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Scott Moe : un soutien silencieux pour Erin O’Toole

Scott Moe salue de la main la foule en octobre 2019.

La popularité du premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, pourrait servir les conservateurs lors de cette campagne fédérale. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

Émeline Riffenach

La Saskatchewan fait figure de province porte-étendard des conservateurs, et, pourtant, le premier ministre provincial Scott Moe est relativement absent de cette campagne fédérale. Un silence qui peut s’expliquer de plusieurs manières.

Avec 14 députés sortants conservateurs, la Saskatchewan affiche du bleu pour la totalité de ses circonscriptions depuis le scrutin de 2019. Le Parti saskatchewanais de Scott Moe est d’ailleurs assimilé aux idées conservatrices, comme le souligne le professeur d'histoire émérite à l'Université de Regina Stephen Kenny.

Le Parti saskatchewanais et le Parti conservateur du Canada sont au diapason. Leurs approches, leurs valeurs, sont très semblables, estime l'expert.

Alors pourquoi Scott Moe et son parti provincial ne s’expriment-ils pas davantage pour soutenir le parti d’Erin O’Toole durant cette campagne fédérale?

Le Parti saskatchewanais affirme n'être affilié à aucun parti fédéral, même si ses députés sont libres de soutenir des candidats à titre personnel, confirme par courriel le directeur général du Parti saskatchewanais, Patrick Bundrock.

C'est effectivement ce qu'a fait le ministre de l'Enseignement supérieur, Gene Makowsky, aperçu en train de faire du porte-à-porte avec le candidat conservateur de la circonscription de Regina-Lewvan, Warren Steinley, avant même le début de la campagne officielle.

Une pancarte électorale du candidat conservateur Warren Steinley dans la circonscription de Regina-Lewvan.

Une pancarte électorale du candidat conservateur Warren Steinley dans la circonscription de Regina-Lewvan, en Saskatchewan, lors des élections fédérales de 2021

Photo : Radio-Canada / Rob Kruk

Si la neutralité domine au sein du Parti saskatchewanais, c'est aussi le cas chez les néo-démocrates de la province. La chef de cabinet du caucus du NPD en Saskatchewan, Katherine Norton, a confirmé qu'il n'y a aucune politique officielle sur la façon dont les députés interagissent avec la campagne électorale fédérale.

Un rapport du NPD de la Saskatchewan a montré qu’après la dernière élection provinciale être vu comme un parti qui est proche du parti fédéral n’aidait pas beaucoup. Ce qui explique peut-être le peu d’action commune entre les néo-démocrates au niveau provincial et au niveau fédéral, analyse l’expert en sondages et auteur du site politique The Writ, Éric Grenier.

Selon les libéraux de Justin Trudeau, la question d’un soutien local ne se pose pas en Saskatchewan, puisque l’Assemblée législative ne compte aucun libéral parmi les députés élus.

Scott Moe demeure un atout de poids

Les experts et les analystes politiques s’accordent à dire que Scott Moe jouit d’un taux de popularité élevé en Saskatchewan.

Il faut dire qu’il est très populaire. Il fait partie du club des 60 % de taux d'approbation [pour son élection en tant que premier ministre provincial] et d'après les derniers sondages, 57 % des électeurs en Saskatchewan voteraient pour le Parti saskatchewanais contre 31 % pour le néo-démocrate, analyse Stephen Kenny.

Pour les conservateurs, c’est mieux si Scott Moe reste en Saskatchewan et que ses positions n’influencent pas la campagne dans le reste du pays.

Une citation de :Éric Grenier, expert en sondages et auteur du site politique The Writ

Même si Scott Moe est un atout pour les conservateurs, il l’est d’abord en restant dans sa province, pense pour sa part Éric Grenier.

Pour le Parti conservateur, ça n’aide pas beaucoup d’avoir Scott Moe dans cette campagne électorale, parce que, même s’il est toujours populaire en Saskatchewan, ses positions ne sont pas populaires en Ontario et dans quelques autres régions du pays où le Parti conservateur veut attirer les gens qui sont plus au centre [sur l’échiquier politique]. Et je pense qu’en Saskatchewan les conservateurs sont en très bonne position pour gagner les 14 sièges à nouveau, et si ce n’est pas la totalité, au moins une douzaine, observe Éric Grenier.

Un silence théorique

Le silence du Parti saskatchewanais et de son leader, Scott Moe, ne serait que théorique, selon Stephne Kenny.

On poursuit l’illusion que ce qui arrive au fédéral n’a rien à voir avec ce qui arrive en province. Mais ces deux partis ne sont pas dans des silos, isolés l’un de l’autre. Il faut accepter que la ressemblance du discours entre le Parti saskatchewanais et conservateur est traditionnelle, analyse Stephen Kenny.

Selon l’expert en politique Éric Grenier, l’absence de Scott Moe ou de ses partisans sur le terrain serait liée à une stratégie à plus long terme.

Même dans le reste du pays, on ne voit pas souvent les conservateurs au niveau provincial qui font du porte-à-porte avec les conservateurs fédéraux. Peut-être est-ce simplement parce qu'ils veulent rester un peu neutres selon qui sera le premier ministre. Si c'est Justin Trudeau, pour quelques députés provinciaux il est peut-être mieux d'être vu comme un peu objectif et pas forcément dans la mêlée.

Le silence du Parti saskatchewanais surprend quelque peu le professeur associé et directeur de l'École supérieure de politique publique Johnson-Shoyama, à Regina, Jim Farney.

Il pense que l’absence de soutien public de la part de Scott Moe et de son parti durant cette campagne est quelque peu inhabituelle.

Même si, dit-il, la position de Scott Moe dans cette campagne est à l'image de celle des premiers ministres conservateurs en Alberta et en Ontario, qui restent aussi relativement silencieux.

Un soutien politique réel

Même si Scott Moe ne soutient pas officiellement le parti d’Erin O’Toole, sa popularité pourrait néanmoins influencer le vote des Saskatchewanais le 20 septembre.

L’électorat en Saskatchewan doit décider s’il peut suivre M. Moe. Il n’a pas endossé officiellement la campagne de M. O’Toole, mais on a remarqué qu’il s’en prenait sérieusement à Justin Trudeau sur le sujet de l’imagerie à résonance magnétique. [...] Un sujet où Scott Moe a saisi l’occasion de dire que les conservateurs ont tout de même un programme très acceptable et que M. O’Toole ferait un bon premier ministre, précise Stephen Kenny.

Finalement, tout le monde reconnaît que Scott Moe soutient la candidature d’Erin O’Toole, même si ce n'est pas officiel, ajoute l'expert.

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