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Le vote en Atlantique pourrait déterminer la couleur du prochain parti au pouvoir

Un homme en vélo passe devant une affiche jaune d'Élections Canada plantée dans une pelouse.

Les libéraux ont plus à gagner qu’à perdre en Atlantique, selon un politologue.

Photo : CBC / Ben Nelms

Radio-Canada

L'Atlantique pourrait donner le ton à la soirée électorale du 20 septembre, lorsque les premiers résultats y seront dévoilés. Dans une course où chaque siège compte, certains candidats libéraux appellent maintenant au vote stratégique des progressistes, pour éviter une percée conservatrice dans la région.

Cette fois, les chances de faire main basse sur les 32 sièges, comme en 2015, paraissent bien minces pour les libéraux.

L'ancien ministre des affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, demeure confiant. Le défi de cette élection, c'est de faire sortir son vote. Je suis convaincu que dans plusieurs comtés, on a une pluralité de votes quand même.

Cependant, le score parfait de 2015 pour son parti sera difficile à reproduire.

Le ministre LeBlanc est assis à une table, derrière un micro. Derrière lui se trouvent des drapeaux du Canada.

Dominic LeBlanc ne se considère pas comme en danger dans sa circonscription, car il a été réélu sans interruption sept fois dans Beauséjour, depuis 2000 (archives).

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Désormais, chaque siège compte pour les libéraux.

À Miramichi, ce sont deux anciens députés provinciaux qui s'affrontent. Il s’agit de la plus grande circonscription de la province, principalement rurale.

La candidate libérale Lisa Harris compte sur le vote des Acadiens qui bordent le nord et le sud de la circonscription.

Son opposant, Jake Stewart, a bon espoir d’obtenir la victoire. Il mise entre autres sur la relation de confiance qu'il a bâtie avec les chefs autochtones. La circonscription compte cinq communautés mi’kmaw.

Le panache des libéraux s’effrite, selon un expert

Selon un politologue et professeur à l’Université de Moncton, la force des libéraux pourrait être en train de diminuer. On a ce qu'on appelle l'usure du pouvoir. Les libéraux sont au pouvoir depuis un certain temps. C'est un facteur, explique Roger Ouellette.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, en visite à Toronto dans la circonscription de Davenport, en compagnie de sa candidate Alejandra Bravo.

Roger Ouellette estime qu’Halifax pourrait tomber aux mains des néo-démocrates (archives).

Photo : La Presse canadienne

Un phénomène perceptible au Nouveau-Brunswick, mais aussi ailleurs en Atlantique.

Les libéraux ont beaucoup d'ascendance en Atlantique, mais les conservateurs aussi, surtout en région rurale, et le NPD dans les grands centres urbains, comme Halifax. C'est un vote progressiste.

Avec la remontée du NPD, les chances sont bonnes, a-t-il affirmé en soulignant la présence du chef Jagmeet Singh à Terre-Neuve récemment.

Fredericton, un vote divisé?

Une des batailles les plus serrées de l'Atlantique se tiendra dans Fredericton, où se dessine une lutte à trois. Le chef conservateur, Erin O'Toole, le sait, et il espère profiter de la division du vote progressiste.

La capitale du Nouveau-Brunswick avait en 2019 couronné la seule député verte à l'ouest de la Colombie-Britannique. Aujourd'hui, certains électeurs ne pardonnent pas à Jenica Atwin d'avoir quitté le parti pour se joindre aux libéraux.

Des citoyens de Fredericton se sont dits déçus de ce changement de camp. C'est un peu plus difficile cette fois, a déclaré un résident de la région en parlant du vote pour Jenica Atwin.

Jenica Atwin en conférence de presse.

Jenica Atwin mise sur son authenticité. Elle n'hésitera pas à briser les rangs de son parti si elle est élue. « Je dis aux jeunes que je suis la même personne, avec les mêmes priorités. Ce n'est pas l’appui pour le pipeline. » (archives)

Photo : Radio-Canada

Jenica Atwin mise sur son authenticité. Elle n'hésitera pas à briser les rangs de son parti si elle est élue. Je dis aux jeunes que je suis la même personne, avec les mêmes priorités. Ce n'est pas l’appui pour le pipeline.

Malgré les profondes assises des verts dans la capitale du Nouveau-Brunswick, leur cheffe, Annamie Paul, n'a toujours pas mis le pied dans la circonscription depuis le début de la campagne.

Elle est la bienvenue, assure la nouvelle candidate verte Nicole O’Byrne. Selon elle, la guerre interne au sein de son parti n'aura pas tant d'effet que la décision de sa prédécesseure de traverser la Chambre.

Plus à gagner qu’à perdre en Atlantique

Les libéraux ont désormais plus à gagner qu'à perdre en Atlantique, estime le politologue Yvon Grenier. Il prend en exemple la majorité surprise qu'ont remportée récemment les conservateurs en Nouvelle-Écosse.

Maintenant, on parle davantage de pertes de sièges.

Une citation de :Yvon Grenier, politologue de l’Université Saint Francis Xavier, en Nouvelle-Écosse

Des citoyens de Rogersville, au Nouveau-Brunswick, ont d’ailleurs exprimé ouvertement qu’ils voteraient conservateur cette année. Libéral, c'est fini pour moi. Je votais pour eux avant, mais plus maintenant. Quant à savoir pourquoi, le résident a répondu Trudeau.

D’autres sont plutôt en désaccord avec un déclenchement des élections en pandémie. Je pense que le timing aurait pu être meilleur.

Yvon Grenier explique que c'était la première élection qu'un gouvernement était défait à l'époque de la COVID. C'est un peu comme si on avait tracé une ligne avant et après la COVID.

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Selon Yvon Grenier, les gens ne veulent plus nécessairement entendre parler de la crise sanitaire.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

À Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, Wayne Long demande aux électeurs progressistes de voter stratégiquement pour les libéraux.

Le libéral Wayne Long de Saint John-Rothesay, qui sollicite un troisième mandat, mène le combat de sa vie contre un ancien maire et ex-candidat à la chefferie du parti conservateur au provincial. Ils sont au coude-à-coude.

La bataille d'Halifax n'est pas gagnée non plus pour les libéraux, de même que la lutte au Cap-Breton et dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

On voit que M. O'Toole est pragmatique. Son virage vers le centre, finalement, peut plaire en Atlantique.

Une citation de :Roger Ouellette, politologue et professeur à l’Université de Moncton

À 10 jours du scrutin, tout est encore possible pour les partis en Atlantique.

Avec les informations de Nicolas Steinbach

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