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John Boudrias, le départ précipité d’un homme « très apprécié de tous »

Portrait de l'homme placé devant la rivière des Outaouais et le pont Chef-William-Commanda.

Les réactions à la disparition de John Boudrias ont été nombreuses. Regardez notre reportage.

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Depuis l’annonce de la mort soudaine du grand chef du Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg, John Boudrias, beaucoup de gens qui l’ont côtoyé sur les plans personnel et professionnel n’ont pas mis de temps à le décrire comme un homme « très apprécié de tous » dont l’absence causera un trou béant dans la vie de ses proches.

L’ancien grand chef du Conseil tribal, Lucien Wabanonik, connaissait John Boudrias depuis bon nombre d’années. Leur premier contact s’était fait par l’entremise du hockey, et ils ne s'étaient jamais quittés depuis. Les deux hommes avaient conservé une relation tant amicale que professionnelle.

C’est vraiment un choc. Je suis abasourdi. Je lui ai parlé la semaine dernière et il était en pleine santé. [...] C’était un bon vivant, un être aimable et facile d’approche, a-t-il énuméré à propos du grand chef fraîchement élu, en mai dernier.

John, on pouvait lui parler de tout et de rien. C’était un bon communicateur qui avait une belle ouverture d’esprit envers les gens.

Une citation de :Lucien Wabanonik, ami de John Boudrias

La vice-grande cheffe du Conseil tribal, Savanna McGregor, a également été ébranlée par l’annonce du décès de John Boudrias, mercredi, elle qui a eu la chance de travailler quelques années à ses côtés.

Sa personnalité… Il n’y avait pas deux personnes comme lui! [...] C’est difficile de trouver les mots, a-t-elle dit, les yeux rougis par l’émotion. Mme McGregor assure qu’elle gardera de bons souvenirs de celui qui avait à cœur la culture anichinabée. Son rire et son amour pour son peuple vont aussi lui manquer.

Toute sa vie, il a travaillé pour promouvoir nos droits. C'était un homme de famille, avec des amis et de la famille partout. Il était aimé par tellement de gens.

Une citation de :Savanna McGregor, collègue et amie de John Boudrias

Le ministre des Affaires autochtones du Québec, Ian Lafrenière, était lui aussi sous le choc puisqu’il avait bâti en peu de temps une relation de respect mutuel avec M. Boudrias. Notre passé d’anciens policiers a fait en sorte que nous avions beaucoup d’atomes crochus.

Ian Lafrenière parle dehors avec un micro.

Le ministre des Affaires autochtones du Québec, Ian Lafrenière (Archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Pour le ministre, la perte de John Boudrias est celle d’un interlocuteur avec qui [il] avait beaucoup de plaisir à parler, un homme avec une grande ouverture, a-t-il relaté.

Je ne m’attendais pas à ça du tout. Le deuil est vraiment dur à encaisser.

Une citation de :Ian Lafrenière, ministre des Affaires autochtones du Québec

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, a lui aussi réagi au départ du résident de la capitale fédérale par son compte Twitter. Notre relation a été brève, mais John était un gars sympathique avec un grand cœur et un désir de travailler ensemble vers la réconciliation, a-t-il gazouillé.

Un groupe de personnes devant la rivière.

Le maire Jim Watson (au lutrin) avait rencontré John Boudrias cet été à Ottawa (archives).

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Sur la scène de la foire de Shawville

En plus de décrire ses nombreuses qualités humaines, les proches de John Boudrias ont beaucoup vanté sa grande passion pour la musique. La semaine dernière, il était présent à la foire de Shawville, où on l’a vu en train d’animer l’événement et de jouer de la musique.

Sans le savoir, la foire de Shawville aura été la dernière occasion de le voir briller sur une scène. Dans les jours qui ont suivi, son état de santé s’est rapidement détérioré. Il a même été hospitalisé. Pour l’instant, la cause exacte de sa mort demeure inconnue, mais sa famille a demandé une autopsie pour faire la lumière sur celle-ci.

Le 6 septembre, un peu avant 5 h, John Boudrias a demandé à ses abonnés Facebook de prier pour lui, expliquant être en attente du résultat de son test de dépistage de la COVID-19. Je peux à peine respirer, avait-il écrit.

Un peu plus de 24 heures plus tard, il a remercié les gens pour tout le soutien reçu, précisant être à l’hôpital pour combattre une infection pulmonaire majeure. Malgré son état, il a puisé dans ses ressources pour étaler une touche d’humour : Je pense que le test COVID est pire que la COVID. J’ai mal au nez! [...] Que quelqu’un m’apporte du McDonald’s, a-t-il blagué avant de terminer sa publication en disant : Je vous aime tous.

L’importance du vaccin

La possibilité que John Boudrias ait contracté la COVID-19 a forcé beaucoup de gens à subir un test de dépistage et à s’isoler, car certains l’avaient croisé la semaine dernière, notamment à la foire de Shawville qui a réuni près de 2000 personnes, samedi. À Kitigan Zibi, le conseil de bande a demandé aux personnes présentes à la foire d’aller se faire tester.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais a confirmé que la situation est en cours d’analyse et qu’aucune autre information supplémentaire ne peut être fournie à l’heure actuelle.

Pour le moment, la direction de santé publique de l’Outaouais n’a émis aucune recommandation de dépistage en lien avec la situation, a précisé le CISSS de l'Outaouais, par courriel.

Lucien Wabanonik n’était pas présent à Shawville, mais il avait vu John Boudrias lors d’un événement plus tôt. On a été plusieurs à prendre nos précautions. On a été se faire tester pour être certains de ne pas avoir attrapé le virus. Pour l’instant, l’ensemble de nos tests sont négatifs.

Portrait de Lucien Wabanonik, membre du conseil de Lac-Simon.

La mort de John Boudrias cause beaucoup de peine à Lucien Wabanonik (archives).

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

La directrice des communications de la Société agricole du Pontiac, qui organise la foire, Josey Bouchard, a précisé que le passeport vaccinal était exigé. Il fallait que les gens montrent qu’ils étaient vaccinés, que ce soit une preuve provenant de l’Ontario ou le passeport du Québec, en version papier ou avec le code QR. Nous avons tous les registres de tout le monde présent.

Cette règle était applicable pour les visiteurs, mais pas nécessairement pour les animateurs et musiciens comme John Boudrias. Tous les gens qui sont des contractants ou des sous-contractants ont leur propre façon d’organiser la vaccination.

Peu importe les résultats de l’autopsie, COVID-19 ou pas, M. Wabanonik croit que la tragédie va en faire réfléchir plusieurs, surtout ceux qui croient que c’est une petite grippe.

Ce virus-là, il est mortel, lance-t-il.

Avec les informations d’Alexandra Angers et de Frédéric Pepin

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