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Émotions, inclusivité : Life is Strange: True Colors donne le ton

Un dessin d'une femme portant un casque d'écoute autour de son cou et qui tend sa main droite vers l'écran.

«Life is Strange: True Colors» propose d'incarner une jeune femme dotée du pouvoir de ressentir les sentiments des autres.

Photo : Deck Nine Games

Agence France-Presse

Nouveau studio, nouvelle héroïne, mais toujours le même attrait pour les récits poignants : la série de jeux vidéo Life is Strange revient dans un nouvel opus qui fait toujours la part belle aux personnages LGBTQ+.

Sous-titré True Colors, ce jeu narratif propose d'incarner une jeune femme, dotée du pouvoir de ressentir les sentiments des autres, qui enquête sur la mort de son frère dans une petite bourgade du Colorado.

Au gré de l'histoire et de leurs choix, les joueurs et joueuses pourront lier des amitiés et développer une romance avec plusieurs protagonistes, quel que soit leur sexe.

« Nous avions vraiment à coeur de continuer à mettre en avant des personnages homosexuels dans Life is Strange », explique Jon Zimmerman, directeur narratif de Deck Nine Games, le studio derrière cet épisode.

Se sentir représentée, c'est important

Lancé en 2015 par le studio français DontNod, le premier Life is Strange s'est vendu à plus de trois millions d'exemplaires. Salué par la critique, le jeu impressionne par sa sensibilité et sa représentation crédible de personnages LGBTQ+.

« Pour moi, Life is Strange a marqué un tournant », témoigne Mai Torras, développeuse dans un studio à Buenos Aires et fan de la série. « En 2015, je n'avais pas encore fait mon coming out. Le jeu m'a permis de réaliser beaucoup de choses me concernant. Se sentir représentée, c'est important. »

La suite du titre est sortie en 2018.

Pour Life is Strange: True Colors, l'éditeur japonais Square Enix a confié la licence aux Américains de Deck Nine Games. Le studio était déjà derrière Before The Storm, un antépisode au jeu original sorti en 2017.

Aborder ces sujets, c'est l'une des choses les plus difficiles à faire, confie Jon Zimmerman, car ça peut être lié à un traumatisme ou une douleur.

Longtemps cantonnés aux jeux indépendants, les personnages LGBTQ+ apparaissent de plus en plus dans les grosses productions, à l'instar d'Ellie dans The Last of Us: Part II, l'un des jeux à succès de l'année 2020.

Le personnage Ellie du jeu vidéo The Last of Us.

Le personnage d'Ellie dans «The Last of Us», sorti en 2013.

Photo : Associated Press / Naughty Dog/Sony Computer Entertainment America

Mais tous n'ont pas aussi bien réussi : en 2018, Ubisoft offrait aux joueurs et joueuses la possibilité d'une relation homosexuelle dans le dernier épisode en date de sa série phare : Assassin's Creed Odyssey. Un choix finalement annulé par le scénario au profit d'une relation hétérosexuelle. Face à la polémique, le directeur créatif avait dû présenter ses excuses.

Je pense qu'il y a de plus en plus de créateurs et créatrices de jeux vidéo qui se rendent compte qu'ils ont un effet sur la société et qu'il est nécessaire de représenter [celle-ci] telle qu'elle est, analyse Elizabeth Maler, co-autrice de A Normal Lost Phone, un jeu français publié en 2017 qui aborde le thème de la transidentité.

Industrie très sexiste

Pour autant, cette volonté d'ouverture se heurte aussi à la réticence de quelques adeptes du vidéoludique. Je ne joue pas aux jeux vidéo pour qu'on m'inflige l'idéologie des autres, peut-on par exemple lire sur la page de commentaires consacrée à Life is Strange: True Colours sur Steam, une plateforme de vente en ligne de jeux vidéo.

Ça peut être risqué de parler de ces sujets-là dans les jeux, témoigne Elizabeth Maler. Il y a des personnes qui vont détester ça et qui vont mettre des notes négatives. Sauf que les notes sur Steam, c'est le nerf de la guerre, ça va complètement influencer les algorithmes et notre visibilité.

Et si de nombreux studios tentent d'inclure davantage de diversité dans leurs jeux, cette dernière ne se retrouve pas forcément au sein des équipes de développement. 

On reste dans une industrie qui est très sexiste, qui peut être raciste, validiste (personnes qui font du handicap une infériorité), déplore Elizabeth Maler, qui a fondé en 2019 Abiding Bridge, une petite maison d'édition de jeux vidéo qui soutient la création indépendante.

Reste qu'avec ce nouvel épisode, Deck Nine Games veut continuer à creuser le sillon de la représentativité. J'aime cette idée d'être à l'avant-garde de ce que peuvent proposer les jeux, et voir comment les joueurs et joueuses réagissent, se réjouit Jon Zimmerman.

Bande-son pop folk, graphismes aux tons pastels, rythme apaisé, cet opus se suit comme une bonne série, suivant les traces de ses prédécesseurs. Un univers qui va se prolonger au-delà des jeux vidéo puisque Life is Strange devrait bientôt être adapté en série télévisée.

Life is Strange: True Colors est offert sur PC, PS4/PS5, Xbox One/Series, Stadia, et sera lancé fin 2021 sur la Nintendo Switch.

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