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La pénurie de main-d’œuvre, principal enjeu électoral dans Bellechasse

Un soudeur dans un atelier de transformation métallique.

Spécialisé dans la transformation métallique, le Groupe P. Bolduc compte 125 employés.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des entreprises et personnalités d’affaires de Chaudière-Appalaches, où le taux de chômage est le plus bas du Québec, interpellent les partis fédéraux et leurs candidats afin qu’ils s’engagent à lutter contre la pénurie de main-d'œuvre, principal frein au développement économique de la région.

La situation est particulièrement préoccupante dans la MRC de Bellechasse, où des milliers de postes sont à pourvoir.

Le Groupe P. Bolduc, une entreprise de Saint-Anselme spécialisée dans la transformation métallique, compte 125 employés et a un chiffre d’affaires qui frôle les 20 millions de dollars.

Son propriétaire, Patrick Bolduc, raconte avoir obtenu un contrat au cours des derniers jours qui devrait lui permettre de créer une vingtaine d’emplois. L’ennui, c’est qu’il ignore comment il arrivera à trouver les travailleurs dont il a besoin.

Séduction

C'est quasiment de la séduction qu'on doit faire envers les employés pour pouvoir les attirer au sein de nos entreprises. Le rapport de force est inéquitable présentement, déplore l’homme d’affaires en entrevue à Radio-Canada.

Patrick Bolduc en entrevue à Radio-Canada.

Patrick Bolduc a dû se résoudre à poursuivre son expansion à Lévis, plutôt qu’à Saint-Anselme, afin d’augmenter ses chances de recruter des travailleurs.

Photo : Radio-Canada

La coopérative Exceldor vit une situation similaire à son usine de Saint-Anselme, où 650 personnes travaillent. Le directeur des ressources humaines, Nicolas Bilodeau, affirme que la pénurie de main-d'œuvre l’oblige à élargir ses horizons quand vient le moment de procéder à des embauches.

On cherche [actuellement] 65 personnes, alors on se tourne vers des solutions un peu plus larges que le local. On recrute à Montréal, on a recruté beaucoup à Sherbrooke, à Québec aussi, précise le gestionnaire.

Avoir plus de monde, ça nous aiderait à avoir une meilleure croissance puis à desservir davantage toute la clientèle et les consommateurs.

Une citation de :Nicolas Bilodeau, directeur des ressources humaines, Exceldor
Nicolas Bilodeau en entrevue à Radio-Canada.

Le directeur des ressources humaines chez Exceldor, Nicolas Bilodeau, affirme que l’entreprise serait prête à embaucher immédiatement 65 travailleurs à son usine de Saint-Anselme.

Photo : Radio-Canada

Depuis 2018, Exceldor recrute des travailleurs étrangers temporaires. Ils sont actuellement 65 à occuper un emploi dans ses installations de Saint-Anselme, ce qui représente 10 % de la main-d'œuvre totale, le maximum autorisé par le programme. La coopérative aimerait que les seuils d'accueil de travailleurs étrangers temporaires soient rehaussés.

En ce moment, on est à 10 %. Ils ont annoncé un [rehaussement des seuils à] 20 %. On est prêt. Dès que ça va être officialisé, on va y aller avec 20 % de recrutement à l'international. Ça viendrait régler le problème de recrutement ici, indique Nicolas Bilodeau.

Impacts majeurs

L’organisme Développement économique Bellechasse, qui vient en aide aux entreprises de la MRC, constate jour après jour les impacts majeurs de la pénurie de main-d'œuvre.

Les entrepreneurs doivent bien souvent refuser des contrats et réduire des quarts de travail. Ils doivent également réduire les heures d'ouverture de leurs commerces, énumère le directeur général, Alain Vallières.

Il affirme que les gouvernements ont à leur disposition différents outils pour faciliter le recrutement de nouveaux employés. M. Vallières cite en exemple les mesures fiscales visant à inciter les retraités à revenir sur le marché du travail à temps partiel.

Alain Vallières en entrevue à Radio-Canada.

Alain Vallières réclame des mesures pour favoriser le retour au travail à temps partiel des retraités.

Photo : Radio-Canada

De son côté, Patrick Bolduc plaide en faveur d’une diminution des délais de recrutement des travailleurs étrangers.

Présentement, le délai, c'est 8 mois. C'est quand même assez éreintant, c'est long. D'être capable de le ramener autour de 4 à 5 mois, ça serait un monde idéal pour nous, confie l’entrepreneur, dont 30 des 125 employés proviennent de l’extérieur du pays.

Il demande également une simplification du processus de recrutement.

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Aux prises avec la pénurie de main-d'œuvre, les entreprises de Bellechasse sont souvent réduites à demander à leurs employés d’effectuer des heures supplémentaires. Nicolas Bilodeau précise toutefois que cette solution a ses limites.

Des fois, il peut y avoir de la fatigue reliée à ça. Évidemment, on ne peut pas demander aux gens de travailler au-delà de leurs capacités, fait valoir le directeur des ressources humaines.

Avec les informations de Guylaine Bussière

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