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Décès de piétons : une enquête publique thématique demandée à la coroner en chef

Gros plan sur une pancarte d'arrêt d'un autobus scolaire déployée.

L'adolescent de 13 ans a été happé par un autobus scolaire il y a deux ans à Sainte-Agathe-des-Monts (archives).

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Une enquête publique thématique est demandée sur les décès de piétons par l'organisme Piétons Québec et les parents de Jules Boutin, cet adolescent happé à mort par un autobus scolaire il y a deux ans à Sainte-Agathe-des-Monts, dans les Laurentides.

La demande d'enquête publique a été envoyée à la coroner en chef du Québec.

L'organisme Piétons Québec a fait cette sortie au lendemain de la diffusion du rapport de la coroner Julie Blondin sur le décès de Jules Boutin, un adolescent de 13 ans, qui a été heurté par un autobus scolaire à la sortie des classes, alors qu'il traversait une intersection près de son école, en empruntant la traverse de piétons.

Dans son rapport, la coroner Blondin conclut qu'elle ne peut établir précisément où Jules Boutin a été frappé ni ce qui s'est réellement passé, malgré l'enquête policière et la reconstitution de la scène de l'accident. Elle soulève tout au plus la possibilité d'une distraction de la conductrice de l'autobus, qui a déclaré aux policiers qu'elle n'a pas vu Jules Boutin cette journée-là.

La coroner tranche néanmoins que sa mort était évitable et recommande l'ajout d'équipements spécialisés pour les autobus scolaires comme des caméras 360 degrés et des systèmes de freins d'urgence automatiques, afin de pallier toute défaillance humaine.

Piétons Québec et les parents demandent plus

Ce n'est pas assez, tranche la directrice de Piétons Québec, Sandrine Cabana-Degani, qui juge qu'il y a une banalisation des décès de piétons : en tant que société, nous avons malheureusement accepté que les décès des piétons sur les routes fassent partie des règles du jeu, alors que c'est inacceptable.

Seule une enquête publique thématique peut faire la lumière sur ce qui doit être fait pour éviter que de tels drames se reproduisent, estime-t-elle.

Cette demande est appuyée par les parents de Jules Boutin.

Dans cette histoire, ce sont les adultes et la société qui n'ont pas protégé mon fils. Il respectait le Code de la sécurité routière. Il aurait dû traverser en jouissant d'une certaine protection tant dans l'aménagement que dans le comportement des conducteurs. Je croyais qu'il avait ce droit. Je me rends compte que rien ne le protégeait, déplore Pierre Boutin, le père de l'adolescent.

Sa mère, Catherine Ricard, refuse que sa mort soit traitée comme un fait divers.

La mort de dizaines de piétons chaque année ne sont pas des faits divers. C'est le résultat de décisions que l'on prend, ou que l'on ne prend pas, collectivement.

Enfin, les parents demandent aux décideurs concernés d'appliquer à la lettre les recommandations de la coroner et de fournir des réponses aux questions qu'elle soulève dans son rapport.

Une telle enquête publique serait une première au Québec, dit Mme Cabana-Degani, qui attend des nouvelles de la coroner en chef, qui a le pouvoir de la déclencher.

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