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Canada Goose sanctionnée en Chine dans la foulée de tensions diplomatiques

Une amende équivalant à 88 202 $ est imposée à l'entreprise, qui fabrique des manteaux.

Des manteaux Canada Goose en montre dans un magasin.

Canada Goose est condamnée à une amende d'environ 88 202 $ par la Chine pour avoir trompé les consommateurs.

Photo : La Presse canadienne / Aaron Vincent Elkaim

L'entreprise torontoise Canada Goose est condamnée à une amende salée par la Chine pour avoir prétendument « trompé » les consommateurs en ce qui concerne les matériaux qu’elle utilise dans ses manteaux.

L'autorité de réglementation chinoise reproche à l’entreprise d’avoir indiqué dans ses publicités mensongères qu’elle utilise des duvets d’oies des Huttérites, parmi les plus chauds et les plus luxueux au monde. Elle lui inflige donc une amende de 450 000 yuans, soit l’équivalent de 88 202 dollars canadiens.

Les détails de cette amende et des faits reprochés ont été divulgués dans un quotidien chinois affilié à l’État (Nouvelle fenêtre) mercredi. Le rembourrage principal est du duvet de canard ordinaire, alors que les manteaux sont vendus comme s'ils avaient un duvet de qualité supérieure, rapporte le texte. La veste en duvet d’oie canadienne est-elle vendue pour sa chaleur ou c'est une taxe sur le QI? ajoute le texte sur un ton cinglant.

Canada Goose a répondu par courriel à CBC qu’une erreur technique sur le site web d’un partenaire était à l’origine de la confusion concernant les matériaux de ses produits.

Plus tôt cette année, une erreur a été identifiée sur le site d’un partenaire de la région Asie-Pacifique, Tmall. L’erreur a été corrigée immédiatement, indique le manufacturier. Tmall est l’une des plus grandes plateformes de vente en ligne pour les consommateurs chinois.

Le titre de Canada Goose à la Bourse de Toronto a chuté de 5,6 % mercredi pour terminer sa dégringolade à 48,17 $. L’action a perdu plus de 13 % de sa valeur en un mois.

Gros plan sur un logo de Canada Goose, couturières au travail en arrière-plan.

Une usine de fabrication de manteaux de Canada Goose à Toronto

Photo : Nathan Denette/CBC

Canada Goose n’est d’ailleurs pas la première société étrangère de vêtements à se disputer avec les autorités de réglementation chinoises. Plus tôt ce mois-ci, le détaillant suédois H&M s’est vu imposer une amende de 260 000 yuans (l’équivalent de 51 000 dollars canadiens) pour avoir indiqué que certains articles étaient exclusifs à la Chine.

Le pays a d’ailleurs averti H&M et d’autres marques de ne pas se mêler de politique, après que des groupes occidentaux eurent exprimé des préoccupations quant aux suspicions de travail forcé dans la région du Xinjiang, dans l'ouest de la Chine.

Relations grandement détériorées

Les relations sino-canadiennes se sont envenimées depuis l’arrestation de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, à l’aéroport de Vancouver en décembre 2018.

Les États-Unis veulent extrader la cadre du géant chinois des technologies vers New York, où elle fait face à une vingtaine de chefs d’accusation. La juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique qui préside l'affaire d'extradition a mis la cause en délibéré et a fixé la date de la prochaine audience au 21 octobre.

Depuis l’arrestation, les relations entre le Canada et la Chine sont devenues très tendues, affirme Jia Wang, directrice intérimaire de l'Institut chinois de l'Université de l'Alberta, à Edmonton. Certains diraient même que c’est probablement l’un des pires moments de nos relations bilatérales des dernières décennies, a-t-elle ajouté.

Jia Wang, de l'Université de l'Alberta.

Jia Wang, directrice de l'Institut chinois de l'Université de l'Alberta, à Edmonton

Photo : Université de l'Alberta

Il serait exagéré, selon elle, d’établir un lien direct entre l’amende imposée à Canada Goose et la situation géopolitique, mais l’emprisonnement des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor peu de temps après l’arrestation de Meng est l’exemple le plus probant de la détérioration des relations, affirme Mme Wang.

Elle souligne que ces tensions se répercutent aussi sur l’économie canadienne. L’interdiction par la Chine d’importer du canola canadien, par exemple, est largement considérée, pour une bonne raison, comme une mesure de représailles imposée au Canada par le gouvernement chinois, explique-t-elle.

Avec sa population de 1,4 milliard d’habitants, dont presque la moitié figure parmi la classe moyenne, la Chine est le plus grand marché de produits haut de gamme et représente environ un tiers du marché mondial, affirme l’experte.

Avec les informations de CBC

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