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L’élection fédérale va-t-elle déplacer les foules?

Des personnes font la queue devant l'entrée d'un bâtiment sur laquelle est collée une affiche jaune indiquant Bureau de vote par anticipation.

Dès l'ouverture des bureaux de vote par anticipation vendredi, des électeurs se sont rendus sur place pour remplir leur bulletin.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

De scrutin en scrutin, le taux de participation aux élections fédérales est en augmentation au Québec. Néanmoins, celle à venir ne remporte pas l’adhésion de la population et elle se déroulera en temps de pandémie. Alors, à quoi s’attendre?

Je suis toujours mal à l’aise pour répondre à cette question. Des résultats électoraux, c’est plus difficile à prédire que la météo. À chaque élection, tous les sondeurs nous expliquent pourquoi ils se trompent et pourquoi, en fait, ils ne se sont pas trompés, confie Francis Dupuis-Déry.

Pourtant, ce professeur au Département science politique de l’UQAM ne serait pas étonné de voir une abstention plus importante qu’en 2019.

Les gens ont bien perçu que la décision de Justin Trudeau de se lancer en campagne électorale était basée sur des réflexions très stratégiques et plutôt égoïstes. Certains considèrent que cette élection est inutile. Et puis, il y a la COVID. Ils sont préoccupés par autre chose.

L'incidence limitée de la pandémie

Louis Massicotte reconnaît que l’influence du contexte sanitaire sur le nombre de votants est la grande inconnue du rendez-vous électoral du 20 septembre. De là à observer un effondrement massif, le professeur retraité de l’Université Laval n’y croit pas.

Depuis mars 2020, trois élections provinciales se sont tenues. À chaque fois, le taux de participation n’a que légèrement fluctué : -1 % au Nouveau-Brunswick, -5 % en Saskatchewan et +3 % en Nouvelle-Écosse.

Si la participation baisse de façon importante, on ne pourra pas blâmer la pandémie pour ce résultat regrettable.

Selon Louis Massicotte, certains facteurs sont au contraire réunis pour générer une forte participation, notamment dans les régions Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches. La tradition, tout d’abord.

La grande région de Québec vote plus que le reste de la province. Par circonscription, ça varie entre 66 et 76 % à la dernière élection; 67 % est le chiffre pour l’ensemble du Québec.

Les luttes serrées qui se profilent risquent aussi d’avoir une incidence sur l’intérêt des électeurs.

Les trois principaux partis ont des chances décentes de décrocher des sièges dans la région. Lorsque le résultat d’une élection n’est pas gagné d’avance, c’est un incitatif pour que les gens se rendent aux urnes, affirme l’universitaire à la retraite.

La bonne période

Francis Dupuis-Déry, lui, souligne que sur le calendrier, le moment de la rentrée est bien choisi. L’été est très peu propice au débat et à la mobilisation politique. Autant d’éléments qui motiveraient les Québécois à accomplir leur devoir de citoyen.

D’autres points restent en suspens. Le vote des jeunes, et plus particulièrement des étudiants, en est un. Habituellement, les jeunes générations votent moins que celles qui les ont précédées.

De plus, cette année, et contrairement à ce qui a été instauré en 2015, puis en 2019, Élections Canada n’installera aucun bureau de vote sur les campus. Et ce, pour des raisons logistiques.

Un passant marche sur un trottoir. Dans le carré de pelouse à côté de lui est plantée une affiche jaune sur laquelle est marquée Élections Canada Vote.

Difficile de prédire si les électeurs bouderont les isoloirs ou s'ils s'y précipiteront en vue du scrutin du 20 septembre.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

La pandémie et le déclenchement rapide des élections ont rendu trop difficile la planification nécessaire. L’Association des étudiantes et étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (l’AELIÉS) comprend le choix de l’organisme.

La sécurité des étudiantes et des étudiants est la priorité. Considérant la situation, nous acceptons la décision d'Élections Canada, même si cette dernière ne facilite pas le vote pour la communauté étudiante, déclare Louis-Xavier Lamy, le secrétaire exécutif de l’organisme.

L'association espère que les bureaux de vote seront de retour sur les campus universitaires après la pandémie. En attendant, nous allons faire sortir le vote de nos membres en leur présentant les enjeux qui sont importants pour eux et elles, ajoute Louis-Xavier Lamy.

La campagne n'est pas finie

De son côté, la Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval (la CADEUL) déplore la résolution d’Élections Canada.

Le programme a permis à un très grand nombre d'étudiantes et d'étudiants de faire entendre leur voix lors des deux dernières élections. Il est donc malheureux de voir ce programme qui permet à la jeunesse de s'exprimer être suspendu, réagit Cyndelle Gagnon, la présidente.

La CADEUL aurait préféré qu'Élections Canada mette le temps et l'énergie nécessaire dans la mise en place de ces bureaux.

Une personne de dos s'apprête à rentrer dans un bâtiment. Les portes sont ouvertes. Sur l'une d'elles, une affiche Bureau de vote par anticipation est collée dessus.

Le vote par anticipation a commencé vendredi. Il est possible d'en bénéficier jusqu'à lundi inclus.

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

Les raisons qui poussent les électeurs à glisser leur bulletin dans l’urne dépendent enfin de la campagne. D’emblée, Louis Massicotte met en avant que celle-ci n’est pas terminée. Des rebondissements sont encore possibles.

Mais d'ores et déjà, un fait l’interpelle : la colère un peu hargneuse qui a été manifestée par certaines personnes, notamment à l’égard du premier ministre sortant.

Fin août, le Parti libéral du Canada a été forcé d'annuler un événement prévu à Bolton, en Ontario, en raison de la présence d'une centaine de manifestants agressifs opposés en grande partie à la vaccination et aux mesures sanitaires.

On n’est pas habitué à voir ça. Ça m'inquiète dans le sens où ce sont les signes prémonitoires d’une certaine polarisation politique qui était pour le moment beaucoup moins préoccupante chez nous que chez nos voisins américains, commente Louis Massicotte.

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