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Abus dans l’Église : l’ombudsman pointe leur caractère « quasi institutionnel »

Déposé en août, le premier rapport de la nouvelle ombudsman analyse 45 plaintes, dont plus de la moitié sont liées à des abus sexuels.

Une croix sur le toit d’un clocher d’église catholique à Montréal.

Le rapport publié le 17 août documente les exactions commises au sein de l’Archidiocèse de Montréal ces dernières décennies.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Maud Cucchi

Depuis l’enquête lancée en mai par la nouvelle ombudsman de l’Église catholique à Montréal, Me Marie Christine Kirouack a recueilli 45 plaintes, dont 22 concernent des abus sexuels qui se sont déroulés depuis les années 1950. Son tout premier rapport révèle leur caractère « quasi institutionnel » et invite les autres victimes à s'exprimer.

Ceux qui ont réussi à briser le silence lui ont raconté comment les collèges des années 1950-1970 maintenaient une clientèle captive à la merci des agresseurs religieux. Toute dénonciation coûtait cher en abus supplémentaire face aux membres du clergé, intouchables, qui jouissaient d’une impunité sans remise en question, conclut le rapport public consultable en ligne (Nouvelle fenêtre).

J’ai été ahurie et passablement atterrée du nombre d’hommes qui, non seulement n’ont pas été crus lorsqu’ils en ont parlé à des proches, mais qui se sont aussi parfois fait battre par leur père pour avoir dit de telles choses.

Une citation de :Marie Christine Kirouack, ombudsman de l’archidiocèse de Montréal

Plongée vertigineuse dans les arcanes les plus sombres de l'Église, l’ombudsman raconte que certaines victimes n’avaient jamais dévoilé leur traumatisme avant de lui en parler. D’autres m’ont téléphoné en cachette de leurs proches, c’est dire le lourd héritage qu’est le leur, quarante, cinquante, voire soixante ans après les abus dont ils ont été victimes, constate-t-elle.

Le rapport s'accompagne d'une analyse statistique de 45 plaintes formelles reçues sur trois mois d'enquête, mais qui ne sont pas forcément représentatives des appels reçus, précise Me Kirouack, certains participants ayant choisi de ne pas porter plainte.

De l'ensemble des plaintes enregistrées, plus de la moitié sont liées à diverses formes d’abus (physiques, psychologiques et financiers). L’étude en dénombre 22 ayant directement trait à des abus sexuels, dont 15 sont survenus entre les années 1950 et le début des années 70 dans des écoles religieuses du territoire de l’Archidiocèse.

Dans le cas des abus sexuels et physiques, 31,3 % des victimes les ont subis de façon répétée. Leur profil varie en fonction de l'époque : dans les années 1950-70, elles sont toutes mineures, tandis que les plaignants dénonçant des abus des années 2010 à 2020 étaient tous adultes au moment des faits.

Suivi des plaintes

La firme Quintet, qui fut mandatée pour analyser le climat toxique à Rideau Hall ou encore les accusations de harcèlement visant l’ancien sénateur Don Meredith, enquêtera sur sept plaintes déposées.

L'Office du personnel pastoral (OPP) a été saisi pour 13 plaintes ayant trait à des difficultés entre le personnel et des membres du clergé.

Dans huit dossiers, une lettre a été envoyée aux communautés religieuses mises en cause pour leur demander des compléments d’information.

Certaines de ces communautés se sont montrées plus coopératives au processus que d’autres, ne manque pas d'indiquer le rapport de l'ombudsman.

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