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Environnement : que pensent plus de 300 000 utilisateurs de la Boussole?

Un drapeau canadien avec, en arrière-plan, de la fumée qui sort d'une cheminée.

De nombreux électeurs canadiens s'intéressent aux promesses des partis politiques en matière d'environnement et de changements climatiques.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Si la majorité des participants à la Boussole veulent que le gouvernement intervienne davantage pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), les répondants qui songent à voter pour le PCC et le PPC y sont fortement opposés.

Nous avons analysé et pondéré les réponses de 302 876 utilisateurs de la Boussole électorale, créée par Vox Pop Labs.

La très forte majorité (76 %) des participants estime que le Canada devrait faire plus d’efforts pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Au Québec, ce sont 87 % des répondants qui veulent que le gouvernement en fasse davantage; dans les Prairies, ils sont 67 %.

Rappelons que le Canada est le seul pays du G7 où les émissions de GES ont grimpé dans les dernières années. En 2015, année où Justin Trudeau a été élu premier ministre, le Canada a émis 723 mégatonnes (Mt) de GES. Ce chiffre a grimpé à 730 Mt en 2019.

La distinction entre les partis est particulièrement frappante : les participants qui songent à voter pour le Bloc québécois, le Parti libéral du Canada (PLC), le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti vert ont indiqué à plus de 90 % que le Canada devait réduire davantage ses émissions de GES.

Près du tiers de ceux qui voteraient pour le PCC croient que le Canada en fait assez; 49 % pas assez et 20 % trop. Quant aux répondants qui appuieraient le PPC, près de la moitié estiment que le Canada devrait en faire moins pour réduire les GES.

Ce sont les plus jeunes (18-29 ans) et les répondants de plus de 65 ans qui souhaitent que le gouvernement fédéral en fasse davantage pour réduire les émissions de GES.

Faire payer les Canadiens pour les GES?

Si les participants veulent voir une réduction des GES, plusieurs ne sont pas prêts à payer eux-mêmes. À travers le pays, 39 % des répondants sont prêts à ce que le gouvernement fasse payer davantage les consommateurs pour chaque tonne de gaz à effet de serre qu'ils émettent par la consommation de combustibles fossiles, 28 % moins et 25 % ni plus ni moins. C’est au Québec que l’idée de faire payer plus les Canadiens est de loin la plus populaire.

L’opposition est très claire lorsqu’on compare les répondants selon le parti pour lequel ils pensent voter. Environ 60 % des participants qui pensent voter pour le PCC et 76 % de ceux qui ont dit qu’ils voteraient pour le PPC croient que les Canadiens ne devraient pas payer plus pour leur consommation de combustibles fossiles. Au contraire, plus de 60 % de ceux qui appuieraient le NPD ou le PV croient que les Canadiens doivent payer plus.

Les jeunes appuient un peu moins l’idée de faire payer davantage les Canadiens pour leurs émissions de GES (38 % des répondants de 18-20 ans croient que le gouvernement ne devrait pas faire payer plus les Canadiens, contre 47 % pour les 65 ans et plus).

Dans leur plateforme électorale, les libéraux comptent sur une augmentation du prix du carbone pour réduire les émissions de GES, tandis que les conservateurs misent sur un prix sur le carbone pour les particuliers. Le Bloc propose la péréquation verte (les provinces émettant plus de GES que la moyenne canadienne devraient payer une taxe carbone à redistribuer aux provinces moins polluantes) et le NPD propose d’éliminer les subventions au secteur pétrolier et gazier. Le PV augmenterait la taxe sur le carbone, tandis que le PPC l’éliminerait.

Oléoducs : division selon les régions et les partis

Un peu plus de 40 % des répondants à la Boussole croient que le Canada ne devrait plus construire d’oléoducs, contre 38 % qui en souhaiteraient davantage.

L’idée de stopper la construction de plus d’oléoducs est moins populaire dans l’Ouest et les Prairies (environ la moitié aimerait avoir plus d'oléoducs), contrairement au Québec, où plus de 60 % des répondants estiment qu'il ne faut plus construire d'oléoducs.

La différence est très marquée selon les partis. La majorité (près de 70 %) de ceux qui songent à voter pour le PCC et pour le PPC aimeraient voir plus d’oléoducs construits au pays. Ceux qui penchent vers un vote libéral ont une préférence plus nuancée; 28 % souhaiteraient que l’on construise plus d’oléoducs; 20 % sont neutres et 48 % ne veulent plus que l'on en construise.

Rappelons que le PLC a acheté le pipeline Trans Mountain; les conservateurs et le PPC s’engagent à faire des pipelines une priorité, tandis que le Bloc québécois, le NPD et le Parti vert s'opposent à la construction d’oléoducs.

Les femmes (49 %) sont un peu plus opposées à la construction de nouveaux oléoducs que les hommes (38 %).

Ce sont les plus jeunes et les plus vieux qui estiment que le Canada ne devrait pas construire plus d’oléoducs; en fait, c’est le cas pour presque la moitié des participants de 18-29 ans et ceux de 65 ans et plus.

Peuples autochtones et ressources naturelles

Il y a un peu plus d'un an, dans le nord de la Colombie-Britannique, un groupe d’opposants au gazoduc Coastal GasLink, qui traverse le territoire traditionnel du peuple wet’suwet’en, a érigé des barrages bloquant l’accès au chantier et au camp de travailleurs de ce projet énergétique. Les manifestations ont provoqué d'intenses débats sur la gouvernance autochtone et le concept de territoire non cédé par traité. Qu'en pensent maintenant les électeurs qui ont participé à la Boussole?

Plus de 50 % des Canadiens qui ont participé à la Boussole croient que les peuples autochtones devraient davantage avoir leur mot à dire sur la façon dont les ressources naturelles du Canada sont utilisées. C’est au Québec (61 %) que le plus de participants souhaitent leur donner plus la parole, contrairement à 46 % pour les répondants de l’Ouest et des Prairies.

Moins du tiers des participants qui pensent voter pour le PCC et le PPC pensent que les peuples autochtones devraient avoir plus d’influence sur l’utilisation des ressources naturelles. À l’opposé, 80 % de ceux qui songent à voter pour le NPD et le PV veulent donner davantage la parole aux peuples autochtones.

Plus de femmes (63 %) que d’hommes (42 %) ainsi que les participants de 18 à 29 ans (61 %) souhaitent donner plus la parole aux peuples autochtones.

Un portrait des six chefs avec le texte Fédérales 2021 Comparez les plateformes électorales des partis.

Méthodologie :

Les données se basent sur les réponses à la Boussole électorale, un projet de Vox Pop Labs, en partenariat avec Radio-Canada(Nouvelle fenêtre) (Nouvelle fenêtre). Vox Pop Labs est une équipe non partisane qui regroupe des politologues et des statisticiens.

La Boussole électorale n’est pas un sondage. Les utilisateurs ne sont pas présélectionnés. Les données, collectées du 14 au 7 septembre 2021, ont été pondérées de manière à les rapprocher de celles d’un échantillon représentatif de la population réelle, selon les données du recensement et d’autres estimations démographiques.

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