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L’alcoolisation fœtale chez les Inuit toujours stigmatisée, selon un rapport

Trois femmes enceintes dans une salle d'attente d'hôpital.

Un rapport de l'organisme national pour femmes inuit Pauktuutit conclut qu'il existe encore une stigmatisation autour du syndrome d’alcoolisation fœtale dans les communautés inuit.

Photo : Radio-Canada

Si les efforts de sensibilisation et de prévention sur les troubles liés à l'alcoolisation fœtale tendent à s’améliorer pour les Inuit, la stigmatisation et la désinformation persistent, ce qui freine la création d’initiatives locales de soutien qui sont sensibles à la culture inuit, conclut un rapport.

Le rapport, rendu public jeudi, s’intéresse principalement à la perception du syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) dans les communautés inuit et aux services offerts aux personnes qui en sont atteintes ainsi qu’à leur famille.

Le syndrome d’alcoolisation fœtale affecte chaque personne différemment [...] donc nous avons cherché à comprendre comment nous pouvons mieux soutenir ceux qui en souffrent, résume la présidente de l’organisme national pour femmes inuit Pauktuutit, Rebecca Kudloo.

Son association a travaillé avec l’agence autochtone de service-conseil Firelight Research pour recueillir les témoignages de 52 Inuit et fournisseurs de services dans trois communautés des T.N.-O., du Nunavut et du Nunavik ainsi que dans cinq villes du Sud.

Puisque [le SAF] est mal compris par le public et la plupart des fournisseurs de services [...], des personnes qui en souffrent sont parfois diagnostiquées à tort d’autres troubles, puis orientées vers des services qui ne sont pas nécessairement appropriés pour elles, peut-on lire dans le rapport. Ce dernier suggère d’ailleurs que les diagnostics enregistrés sont inférieurs au nombre réel de personnes atteintes.

Je pense que la stigmatisation persiste, mais plus nous informons les gens, plus ils auront une meilleure compréhension [du SAF] et donc ils obtiendront un meilleur soutien.

Une citation de :Rebecca Kudloo
Rebecca Kudloo donne une présentation lors d'une conférence.

La présidente de l'organisme national pour femmes inuit Pauktuutit, lors d'un panel de l'Enquête nationale sur les filles et les femmes autochtones disparues et assassinées, le 16 janvier 2020.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Manque de ressources pour le traitement des dépendances

Le rapport indique qu’il faut se pencher sur des déterminants sociaux de la santé, comme la pénurie de logements et l’insécurité alimentaire, pour mieux comprendre les facteurs qui ont une incidence sur le SAF.

Jointe à Baker Lake, Rebecca Kudloo insiste aussi sur l’importance de privilégier une approche holistique et d’encourager des services qui sont à la fois fondés sur les traumatismes et culturellement appropriés pour les Inuit.

Au Nunavut, le rapport cite le cas du Centre de ressources Piruqatigiit d’Iqaluit qui pilote des programmes destinés à des enfants et des adolescents pensant souffrir du SAF et à leurs parents.

Rebecca Kudloo rappelle toutefois que les communautés nordiques souffrent d’un manque de services de guérison et de traitements des dépendances.

Le Nunavut ne dispose pas d’établissement destiné au traitement des traumatismes et des dépendances. La construction d’un tel établissement se concrétise à Iqaluit, depuis la signature d’une entente de contribution qui a donné le feu vert au projet, mais l’échéancier demeure toujours incertain.

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