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Les musulmans du Manitoba disent subir encore les conséquences du 11 septembre 2001

La photographie de la fumée qui sort des tours jumelles du World Trade Center.

Les attentats contre le World Trade Center ont été perpétrés par le groupe extrémiste islamiste Al-Qaïda.

Photo : AFP / Robert Giroux

Radio-Canada

Vingt ans après les attentats du 11 septembre 2001, les musulmans du Manitoba affirment qu’ils subissent encore les effets collatéraux de cet événement, et se disent toujours victimes d'amalgames et de diverses associations au terrorisme.

Seema Uddin, qui était en 9e année à l’époque, se dit choquée par la rapidité avec laquelle des jugements ont été portés sur sa religion après ces attentats.

À l'époque, mon professeur a sorti un téléviseur, l'a fait entrer dans la classe et a dit : "Regardez, regardez ce que les musulmans font aux tours jumelles en ce moment", raconte-t-elle.

La femme explique que cet exemple lui a donné l’impression d’être une ordure et qu’elle a ce sentiment de n’être pas assez bonne ou qu’elle n’a pas sa place ici.

Seema Uddin raconte qu'il y a quelques jours à peine, elle a été agressée verbalement par un passager de taxi alors qu'elle portait son hijab.

Et j'ai vu des rencontres avec des gens qui baissaient leur vitre [...] pendant que je conduisais [disant] "Oh, c'est bien de voir que vous conduisez maintenant", dit-elle.

Je leur réponds que j'ai mon permis depuis que j'ai 17 ans. Donc ce genre de choses se produit encore.

Shahina Siddiqui est debout en entrevue.

Shahina Siddiqui explique avoir accordé de nombreuses entrevues après le 11 septembre 2001, dont certaines dans lesquelles il lui est demandé les motivations des auteurs des attentats.

Photo :  CBC / Jeff Stapleton

Shahina Siddiqui, la directrice de l’Islamic Social Services Association, une organisation d'entraide à Winnipeg, dit avoir passé les deux dernières décennies à répondre à toutes sortes de questions sur l’islam et la communauté musulmane.

Dans les heures qui ont suivi les attentats, elle devait par exemple répondre à une question sur les motivations des auteurs des attentats, se souvient-elle.

La première question que l'on m'a posée, curieusement, était :  "Pourquoi ont-ils fait ça?", se rappelle-t-elle.

Et je me dis, eh bien, ils ne m'ont pas consultée. C'était donc une culpabilité par association. Ça m'a frappée tout de suite et j'ai pensé, OK, maintenant je sais ce qui va arriver.

Elle raconte avoir eu l’impression d’être devenue dangereuse du jour au lendemain à cause de sa religion.

Je dis que le 10, je me suis endormie en tant que Canadienne, musulmane au Canada, mon pays, et que le 12, j'étais l'autre.

Le hijab de la sensibilisation

Tasneem Vali, qui vivait à Chicago au moment des faits, porte aujourd’hui officiellement le hijab après les attentats afin de mieux sensibiliser les gens sur sa religion.

Le but est d’être facilement identifiable pour permettre aux personnes qui cherchent des réponses sur l’islam de l’approcher pour lui poser des questions plutôt que d’être informés.

Ce faisant, elle tente de vaincre les stéréotypes et clichés qui circulent sur sa religion.

J'ai eu beaucoup de conversations intéressantes grâce à ce hijab, et c'est devenu une partie très importante de moi.

Tasneem Vali, debout, parlant probablement à un journaliste.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, Tasneem Vali a décidé d'être plus visible en portant le hijab afin d'inciter les gens à lui poser des questions sur sa religion et à faire tomber les stéréotypes sur l'islam.

Photo :  CBC

D’ailleurs, dans les mois qui ont suivi les attentats, elle a cherché, elle-même, à en apprendre davantage sur sa religion pour être capable de répondre aux questions des autres.

Mme Vali a voulu surtout faire comprendre aux gens que les attentats n'étaient en aucun cas tolérés par sa foi.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont été perpétrés par le groupe extrémiste islamiste Al-Qaïda. L'organisation a détourné des avions de ligne pour les faire s'écraser contre les tours du World Trade Center à New York et le Pentagone. Un quatrième avion détourné s'est écrasé en Pennsylvanie le même jour.

Près de 3000 personnes, dont 24 Canadiens, ont été tuées. 

Avec les informations de Sarah Petz

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