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Une femme, sa contrebasse et 30 ans d’orchestre

La contrebassiste Marjolaine Fournier en train de jouer de son instrument.

Marjolaine Fournier a commencé la contrebasse à 14 ans. Elle célèbre maintenant ses 30 ans au sein de l’Orchestre du Centre national des arts.

Photo : Radio-Canada / Photo : Fred Cattroll

Le concert de l’Orchestre du Centre national des arts (OCNA) de vendredi sera doublement spécial pour la contrebassiste Marjolaine Fournier : en plus de donner le coup d’envoi à la nouvelle saison du CNA, il marquera son 30e anniversaire au sein de la formation.

Marjolaine Fournier reste marquée par son audition de septembre 1991, moins de deux ans après sa sortie du conservatoire de Chicoutimi.

C’était épeurant, se souvient-elle. Tu as 60 personnes qui sont là pour auditionner avec leur contrebasse. On pige des numéros, et là, on va dans une grande salle. Il y a un mur. On ne voit pas le jury. [...] Il y a un tapis quand on rentre pour ne pas être identifié. Tu joues, il n’y a personne, tu joues des traits d’orchestre vite, vite, vite…

Puis vient l'attente du verdict. Et là, tu te retrouves dans l’orchestre, raconte-t-elle en souriant.

Trente ans plus tard, la magie opère toujours autant pour la quinquagénaire. Chaque rentrée automnale, depuis trois décennies, est un grand, grand bonheur pour l’instrumentiste qui frémit chaque fois que l’orchestre répète une pièce pour la première fois. Ça m’est arrivé mardi, à notre première répétition. Je commence à jouer et je ne suis pas capable de continuer. C’est tellement de sons, et c’est tellement beau, et c’est tellement, tout d’un coup, comme une grosse, grosse vague de musique, illustre la contrebassiste.

Un orchestre en répétition.

Le chef Alexander Shelley et l’Orchestre du Centre national des arts répètent pour le premier concert de leur nouvelle saison.

Photo : Radio-Canada / Catherine Morasse

Le concert L'OCNA comme jamais, présenté le 10 septembre à 20 h, comprend trois œuvres contemporaines, dont une composition de la trompettiste solo de l'OCNA Karen Donnelly et la Symphonie no 4 de Tchaïkovsky. Le spectacle pourra être vu à la salle Southam et en ligne simultanément.

Si son attachement à l’Orchestre du CNA demeure aussi fort, c’est entre autres grâce à sa taille relativement petite. L’Orchestre de Montréal, par exemple, a [sept] contrebasses. En proportion, c’est un orchestre massif, géant. [Ici], c’est un petit orchestre classique, alors on ne perd pas notre individualité, fait valoir Marjolaine Fournier.

Une plus grande place faite aux femmes

Cette dernière a aussi vu la place des femmes s’agrandir dans et hors de l’ensemble au fil des ans. Sous la gouverne de la directrice administrative Arna Einarsdóttir, en poste depuis 2019, chaque concert s’est notamment mis à intégrer soit la composition d’une femme, soit une femme soliste, soit une cheffe d’orchestre.

J’ai la chair de poule à y penser. [...] Ce n’est pas facile, mais depuis quelques années, comme ça, on a des femmes cheffes d’orchestre qui sont fantastiques, fortes, jeunes, dynamiques. Et musiciennes : ce n’est pas juste d’être cheffe et de bien diriger, il faut avoir quelque chose à dire, évoque la contrebassiste.

La place grandissante des femmes, c’est aussi dans notre attitude, ajoute-t-elle.

Moi, j’ai 56 ans. J’ai appris, quand j’étais jeune, à me retirer un peu et à ne pas avoir tellement confiance en moi, soulève-t-elle. Et là, je vois les filles qui entrent dans l’orchestre maintenant, qui ont une belle confiance, mais qui est saine. Ce n’est pas une grosse bataille pour elles : elles ont de la place, elles prennent leur place, c’est leur place. [...] C’est nouveau [...] et c’est très, très, très bon.

Un retour attendu

Depuis la mi-mars 2020, l’orchestre a passé plusieurs mois sans répéter en personne, à cause de la pandémie. On a eu des périodes où on pouvait jouer ensemble, mais sinon, on était chacun chez nous, précise la musicienne. Je suis restée chez nous, à pratiquer et pratiquer, et à être prête, être sur le qui-vive toujours: "Bon, c’est-tu la semaine prochaine qu’on revient? La semaine d’après? Non…"

Même si l’orchestre a dû sacrifier quelques concerts, Marjolaine Fournier croit qu’il est sur un élan très créatif.

Le chef de l’OCNA, Alexander Shelley, a envie d’entendre des nouvelles compositions. Il a envie de diriger de la nouvelle musique. [....] Il y a plein de jeunes très forts dans l’orchestre. Tout va bien : le jardin a l’air de bien fleurir. J’ai très hâte aux 30 prochaines années! lance la contrebassiste.

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