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Des plaidoiries écrites déposées au procès du massothérapeute Patrick Chénard

Patrick Chénard devant palais de justice de Mont-Joli (Archives).

Patrick Chénard devant palais de justice de Mont-Joli (archives).

Photo : Radio-Canada / Alexandre Courtemanche

Le procès du massothérapeute et kinésiologue rimouskois Patrick Chénard a franchi une autre étape avec le dépôt des plaidoiries écrites à la fin du mois dernier. Le juge Jules Berthelot prendra le dossier en délibéré lors d’une prochaine audience, le 21 septembre, et devrait alors déterminer la date du jugement.

Dans ses plaidoiries, la poursuite demande que l’accusé soit reconnu coupable de 10 chefs d’accusation d’agression sexuelle et d'un chef d’exploitation sexuelle. Elle recommande par contre de l’acquitter sur un chef d’accusation sexuelle pour lequel aucune preuve n’a été présentée au cours du procès.

La défense demande quant à elle à ce que Patrick Chénard soit blanchi de toute accusation.

L’homme de 29 ans a été arrêté en juin 2018. Il est accusé d’avoir commis des agressions sexuelles pendant l'exercice de ses fonctions en novembre 2015 à Trois-Rivières et entre janvier 2016 et avril 2018 à Rimouski.

Pendant son procès, 10 présumées victimes ont témoigné. Une onzième plaignante a également témoigné lors du procès qui s’est amorcé en janvier 2020, mais aucune accusation n’a été déposée dans ce dossier précis.

La défense

Dans ses plaidoiries, l’avocat de la défense, Yves Desaulniers, soulève des contradictions, des invraisemblances et des gestes qui sont qualifiés d’impossibles par l’accusé dans l’ensemble des témoignages.

L'avocat soutient que ces incohérences dans le récit des plaignantes minent leur crédibilité et doivent soulever un doute raisonnable dans l'esprit du tribunal.

Le document met l’accent sur de nombreux extraits du témoignage de Patrick Chénard qui contredisent la version des plaignantes, où il affirme notamment ne pas avoir touché les parties génitales et la poitrine d’aucune des présumées victimes.

Selon la défense, les gestes que les plaignantes reprochent à l’accusé sont basés sur des perceptions qui s’expliquent par la mobilisation tissulaire de la peau, du drap des boudins qui marquaient le drapage des clientes.

Yves Desaulniers estime donc que la culpabilité de son client n’a pas été établie hors de tout doute raisonnable.

Il soutient également que Patrick Chénard a témoigné avec sérieux, aplomb afin de prouver qu’il avait procédé dans les règles de l’art lors de tous les traitements et massages qu’il a prodigués aux plaignantes.

Les plaidoiries écrites décrivent d’ailleurs la méthode standardisée que Patrick Chénard dit avoir utilisée plus précisément pour les massages suédois qui visaient à faire des tests sur l’effet de la musique et la capacité de relâchement lors d’un massage suédois de détente.

Le document stipule ouvertement que l’accusé a sollicité presque exclusivement des femmes pour ces tests.

La poursuite

À l’inverse, le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Normand Morneau-Deschênes, plaide que la preuve établie contre Patrick Chénard est accablante et qu’il a, hors de tout doute, agressé sexuellement les plaignantes.

Il estime que les plaignantes sont crédibles et fiables et que leurs témoignages doivent être retenus par le tribunal.

Dans ses plaidoiries, la Couronne refait la chronologie des événements et allègue que l’accusé a commis 18 agressions sexuelles à l’endroit de 11 femmes entre 2015 et 2018. 

Le procureur soutient que Patrick Chénard a touché aux parties génitales des plaignantes et qu’il a commis des gestes de plus en plus intrusifs en février 2018.

Il considère que le témoignage de l’accusé ne peut être considéré comme crédible puisqu’il contredit des gestes que plusieurs témoins indépendants entre eux lui reprochent.

Ses explications sont dénuées de toute crédibilité et sont en tout point invraisemblables, écrit Normand Morneau-Deschênes. L’accusé n’a pas témoigné honnêtement et minimise ou exagère les faits afin de bien paraître, ajoute-t-il.

Le procureur estime par exemple que Patrick Chénard exagère lorsqu’il qualifie certains des gestes décrits par les présumées victimes d’impossibles.

La Couronne croit également que le geste en cœur que l’accusé dit avoir utilisé lors de certains massages est une fabrication pour justifier ses manipulations abusives entre et autour des seins des plaignantes.

Le procureur plaide de surcroît que l’accusé était en situation de confiance et d’autorité vis-à-vis des plaignantes pour différentes raisons, dont une différence d’âge parfois importante, le fait que les plaignantes étaient partiellement ou complètement nues lors des traitements et qu’elles consultaient Patrick Chénard dans le cadre d'une relation thérapeutique.

Deux des présumées victimes étaient d’ailleurs mineures au moment des faits allégués, le chef d’exploitation sexuelle concerne l’une d’entre elles.

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