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Débat en anglais : « La nation québécoise est attaquée », dit François Legault

Portrait de François Legault en point de presse.

François Legault, premier ministre du Québec, a réagi à la controverse liée à une question de la modératrice lors du débat en anglais des chefs fédéraux.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le premier ministre du Québec a effectué une sortie en règle contre la question posée à Yves-François Blanchet par la modératrice à l'ouverture du débat des chefs en anglais jeudi soir, estimant que « la nation québécoise est attaquée ».

François Legault devait s'exprimer au sujet de la pénurie de main-d'œuvre avec son ministre du Travail, Jean Boulet, et sa ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann, lors du point de presse clôturant le caucus présessionnel de la Coalition avenir Québec, vendredi après-midi.

L'ordre du jour du premier ministre a toutefois été chamboulé par la polémique suscitée par le dernier débat de la campagne électorale fédérale, sur lequel il a plutôt décidé de faire le point, seul.

Prétendre que de protéger le français c’est discriminatoire ou raciste, c’est ridicule, a lancé un François Legault irrité, vendredi.

Je ne m’excuserai certainement pas de défendre notre langue, nos valeurs, nos pouvoirs, c’est même mon devoir comme premier ministre du Québec.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

La nation québécoise est attaquée dans ses compétences, dans ce qu’il y a de plus important, la langue française, dans ses valeurs votées démocratiquement, appuyées par une majorité de Québécois, a-t-il ajouté. Je pense que le moins que l’on puisse s’attendre d’un premier ministre du Québec, c’est de dire : un instant là, c’est inacceptable.

M. Legault a paraphrasé une formule célèbre employée par l'ex-premier ministre Robert Bourassa, après l'échec de l'accord du lac Meech, en juin 1990 : quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse à Ottawa, le Québec est une nation, libre de protéger sa langue, ses valeurs, ses pouvoirs.

À l'origine de cette sortie : un échange tendu entre la modératrice du débat de jeudi soir, la présidente de l'Institut Angus Reid, Shachi Kurl, et le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

Mme Kurl a accusé le chef bloquiste de nier le problème de racisme au Québec, avant de lui demander pourquoi son parti soutenait la loi 21 sur la laïcité de l'État et le projet de loi 96 sur la protection du français, des lois de l'Assemblée nationale qui sont discriminatoires, selon elle.

Contrarié, le chef bloquiste a jugé, en mêlée de presse après le débat, qu’une « chaudière d’insultes » a été lancée au visage des Québécois dès la première question qui lui a été posée. Un sentiment que semble partager, du moins en partie, le premier ministre Legault.

Il a dit espérer que la Commission aux débats des chefs, qui organisait les deux débats officiels de la campagne électorale, reconnaîtra que la question de la modératrice était une erreur. C’était la modératrice en chef qui était responsable aussi de coordonner le travail de tous les journalistes, donc ce n’est pas rien ce qui est arrivé hier, a-t-il déploré.

Il a aussi dit espérer des excuses du consortium de médias qui produisait l'événement. Si le format [du débat] l’avait permis, oui, j’aurais aimé que les cinq chefs disent que la question n’avait pas de bon sens, a-t-il aussi fait savoir.

Les chefs libéral et conservateur ont tous les deux rejeté le préambule de la question, vendredi. C’est une question qui n’aurait pas dû être posée, a affirmé Justin Trudeau, en point de presse à Hamilton, qualifiant la question de très offensante.

Erin O’Toole a lui aussi fait valoir son opinion : Les Québécois ne sont pas racistes, et je rejette la prémisse de la question posée lors du débat hier soir.

Tir groupé de la classe politique québécoise

Devant la controverse suscitée jeudi soir, les chefs de partis québécois ont dénoncé de manière unanime ce qu'ils ont tous qualifié de « Québec bashing ».

L’animatrice avait vraiment un biais négatif par rapport au Québec, a déploré la cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade. C’est vraiment du Québec bashing qu’on a vu à l’œuvre au débat et ce n’est vraiment pas acceptable. Les propos qui ont été tenus n’étaient pas acceptables, le biais qu’il y avait n’était pas acceptable.

Son collègue du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a aussi dénoncé le ton des échanges concernant le Québec pendant le débat.

Ce n'était pas un débat hier, c'était un procès du Québec. C’était un festival de Québec bashing, comme on en voit toujours.

Une citation de :Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Il est toutefois allé un cran plus loin en exigeant que François Legault demande formellement des excuses au consortium qui a organisé le débat. Ce serait le strict minimum, a-t-il dit en mêlée de presse.

On demande une once de courage à François Legault. [...] Il est venu avec des mots, aucune démarche ou demande formelle, a ajouté le chef péquiste.

Le député de Québec solidaire et ancien journaliste Vincent Marissal a aussi réagi sur Twitter, dénonçant les procès d'intention du débat comme étant inacceptables.

La nonchalance de CBC doit être condamnée aussi, a-t-il écrit. Pourquoi engager des polémistes comme modératrices plutôt que des journalistes liés par leur code déontologique? Faire du Québec bashing pour des cotes d’écoute?

Il faut cependant noter que le débat en anglais, comme le débat en français présenté mercredi soir, était organisé par la Commission aux débats des chefs et diffusé par plusieurs réseaux et pas seulement CBC.

Plus tôt ce matin, certains membres du caucus de la CAQ ont aussi déploré l'incident, dont le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, qui a qualifié le débat d'extrêmement décevant.

Je pensais qu’on était rendu ailleurs en 2021. Alors, quand je suis sorti de ce débat-là, honnêtement, j’étais très déçu. Déçu de voir qu’on était encore rendu là, dans ce genre de phrase, et le manque de neutralité.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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