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Un désinfectant qui reste efficace pendant des jours

Un homme tient un pulvérisateur désinfectant dans une main.

En quelques mois, l'équipe américaine a réussi à mettre au point un désinfectant efficace pendant 7 jours à la suite d’une seule application.

Photo : iStock

Radio-Canada

Un désinfectant capable de tuer les virus présents sur une surface pendant une période pouvant aller jusqu'à sept jours a été mis au point par une équipe multidisciplinaire de scientifiques américains.

Ces experts en virologie et en ingénierie associés à l’Université de Floride centrale (UCF) estiment que leur création pourrait à terme devenir un outil de lutte de premier plan contre la propagation du SRAS-CoV-2 et d'autres virus émergents.

L’idée de créer un tel produit est née dans l’esprit de l’ingénieure des matériaux Christina Drake, de l'entreprise Kismet Technologies, après qu’elle eut vu un commis d’épicerie pulvériser du désinfectant sur la poignée d'un réfrigérateur, pour ensuite l'essuyer immédiatement.

Au départ, je voulais mettre au point un désinfectant à action rapide, explique-t-elle dans un communiqué publié par l’Université. Toutefois, après avoir parlé à des consommateurs, comme des médecins et des dentistes, j'ai compris que la qualité première recherchée d’un désinfectant est sa durabilité. Un produit capable de désinfecter les endroits très touchés, comme les poignées de porte, longtemps après son application.

Pour y arriver, Mme Drake s’est associée à un autre ingénieur des matériaux, Sudipta Seal, et au virologue Griff Parks, tous deux de l’UCF.

En quelques mois, leur petite équipe a réussi à mettre au point un désinfectant efficace pendant sept jours à la suite d’une seule application.

L’ingrédient actif de ce désinfectant est une nanostructure artificielle (oxyde de cérium) connue pour ses propriétés antioxydantes régénératrices.

Ces nanoparticules d'oxyde de cérium ont été associées à de petites quantités d'argent pour les rendre plus efficaces contre les agents pathogènes.

Cela fonctionne à la fois chimiquement et mécaniquement, se réjouit Sudipta Seal, qui étudie les nanotechnologies depuis plus de 20 ans. Les nanoparticules émettent des électrons qui oxydent le virus, le rendant inactif. Mécaniquement, elles se fixent également au virus et en brisent la surface, presque comme si elles crevaient un ballon, ajoute le chercheur.

Actuellement, la plupart des lingettes ou des pulvérisateurs sur le marché tuent les virus sur une surface dans les trois à six minutes suivant leur application, mais ces désinfectants ne présentent pas d'effets résiduels. Les surfaces doivent donc être nettoyées à plusieurs reprises dans une journée pour éviter la prolifération d'un certain nombre de virus, comme le SRAS-CoV-2 responsable de la COVID-19.

Les tests menés jusqu’à aujourd’hui laissent à penser que le nouveau désinfectant présente une activité antivirale contre au moins sept virus différents.

Non seulement il a montré des propriétés antivirales à l'égard du coronavirus et du rhinovirus, mais il s'est également avéré efficace contre un éventail important d'autres virus aux structures et aux complexités différentes, note Griff Parks. Nous espérons qu'avec cette étonnante capacité de destruction, le désinfectant sera également un outil très efficace contre d'autres nouveaux virus émergents.

Les scientifiques sont convaincus que leur création aura « un impact majeur » dans les établissements de soins de santé, notamment en réduisant le taux d'infections nosocomiales, telles que le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), le Pseudomonas aeruginosa et le Clostridium difficile – qui frappent plus d'un patient sur 30 admis dans les hôpitaux américains.

Un autre avantage du nouveau produit est que, contrairement à de nombreux désinfectants commerciaux, sa formulation ne contient aucun produit chimique nocif. Il pourra ainsi être utilisé en toute sécurité sur de nombreuses surfaces.

Les tests réglementaires d'irritation des cellules de la peau et des yeux, exigés par l'Agence américaine de protection de l'environnement, n'ont révélé aucun effet nocif, notent les chercheurs dans le communiqué.

D’autres tests sont prévus

Dans les prochains mois, les chercheurs mèneront des expériences en dehors du laboratoire pour tester la fiabilité du produit dans la vie quotidienne. Ces expériences permettront d'établir la manière dont le désinfectant se comporte à différentes températures ou dans un éventail de luminosité.

L'équipe est actuellement en pourparlers avec un réseau d'hôpitaux de Floride pour tester le produit dans leurs bâtiments.

Nous étudions également la possibilité de développer un film semi-permanent qui pourrait sceller le plancher d'un hôpital ou ses poignées de porte, des endroits qu’il faut désinfecter plusieurs fois par jour, explique Mme Drake.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue ACS Nano (Nouvelle fenêtre) (en anglais) de l'American Chemical Society.

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