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Au moins deux autres conseils scolaires ont travaillé avec Suzy Kies

Suzy Kies était coprésidente de la Commission autochtone du Parti libéral du Canada.

Suzy Kies a démissionné de son poste de coprésidente de la Commission autochtone du Parti libéral du Canada.

Photo : crestwood.on.ca

Deux autres conseils scolaires francophones de l’Ontario confirment avoir déjà collaboré avec Suzy Kies, qui est au cœur d’une controverse sur sa fausse identité autochtone et sa participation au projet de brûler des livres dans des écoles ontariennes.

Viamonde et MonAvenir, deux conseils scolaires du Centre et du Sud de l'Ontario, ont confirmé à Radio-Canada qu'ils avaient déjà collaboré avec Suzy Kies pour la tenue d'ateliers.

Nous avions collaboré avec Mme Kies il y a plusieurs années de manière ponctuelle, explique une porte-parole de Viamonde, qui précise que sa dernière collaboration avec Mme Kies remonte à mai 2021.

Nous l’avions sollicitée sur différents ateliers virtuels portant par exemple sur l’activité de perlage en lien avec l’apprentissage des mathématiques au palier élémentaire, les traités de reconnaissance des territoires des peuples autochtones au palier secondaire, ou encore un atelier dans le cadre de la formation d’insertion professionnelle du nouveau personnel enseignant.

Une citation de :Julie Vanghelder, directrice des communications et du marketing, Viamonde

Le Conseil scolaire catholique (CSC) MonAvenir a lui aussi déjà retenu les services de Mme Kies par le passé lors d’animation d’ateliers pour les élèves. Mme Kies a aussi siégé en tant que membre du comité aviseur autochtone de notre conseil scolaire, note le service des communications corporatives du Conseil scolaire.

À la lumière des nouvelles informations circulant mettant en doute son héritage autochtone, le CSC MonAvenir a mis en suspens toute collaboration avec Mme Kies jusqu’à nouvel ordre. Il n’est pas prévu de la solliciter pour cette nouvelle année scolaire, soutient de son côté le Conseil scolaire Viamonde.

Le Conseil scolaire de district catholique des Aurores boréales (CSDCAB), le Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO), le Conseil scolaire catholique Nouvelon ont tous affirmé n’avoir jamais sollicité les services de Mme Kies.

Au moment de publier ce texte, les autres conseils scolaires francophones de l’Ontario n’avaient pas répondu à Radio-Canada concernant une possible collaboration avec Mme Kies.

Mme Kies a accompagné le Conseil scolaire catholique Providence dans la destruction controversée de 5000 livres jugés néfastes aux Autochtones. Elle offre également, depuis plusieurs années, des formations aux écoles à travers l’Ontario.

Radio-Canada révélait mercredi que celle qui se présente comme une gardienne du savoir autochtonen'est pas une Autochtone. Elle n'a pas de statut d'Indien en vertu de la loi, ne figure pas dans les registres des conseils de bande abénakis dont elle se réclame et on ne lui trouve aucun ancêtre autochtone sur sept générations, jusqu'à au moins l'année 1780.

Suzy Kies a pour sa part décliné une demande d'entrevue de Radio-Canada sur ces questions, expliquant dans un courriel qu'elle préférerait parler de l’importance de combattre la discrimination au Canada et de suivre les recommandations de la Commission de vérité et réconciliation plutôt que de mettre l'accent sur sa personne.

Pas de livres brûlés ailleurs

À la suite de la controverse, le Conseil scolaire Providence a annoncé la révision de son processus de retrait d'ouvrages jeunesse jugés néfastes aux Autochtones et la mise sur pause de son projet de cérémonies pour brûler les livres.

Radio-Canada a contacté les autres conseils scolaires francophones de la province cette semaine pour les questionner au sujet de leur propre processus de sélection des livres et ressources scolaires afin de demander s’ils avaient également retiré certains ouvrages.

Tous les conseils scolaires francophones ontariens auxquels Radio-Canada a pu parler (Viamonde, MonAvenir, le CSDCAB, le CEPEO, le CECCE et le Conseil scolaire catholique Nouvelon) ont précisé renouveler régulièrement leurs ressources pédagogiques.

Périodiquement, des ressources sont ajoutées, tandis que d'autres, dont le contenu ne correspond pas à nos valeurs (exemples : ouvrages qui véhiculent des clichés et stéréotypes ou qui ont un langage colonisé) sont retirées.

Une citation de :L'équipe du Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario

Si le processus de sélection des ouvrages autorisés varie d’un conseil à l’autre, aucun de ces conseils n'a procédé à un quelconque autodafé, tous parlent plutôt de livres entreposés ou recyclés.

Régulièrement, les bibliotechniciennes évaluent les livres à retirer des tablettes, explique Audrey Debruyne, directrice adjointe du Service des communications du CSDCAB, précisant que le Conseil n’a pas de processus pour proscrire des livres jugés offensants.

Les ressources considérées offensantes, problématiques ou ne reflétant pas nos valeurs sont évaluées individuellement, rapporte pour sa part un porte-parole du Conseil scolaire catholique Nouvelon, sans préciser le processus derrière ces décisions.

MonAvenir dit s’appuyer sur les programmes-cadres révisés en études sociales publiés par le ministère de l’Éducation en 2018, et avoir entamé des réflexions et l’élaboration d’un processus d’examen des ressources utilisées.

Le CECCE dit lui aussi procéder au développement d’un guide qui saura définir des critères et le processus qui permettront au personnel scolaire de revoir l'utilisation de certains livres ou textes afin d’assurer la légitimité des thèmes et des propos évoqués.

Enfin, le Conseil Viamonde explique de son côté que l’équipe pédagogique, en collaboration avec l’équipe des écoles sécuritaires et bienveillantes, a constitué une fiche de vérification et accompagné les bibliotechniciens et bibliotechniciennes dans ce processus [de sélection des livres appropriés] par des formations. Sa porte-parole Julie Vanghelder ajoute que le Conseil utilise également des bases de données spécialisées pour appuyer le personnel des écoles dans le choix des livres.

Avec des informations recueillies par Michel Bolduc

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