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Élections : ce que les Franco-Ontariens souhaitent

Portrait assemblé de 6 personnes.

La défense de l'environnement, l'emploi et le coût de la vie font partie des priorités des Franco-Ontariens interrogés.

Photo : Radio-Canada / Camile Gauthier

Quels enjeux électoraux sont les plus importants pour les Franco-Ontariens? Des résidents de la province répondent à la question.

Nima Tak, enseignant de français à Toronto, résident de North York

Portrait de Nima Tak.

Nima Tak souhaite que la francophonie hors du Québec soit mieux prise en compte.

Photo : Photo soumise par Nima Tak

Pour Nima Tak, deux thèmes ressortent particulièrement. Forcément, en tant que prof de français, je pense que la francophonie reste quand même un enjeu ici en Ontario, présente-t-il d’abord, en rappelant le fait que les candidats ont peu abordé la question pour les populations hors du Québec.

Mais c’est surtout l’augmentation du coût de la vie, ressentie par tout le monde, qui préoccupe le quinquagénaire. On a été confinés, on a été déconfinés, on a découvert que les prix ont augmenté. Je comprends qu'il y a un contrecoup [à la pandémie], mais on est en train de le subir sans le savoir.

Pour y remédier, M. Tak propose de développer les prestations sociales, notamment la création d’une aide publique aux loyers, comme on en trouve en France, pays où l’homme originaire d’Iran a aussi vécu.

Il met aussi en avant l’importance de la politique étrangère, particulièrement la relation du Canada au sein du G7 et avec l’administration Biden.

Que compte faire le Canada avec la nouvelle administration? Les échanges de politesse, c'est bien, mais la politique, elle, n'a pas été déterminée, à mon sens.

Lianne Doucet, accompagnatrice en développement personnel, circonscription Toronto-Danforth

Lianne Doucet sourit devant l'objectif.

Lianne Doucet.

Photo : Photo fournie par Lianne Doucet

Pour Lianne Doucet, deux sujets dominent.

La crise du climat doit être primordiale, commence-t-elle.

Mme Doucet met les responsables politiques en face des avertissements scientifiques répétés depuis des années. Tout ce qui touche l'environnement devrait être discuté tous les jours, chaque jour, parce que c'est vraiment au point où on ne peut pas retourner en arrière.

La mère d’une famille recomposée de six enfants s’inquiète des conditions dans lesquelles ces derniers pourront se développer.

Vient ensuite la réconciliation avec les peuples autochtones. Afin d'y arriver, suggère-t-elle, on doit appuyer à financer les langues pour les peuples autochtones. C'est très important afin de garder et regagner la culture qu'ils ont perdue à cause du génocide qu'on a perpétré sur eux.

Céleste Tshizena, diplômée en études internationales à la recherche d’un emploi, Pickering

Céleste Tshizena pose devant la caméra.

Céleste Tshizena

Photo : Photo soumise par Céleste Tshizena

La cause environnementale est aussi en tête des préoccupations chez Céleste Tshizena. Pour elle, les gouvernements doivent prendre le sujet à bras le corps, par exemple en durcissant le ton face aux pollueurs.

D’autant plus quand l’activité industrielle et minière affecte la santé des personnes, comme en Alberta : La population est vraiment polluée et l'eau est contaminée, donc le taux de cancer y est tellement élevé.

Le logement arrive aussi en tête des priorités. Il y a un sérieux problème de logement en Ontario, dit-elle.

Enfin, elle fait remarquer que le marché du travail ontarien pose problème en ce qui concerne le bilinguisme. Au fil des entretiens d’embauche qu’elle a passés pour des postes nécessitant les deux langues, 90 % de l'interview se passe en anglais avec peut-être une question, ou peut-être même pas une question qui revient en français.

Mme Tshizena pense qu’Ottawa pourrait mettre un système en place pour que les minorités francophones puissent s'en sortir.

Louise La Rue, retraitée de Kingston, auparavant directrice d’un centre de formation pour adultes

Louise La Rue sourit devant l'objectif.

Louise La Rue.

Photo : Photo soumise par Louise La Rue

Très attachée au progrès des conditions de tous, Louise La Rue dégage quatre domaines primordiaux.

D’abord, les violences faites aux femmes et aux enfants. C'est un problème grave, alors il faut que les partis politiques aient des objectifs qui vont [contribuer à] diminuer, qui vont faire cesser cette situation que je trouve totalement intolérable.

Pour relever le défi, le prochain gouvernement devra dégager des ressources suffisantes pour offrir des services efficaces et efficients. Cela passe notamment par un travail sur les logements sociaux, avance-t-elle, pour offrir une porte de sortie à certaines femmes en situation de violence conjugale.

Plus largement, l’accès au logement doit être amélioré : Il faut faire cesser l'augmentation éhontée du coût des maisons et, d'autre part, favoriser la construction de logements de plus de 3 pièces et demie où les familles peuvent vraiment vivre adéquatement.

Viennent ensuite les conditions de vie dans les foyers pour aînés, chez lesquels la pandémie a révélé les faiblesses. Il y avait une pénurie qui a contribué à la mauvaise organisation des ressources, et pas seulement dans les résidences, mais aussi dans les hôpitaux.

Enfin, Mme La Rue dit ressentir de la honte devant le manque d’infrastructures déployées pour les communautés autochtones. Ils doivent encore [...] faire bouillir leur eau dans un pays où nous avons 10 % des ressources en eau douce du monde, rappelle-t-elle.

Que nous soyons un Autochtone, un Blanc, un immigrant, un réfugié, nous avons le droit [...] d'avoir un toit sur notre tête, d'avoir à manger, d'avoir de l'eau ou d'avoir des services.

Une citation de :Louise La Rue

François Ouellette, analyste technique pour une banque, circonscription d’Etobicoke-Lakeshore

François Ouellette.

François Ouellette réside dans la circonscription d'Etobicoke-Lakeshore.

Photo : Photo soumise par François Ouellette

Quelle que soit l’issue des élections, François Ouellette estime que le vainqueur sera confronté à une situation extrêmement complexe. La dernière fois que cela a été aussi complexe, c'était peut-être pendant la Deuxième Guerre mondiale, indique le Montréalais d'origine.

Retrouver une stabilité passe d’abord par la question économie, fiscalité et emploi pour essayer de faire redémarrer l'économie.

L'aide aux petites entreprises et aux métiers traditionnels revêt une grande importance dans son esprit.

Ensuite, il faut passer aux changements climatiques, dit le sexagénaire. Il faut regarder ce qu'on fait avec l'industrie pétrolière, par exemple, et l'énergie en général, ou essayer de balancer.

Par ailleurs, la COVID-19 a révélé tout un enjeu sur les personnes âgées, selon lui, tout comme le besoin de développer les garderies pour enfants.

Rose Cathy Handy, directrice générale d'une entreprise d’intégration professionnelle des immigrants francophones, Mississauga

Rose Cathy Handy pose devant l'objectif.

Rose Cathy Handy

Photo : Photo soumise par Rose Cathy Handy

Ces mêmes garderies préoccupent particulièrement Rose Cathy Handy. Les difficultés d'accès aux places et les prix prohibitifs pèsent lourdement sur la vie personnelle et professionnelle de nombreuses femmes.

En tant qu'employeur en ce moment, je vois l’impact des questions de garderie et des enfants sur les femmes, sur l'économie, sur l’employabilité, explique-t-elle.

Son entreprise, qui cherche à pourvoir cinq postes, a trouvé les candidates idéales, mais s'est heurtée à l'impossibilité de satisfaire les besoins de celles-ci concernant leurs enfants en bas âge.

La COVID est venue rendre une situation qui était alarmante et l'a rendue catastrophique.

Une citation de :Rose Cathy Handy

D'un point de vue plus général, Mme Handy, survivante d'un cancer, souhaite que l'accès aux soins de santé soit moins privatisé. Le système actuel, qui ne rembourse qu'une partie des frais médicaux et des médicaments, pose problème, selon elle, qui a dû financer sa rééducation post-opératoire.

Soins dentaires, médicaments, on se rend compte que c'est des choses de base et que beaucoup d'enfants qui sont dans la pauvreté grandissent sans jamais y avoir accès.

Enfin, Rose Cathy Handy, Camerounaise d'origine, souhaite que le prochain gouvernement s'attelle à réduire les inégalités dans le traitement des dossiers d'immigration venant d'Afrique par rapport aux autres dans le même bassin de sélection.

Au sein de ce sujet se trouve aussi la question des réfugiés politiques. On a vu au Canada plus d'une fois là où on va chercher les réfugiés en masse [...] en Syrie, en Afghanistan actuellement, ce qui est une excellente chose. Mais on voudrait aussi voir toutes les guerres : il y a Boko Haram qui crée énormément de choses en Afrique centrale, [par exemple]. Voir aussi qu'il y a un regard porté sur ces populations qui souffrent.

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