•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Vérif : les prestations d’urgence ont-elles causé la pénurie de main-d’œuvre?

Justin Trudeau derrière son lutrin au débat des chefs.

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, affirme que ni la pandémie ni les prestations d'urgence n'ont causé la pénurie de main-d'oeuvre.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Pendant le débat des chefs, Justin Trudeau a affirmé que « ce n’est pas la pandémie qui a créé cette pénurie de main-d'œuvre, pas la Prestation canadienne d’urgence (PCU) ni la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) ». Les statistiques montrent en effet que la pénurie est d'abord causée par le vieillissement de la population.

Depuis 10 ans, selon les données de Statistique Canada, la population en âge de travailler – de 20 à 64 ans – a augmenté de 8 % au pays pendant que celle des 65 ans et plus bondissait de 42,3 %.

Au Québec, la situation est encore plus critique en raison, notamment, d’une immigration plus faible. Ainsi, pendant que 20 000 personnes rejoignaient les rangs des 20 à 64 ans, 500 000 s’ajoutaient aux 65 ans et plus.

Comme le rapporte l’économiste principal de l’Institut du Québec, Simon Savard, dans le balado Question d’intérêt, le Québec comptait sept chômeurs par poste vacant il y a cinq ans, contre deux chômeurs par poste vacant aujourd’hui.

Le bassin de main-d'œuvre se rétrécit donc au rythme des départs à la retraite.

En juillet, le taux de chômage continuait de descendre, à 7,5 % dans l'ensemble du Canada, mais demeurait toujours au-dessus du 5,6 % de février 2020. Au même moment, le taux retraitait à 6,1 % au Québec.

Plus de 800 000 postes vacants

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet rapportait lors du débat que des citoyens lui avaient expressément demandé d’arrêter la PCRE pour mettre fin aux fermetures de commerces. Ça me semblait un peu dur, a-t-il nuancé. N’empêche, cette perception dans la population tient-elle la route?

En juin, 816 000 postes demeuraient vacants au Canada, dont 219 000 au Québec. Dans l’année précédant la pandémie, ce nombre oscillait entre 500 000 et 600 000.

Pour la période du 20 juin au 3 juillet, 879 220 Canadiens bénéficiaient encore de la PCRE; 15 % d'entre eux se trouvaient au Québec.

Il faut cependant éviter d’établir une adéquation directe entre les postes disponibles et le nombre de prestataires. L’arrimage n’est jamais parfait entre ces postes, les compétences des chômeurs et l’endroit où ils habitent. Bien qu’il soit souvent question d’emplois peu qualifiés, les besoins sont particulièrement criants dans le réseau de la santé et dans le secteur des technologies de l’information.

L'économiste Simon Savard soutient qu’il faudra attendre plusieurs mois avant de mesurer l’effet de la PCRE sur la pénurie de main-d'œuvre. Beaucoup de travailleurs issus de secteurs fermés pendant la pandémie ont choisi de profiter de l’occasion pour retourner aux études ou entamer une réorientation professionnelle. D’autres ont choisi de travailler moins ou ont tout simplement préféré quitter le marché du travail.

La fin de la PCRE risque d’ailleurs d’avoir des répercussions somme toute marginales à long terme. D’après des projections de l’Institut de la statistique du Québec, la population de 20 à 64 ans diminuera de plus 120 000 personnes d’ici 10 ans.

Face à une économie qui continue de croître, l’amélioration de la productivité, l’automatisation, la diplomation arrimée aux besoins du marché du travail, l’immigration et le maintien en emploi des 65 ans et plus devront faire partie de l’équation pour renverser la tendance.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !