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Les attentats du 11 septembre 2001, 20 ans plus tard, vus d’Ottawa

Le reportage de Rosalie Sinclair

Radio-Canada

Les attentats du 11 septembre 2001, qui ont frappé New York en plein cœur, ont créé une onde de choc partout dans le monde, y compris à Ottawa. La capitale canadienne, où l’on se préparait au pire dans les heures suivantes, a depuis changé ses façons d’anticiper les menaces terroristes.

C’était clair qu’on se préparait, nous aussi, à avoir une attaque terroriste sur notre territoire , s’est récemment rappelé le directeur général des services d'urgence et de protection pour la Ville d'Ottawa, Anthony Di Monte, en entrevue avec ICI Ottawa-Gatineau.

À l’époque, il était chef du Service paramédic d’Ottawa, une ville nouvellement fusionnée qui avait toute une organisation à consolider. Une rencontre d’équipe qu’il avait à cet égard a été abruptement interrompue quand on lui a soufflé à l’oreille les événements tragiques qui se déroulaient au sud de la frontière canadienne.

On est la capitale du Canada. Un acte terroriste était survenu à New York, tout juste près de chez nous [...] C’était clair qu’on devait se mobiliser.

Une citation de :Anthony Di Monte, directeur général des services d'urgence et de protection pour la Ville d'Ottawa

Rapidement, l’aéroport d’Ottawa a été évacué et, comme partout en Amérique du Nord, tous les avions qui étaient dans les airs ont dû être cloués au sol jusqu’à nouvel ordre. Les bâtiments municipaux, aux premières loges celui de l’Hôtel de Ville, ont été bouclés, pendant que des F-18 survolaient le ciel.

Le couturier à la retraite Richard Robinson, dont la maison de haute couture est située tout près de l’ambassade américaine, se rappelle aussi du sentiment de crainte qui régnait. On faisait attention avec qui on communiquait, qui on laissait entrer dans notre bâtisse, a souligné l’Ottavien qui aura, six mois après les attentats, présenté sa création La Robe de la paix, faite à partir de multiples drapeaux.

Des leçons tirées

Si les événements ont marqué les mémoires, ils ont aussi forcé à une révision des façons de communiquer et d’intervenir dans l’urgence, a relevé M. Di Monte.

Les communications entre les États-Unis et le Canada se passaient probablement au niveau fédéral, mais cette information ne se rendait pas nécessairement au niveau municipal, a-t-il donné en exemple

Depuis, les processus de communication ont été revus du tout au tout, explique-t-il. Il ajoute que la menace terroriste est aussi prise en compte, depuis, dans la planification des bâtiments et de leurs dispositifs de sécurité.

Un homme sourit à la caméra, devant un bâtiment d'Ottawa.

Anthony Di Monte, directeur général des services d'urgence et de protection pour la Ville d'Ottawa

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Lorsqu'on prévoit de grands événements comme la visite d’un président américain ou une manifestation , il y a toujours un élément d’analyse terroriste, a-t-il également noté.

Pour Alain Normand, expert-conseil en mesures d’urgences établi à Brampton, les événements du 11 septembre 2001 auront surtout encouragé l’Ontario à se dépêcher de moderniser sa Loi sur la protection civile et la gestion des situations d’urgence. Ça a obligé chaque municipalité de l’Ontario à avoir des  plans d'urgence ainsi qu’à  désigner un coordonnateur de ces mesures.

Moment de recueillement

Samedi matin une cérémonie sobre et empreinte d’émotion s’est déroulée à la résidence de l’ambassadeur des États-Unis à Ottawa pour commémorer la tragédie du 11 septembre 2001.

Parmi les invités se trouvaient les ambassadeurs de nombreux pays ayant perdu des concitoyens, il y a 20 ans, lors des attentats qui ont changé le monde.

Des représentants de la défense et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) étaient également de la cérémonie, vêtus de l’uniforme de circonstance.

Quelques familles de victimes se sont aussi réunies afin de rendre hommage aux disparus. C’est le cas de Georgiana McLennan, qui a perdu son gendre lors des attentats du 11 septembre 2001. Le Canadien attendait un enfant avec sa fille.

Une femme en entrevue.

Georgiana McLennan était présente lors de la cérémonie à Ottawa pour rendre hommage à son gendre qui a perdu la vie lors des attentats du 11 septembre 2001.

Photo : Radio-Canada

Toute notre famille a été affectée. [...] Ma fille et lui étaient ensemble depuis 13 ans. Il était comme un grand frère pour mes deux autres filles et comme un enfant pour nous , a-t-elle raconté

C’est toujours tragique quand quelqu’un meurt d’un cancer ou d’un accident, mais dans ce cas-ci, c’est une tout autre chose , a-t-elle ajouté.

Durant la cérémonie, le chargé d'affaires au Canada à l'ambassade américaine, Arnold Chacon, a remercié à plusieurs reprises le Canada pour son soutien, le jour des attentats, mais aussi durant les années qui ont suivi.

Des représentants d'une trentaine de pays se sont recueillis à Ottawa.

Avec les informations de Rosalie Sinclair et Fiona Collienne

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