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Apple doit davantage ouvrir la porte à la concurrence, dit la justice américaine

Le logo d'Apple affiché sur un téléphone, qui est déposé sur un clavier d'ordinateur dont l'écran affiche le logo d'Epic Games.

Epic Games, comme de nombreux autres petits et grands éditeurs d'applications mobiles, accuse Apple d'abuser de sa position dominante.

Photo : afp via getty images / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Agence France-Presse

Une juge américaine a infligé un revers important à Apple sur le terrain de l'économie mobile face à Epic Games, mais l'a aussi blanchi des accusations de monopole, une bonne nouvelle pour le géant des technologies accusé de toutes parts d'infractions au droit de la concurrence.

Apple ne peut plus imposer aux éditeurs d'utiliser son système de paiement au sein de leurs applications, et donc de payer une commission, a décidé vendredi Yvonne Rogers, la juge d'Oakland (Californie) chargée du contentieux avec le développeur.

La magistrate a en revanche estimé que le fabricant de l'iPhone n'était pas en situation de monopole illégal, ce que soutenait l'éditeur du jeu Fortnite, qui a annoncé son intention de faire appel.

Apple ne détient pas de monopole sur le marché des transactions dans les jeux mobiles, a tranché la juge.

La Cour a déterminé qu'Apple jouit d'une part de marché considérable, supérieure à 55 %, et des marges de profit extraordinairement élevées, [mais il n'y a pas] d'infraction au droit de la concurrence. Le succès n'est pas illégal.

Une citation de :La juge Yvonne Rogers

Selon la juge, les innovations et la croissance de l'écosystème iOS, le système d'exploitation mobile d'Apple, ont bénéficié à tous, au géant à la pomme comme aux développeurs comme Epic Games.

En revanche, Apple est anticoncurrentiel quand il empêche les développeurs de rediriger les consommateurs vers leurs propres sites web et moyens de paiement, a-t-elle ajouté.

Epic Games, comme de nombreux autres petits et grands éditeurs d'applications mobiles, accuse Apple d'abuser de sa position dominante en prélevant des commissions trop élevées, et en leur imposant l'App Store comme passage obligé des consommateurs pour télécharger des applications et payer des biens et services numériques sur ces applis.

Les deux sociétés s'affrontent depuis un an, quand Epic a rompu son contrat avec Apple. Sa mise à jour de Fortnite offrait aux joueurs un moyen de contourner le système de paiement de l'App Store, et ainsi d'échapper au prélèvement automatique d'une commission de 30 % sur tous leurs achats dans le jeu.

Apple a gagné en n'étant pas considérée comme un monopole, mais Epic a gagné le droit de diriger les joueurs vers l'Epic Store [son propre magasin, NDLR] comme autre moyen de paiement. Au final : Epic a gagné, a tweeté Michael Pachter, analyste du cabinet Wedbush.

Des personnages de « Fortnite » observent un paysage du haut d'une colline.

« Fortnite » compte parmi les jeux les plus populaires du monde.

Photo : Epic Games

Continuer à se battre

Mais Tim Sweeney, le patron d'Epic, ne crie pas victoire. Il a promis de continuer à se battre pour une concurrence équitable entre les méthodes de paiement au sein des applis et entre les magasins d'applis.

Fortnite reviendra sur l'App Store d'iOS quand Epic pourra proposer son système de paiement dans l'appli en concurrence avec celui d'Apple, en faisant bénéficier les consommateurs des économies ainsi réalisées, a-t-il tweeté.

Le jeu ne semble donc pas près de revenir sur les iPhone et iPad.

Kate Adams, avocate d'Apple, considère cette décision comme une immense victoire pour Apple, une validation du modèle économique de l'App Store, a-t-elle indiqué lors d'une rencontre avec la presse.

La cour a trouvé qu'Apple n'était un monopole ni selon les lois fédérales ni selon les lois des États, a-t-elle insisté.

La firme a de quoi se réjouir, quand les poursuites pour abus de position dominante se multiplient contre ses voisins Google et Facebook de la part des autorités américaines et dans le monde.

Saisie d'une plainte de Spotify, la Commission européenne, par exemple, a estimé en avril que le groupe à la pomme a bien faussé la concurrence pour évincer ses rivaux.

Déception

Le verdict californien a d'ailleurs déçu deux élus démocrates qui mènent une bataille contre le pouvoir surdimensionné de la Silicon Valley.

C'est une preuve de plus que le Congrès doit mettre en place des règles du jeu qui assurent une concurrence libre et équitable en ligne, ont réagi Jerrold Nadler et David Cicilline, dans un communiqué.

Je pense que c'est bien une victoire pour Apple, a noté l'analyste Carolina Milanesi de Creative Strategies, et je ne crois pas que cela influera sur leurs revenus.

Dans l'attente de ce verdict depuis le procès en mai, Apple venait déjà de faire une série de concessions aux développeurs, notamment en assouplissant des règles sur l'accès aux moyens de paiement en dehors de l'App Store, pour mettre fin à des poursuites de petites entreprises qui conçoivent des applications.

Le groupe dit n'avoir pas encore décidé s'il ferait appel ou non.

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