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Pour Ridley Scott, les superproductions peuvent faire avancer le féminisme

Trois hommes et deux femmes en tenue de soirée posent pour les photographes.

Ridley Scott, au centre, entouré de Ben Affleck, de la coscénariste de son nouveau film Nicole Holofcener, de Jodie Comer et de Matt Damon, vendredi soir, sur le tapis rouge de la Mostra de Venise.

Photo : getty images for 20th century st / John Phillips

Agence France-Presse

Les superproductions peuvent faire avancer le féminisme, estime le réalisateur Ridley Scott à Venise, où il a présenté The Last Duel, alliage audacieux entre film de chevalerie et thriller sur le consentement sexuel.

Tout ce qui peut toucher une corde sensible peut aider, petit à petit, a expliqué le réalisateur de Thelma et Louise et de Gladiator. Et si le message échappe au public, "il faut juste continuer et essayer encore et encore".

Dans le film, qui se déroule dans la France du Moyen-Âge, en 1386, deux chevaliers se livrent à un duel judiciaire après que l'un, Jean de Carrouges (Matt Damon, qui arbore une surprenante coupe Longueuil), a accusé l'autre, Jacques le Gris (Adam Driver), d'avoir violé son épouse, Marguerite de Carrouges (Jodie Comer).

Le film, nourri de scènes de chevauchées et de combats à l'épée, est construit en trois parties présentant les faits des points de vue de chacun des protagonistes, rappelant la structure du classique Rashomon, d’Akira Kurosawa.

La figure du valeureux chevalier y est tournée en dérision, les personnages de Matt Damon et d'Adam Driver étant présentés comme des rustres ne considérant les femmes que pour la valeur ou le prestige qu'elles peuvent leur apporter, et ne faisant aucun cas du consentement de leurs partenaires dans leurs rapports sexuels – et encore moins de leur plaisir.

Marguerite de Carrouges, dont le point de vue est intitulé La vérité dans le film, va se rebeller contre le patriarcat et décider de dénoncer publiquement son viol. C'est son mari qui portera l'affaire devant la justice royale – mais avant tout pour laver l'affront fait à son nom, et non par considération pour la victime.

À mon sens, le féminisme n'est ni une idée radicale ni une idée nouvelle, a déclaré de son côté Ben Affleck, à propos de cette thématique du film, qui sort le 15 octobre. Je pense que tout être humain doué d'empathie et de raison devrait être féministe.

Il est clair que ce genre de film [destiné à un très grand public], aura un effet, affirme quant à lui Ridley Scott. Au-delà des scènes d'action et du grand spectacle, il y a beaucoup de subtilités dedans, et vous devez y porter une attention particulière.

Le réalisateur de 83 ans souligne qu'il a plusieurs fois essayé de sortir du cliché hollywoodien du héros masculin, notamment lorsqu'il a lancé la carrière de Sigourney Weaver, en 1979, avec le rôle du lieutenant Ellen Ripley dans Alien.

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