer, de Pablo Larrain, une plongée dans l'intimité de cette femme refusant de renoncer à sa liberté dans l'univers corseté des Windsor.

Chez les acteurs, le jury a distingué John Arcilla pour son rôle de journaliste en quête de vérité dans le thriller philippin On the Job 2: The Missing 8.

Après une compétition 2020 en demi-teinte, marquée par la pandémie et un manque de films mémorables en compétition, la Mostra de Venise, le plus ancien des festivals de cinéma du monde, a retrouvé tout son lustre.

Et son influence s'est une fois de plus mesurée à l'aune des vedettes américaines qui se sont pressées sur le tapis rouge du Lido. La Mostra est devenue, au fil des années, une rampe de lancement avant la saison des Oscars.

Matt Damon et Ben Affleck ont monté les marches pour The Last Duel, de Ridley Scott, quelques jours après les vedettes du Dune de Denis Villeneuve : Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac et Javier Bardem.

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