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Les drapeaux seront levés lorsque les Autochtones le voudront, dit Trudeau

Le drapeau à mi-mât aperçu de loin, au sommet de la tour de la Paix.

Le drapeau canadien est en berne sur la tour de la Paix, à Ottawa, depuis la découverte des restes de 215 enfants près du terrain d'un ancien pensionnat pour Autochtones à Kamloops, en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Les drapeaux canadiens resteront en berne tant et aussi longtemps que le gouvernement fédéral n'aura pas eu l'aval des communautés autochtones pour les remonter, a déclaré Justin Trudeau.

Depuis plus de trois mois, l'unifolié flotte à mi-mât au-dessus des édifices fédéraux pour honorer la mémoire des disparus et des survivants des pensionnats pour Autochtones.

La décision, dont M. Trudeau est l'instigateur, a été prise le 30 mai dernier dans la foulée de la découverte de 215 restes d'enfants près du terrain d'un ancien pensionnat de Kamloops. Des centaines d'autres sépultures anonymes sont venues s'ajouter au bilan après que des fouilles eurent été menées en Colombie-Britannique et en Saskatchewan cet été.

Au moment de déclencher les élections, le chef libéral n'avait pas demandé la levée des drapeaux. Et il n'a pas l'intention de le faire sans avoir obtenu l'accord des Premières Nations, a-t-il affirmé vendredi.

Quand on a décidé de mettre ces drapeaux en berne, on s'est engagé à ne pas les relever avant d'avoir suffisamment travaillé avec les communautés et le leadership autochtones [et déterminé] qu'il était temps de les relever, a-t-il résumé lors d'un point de presse à Hamilton.

En tant que premier ministre, M. Trudeau disposait d'un pouvoir discrétionnaire lui permettant d'ordonner la mise en berne des drapeaux dans des circonstances exceptionnelles. En vertu des règles fédérales, il lui incombe de déterminer le moment où les drapeaux retrouveront leur place initiale.

Les Canadiens ont vu, avec horreur, ces tombes anonymes et réalisé que ce qui est arrivé des dizaines d'années auparavant ne fait pas partie de notre passé, mais est irréfutablement lié au présent, a soutenu M. Trudeau, qui a réitéré son engagement dans la voie de la réconciliation.

Le chef libéral entend ainsi se distinguer de son adversaire Erin O'Toole qui a exprimé en début de campagne sa volonté de voir les drapeaux flotter à nouveau au sommet des mâts.

« Contrairement à O'Toole qui va le faire lorsqu'il en aura envie, je vais continuer de faire en sorte que la réconciliation avec les peuples autochtones soit entre les mains des peuples autochtones. »

— Une citation de  Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

En plein débat, la veille, M. Trudeau avait reproché au chef conservateur de se prétendre à l'écoute des Autochtones, mais de vouloir prendre des décisions sans les consulter. Mettre les drapeaux en berne est un geste important et symbolique, et il ne coûte pas un sou, lui a-t-il fait remarquer.

M. Trudeau fait des promesses, ne les tient pas, et lorsque des gens se sont opposés à lui, il s'est moqué d'eux. Ce n'est pas de la réconciliation, a répliqué le chef conservateur.

S'il est élu à la tête du Canada, Erin O'Toole s'engage à relever les drapeaux le 30 septembre, à l'occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Il en va, selon lui, d'une question de fierté nationale, nécessaire pour améliorer le pays.

Le Parti conservateur s'est engagé à mettre en oeuvre les appels à l'action du rapport de la Commission de vérité et réconciliation et d'ériger un monument national à Ottawa en mémoire des victimes des pensionnats pour Autochtones.

D'après un article d'Olivia Stefanovich, de CBC News

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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