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Chronique

Francos : 810 jours plus tard, la renaissance en plein air

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Laurence-Anne a donné le coup d'envoi aux Francos de Montréal, jeudi soir.

Photo : Francos de Montréal / Victor Diaz Lamich

Huit cent dix jours : c’est l’écart qui sépare le dernier concert en plein air des Francos de Montréal en 2019 et les premiers présentés, jeudi soir. Une éternité…

Après une année 2020 où une poignée de prestations numériques et un trio de concerts en présentiel (ceux de Marie-Mai) ont été offerts, les Francos s’offrent officiellement cette semaine leur 32e présentation – quoique réduite – par l’entremise de concerts extérieurs et de diffusions sur le web.

Deux scènes extérieures ont été aménagées : l’une sur la place des Festivals (rue Jeanne-Mance), l’autre sur ce que l’on désigne désormais comme étant le parterre symphonique, en face de la Maison symphonique, angle Clark et De Montigny.

De grandes sections ont été délimitées devant les scènes, sections où il n’y a pas de petits îlots séparés comme nous en avons vu dans d’autres festivals cet été, notamment au FestiVoix, à Trois-Rivières. La distanciation sociale est du ressort des festivaliers. Les organisateurs ont limité l’accès à 2500 personnes sur chaque site et les billets gratuits que l’on doit réserver indiquent dans quelle section où se placer.

À voir le nombre de spectateurs sur la place des Festivals par moments, nul doute qu’un bon nombre de détenteurs de billets gratuits ont fait impasse sur la soirée.

Pour les habitués qui renouaient avec le grand festival francophone, nous étions en quête de nos repères, mais que de plaisir à renouer avec des tas de visages connus. Phrase la plus entendue : Cela fait longtemps que l’on ne s’est pas vus. En effet.

Pleine Lumière

Quand ton nom d’artiste se nomme Lumière, un ensemble d’un jaune éclatant s’avère une tenue vestimentaire idéale sur scène. Et si choristes et musiciens versent dans la même thématique de couleurs – presque –monochrome, tu vois un groupe qui pourrait être issu de la Baie de San Francisco au tournant des années 1960 et 1970.

C’est passablement la même chose sur le plan musical pour le groupe d’Étienne Côté (Canailles, Bon enfant) dont la palette musicale semble aussi étendue que le spectre des couleurs : folk, pop évanescente, country vaguement hillbilly, épices funk.

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Lumière, le groupe d’Étienne Côté, propose une palette musicale aussi étendue que le spectre des couleurs.

Photo : Francos de Montréal / Victor Diaz Lamich

Savoureuse, langoureuse ou mordante, selon les offrandes tirées de l’album A.M.I.E.S.A.M.O.U.R, la proposition s’avère aussi éclectique que bien sentie. Il va sans dire que si tôt en soirée, devant une foule où les spectateurs étaient dispersés dans plusieurs sections, l’impact scénique s’est trouvé quelque peu amenuisé en regard des parterres auxquels les Francos nous ont habitués au cours des ans.

Cela dit, tout le monde avait un sourire dans le visage et on a en a vu danser au rythme des notes et musiques. En dépit des contraintes imposées par la pandémie, le désir de voir et d’entendre des artistes « en vrai » n’a jamais été aussi fort pour certains.

Vendou : la belle énergie

Suis passé en coup de vent à Vendou, au parterre symphonique. En coup de vent, car plusieurs concerts sont décalés d’une demi-heure, ce qui nous oblige à appliquer la bonne vieille formule d’antan : courir entre deux scènes ou entre deux salles pour tout voir. Plaisir absolu! Ça, ça ressemblait à un vrai de vrai retour à la normale.

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FouKi (à droite) est même venu rejoindre Vendou sur scène afin de partager la chanson Drôle de rêve.

Photo : Francos de Montréal / Victor Diaz Lamich

Avec son hip-hop hautement mélodique, sa prose accessible et son charme naturel, Vendou a mis tout le monde dans sa poche avec Temps en temps, Pleine lune et autres Comme une étoile. FouKi est même venu le rejoindre afin de partager Drôle de rêve. Belle énergie.

Captivante Laurence-Anne

Retour juste à temps à la place des Festivals pour le début de la prestation de Laurence-Anne. L’écoute de Musivision, paru ce printemps, laissait présager de belles choses sur les planches et je n’ai pas été déçu.

Avec son magnifique ensemble à damiers néo-hippie chic, une dégaine qui n’est pas sans rappeler celle d’une jeune Chrissie Hynde et un groupe où le saxophone n’est pas qu’un instrument pour enjoliver les mélodies, mais un acteur de plein droit, Laurence-Anne a franchement captivé son auditoire.

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Laurence-Anne s'est produite en ouverture des Francofolies de Montréal.

Photo : Francos de Montréal / Victor Diaz Lamich

Indigo (hypnotisante), Strange Feelings (planante), NYX (trépidante) et Accident (déjantée) ont touché la cible durant la prestation de 45 minutes qui oscillait entre l’énergie brute et la sophistication, la pop aventureuse et les effluves de jazz, gracieuseté d’Ariel Comtois. Goûteux au possible.

La panne…

Nous étions en attente des dernières prestations de la soirée lorsque, à 20 h 55, tout ce qui était illuminé sur la place des Festivals s’est éteint brusquement. Situation identique au parterre symphonique, du côté est de la Place des Arts.

Heureusement, selon l’organisation des Francos, la panne était localisée sur le site du festival (tous les gratte-ciels avoisinants étaient illuminés). L’électricité est d’ailleurs revenue 25 minutes plus tard.

Ce contretemps a retardé l’entrée sur scène d’Alaclair Ensemble au parterre symphonique plus longtemps que celle de Klô Pelgag sur la place des Festivals, mais tout le monde a pu se produire.

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Les organisateurs des Francos ont limité l’accès à 2500 personnes sur chaque site.

Photo : Francos de Montréal / Victor Diaz Lamich

L’ouragan Klô

Pour être franc, Klô Pelgag a fait bien plus que ça. Avec les récentes pièces de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs et quelques titres choisis de L’Étoile Thoracique, l’auteur-compositrice et interprète a offert un concert mémorable.

Cheveux longs (comme le titre de sa chanson J’aurai les cheveux longs), visage maquillé, en forme et en voix, Klô Pelgag s’est dépensée sans compter.

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Klô Pelgag lors de son spectacle aux Francos le 9 septembre 2021

Photo : Francos/Benoit Rousseau

Debout sur son tabouret au piano ou aux claviers (La maison jaune, Insomnie), enveloppée dans une couverture (Für Élise), assise, à genoux, allongée et même vautrée sur la scène avec ses choristes (Où vas-tu quand tu dors?), la jeune femme semblait avoir le diable au corps. Durant Mélamine, elle s’est littéralement jetée par terre. Elle semblait tellement possédée que j’ai songé une seconde à la Diane Dufresne de ma jeunesse...

Bien sûr, elle était consciente qu’elle n’allait pas récupérer le quart d’heure perdu en raison de la panne d’électricité : Ça fait tellement de bien. J’ai eu peur que l’on ne puisse pas jouer.

Mais elle a pu, même si ce sont les amateurs qui applaudissaient à tout rompre qui ne sont fait tremper jusqu’aux os quand un déluge de flotte s’est abattu sur le site pour les deux dernières chansons.

Rien de tel pour nous rappeler les joies des festivals en présentiel...

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