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Une « immense » créature marine vieille de 500 millions d’années découverte en C.-B.

L'arthropode pourrait avoir été un témoin de la « course aux armements évolutive », selon des paléontologues.

Image d'un Titanokorys gainesi.

Le fossile de Titanokorys gainesi a été découvert dans les schistes de Burgess, dans le parc national Kootenay, en Colombie-Britannique.

Photo : Musée royal de l'Ontario

« Quand cette bestiole est sortie après avoir été emprisonnée durant 500 millions d’années dans la roche, j'étais époustouflé », raconte le paléontologue Jean-Bernard Caron au sujet de la découverte d'un arthropode géant, affectueusement nommé « vaisseau mère », en raison de sa taille et de ses allures de science-fiction.

Le fossile de Titanokorys gainesi, découvert dans les schistes de Burgess, dans le parc national Kootenay, en Colombie-Britannique, est pratiquement intact.

On était face à face avec une bestiole qu'on n'avait encore jamais vue, que les scientifiques n’avaient pas encore étudiée, raconte le spécialiste des invertébrés au Musée royal de l'Ontario, qui a contribué à l’étude publiée mercredi dans le Royal Society Open Science.

La bête est immense, certes, puisque, avec ses 50 centimètres, soit environ la longueur d’un avant-bras, ce prédateur des fonds marins était largement plus imposant que les autres créatures de l’époque, qui avaient la taille d’un ongle, explique-t-il.

Des chercheurs étudient des fossiles sur le site d'une carrière.

Les schistes de Burgess sont un endroit riche en fossiles de l'ère cambrienne. (Archives)

Photo : Jean-Bernard Caron, 2014, Musée royal de l'Ontario

Un animal étrange

Avec nos yeux modernes, il ressemble à quelque chose de très bizarre, admet Jean-Bernard Caron.

Il avait une carapace sur la tête et une paire de carapaces sous la tête, qui faisait presque tout son corps. On dirait presque une tête flottante ou nageuse.

Autre particularité, la position de ses yeux, du côté postérieur de sa carapace. Il ne voyait pas vraiment ce qui se passait devant lui ni sous son corps, explique le paléontologue d'un air amusé.

On pense que ses yeux étaient utilisés pour voir ce qui se passait au-dessus de lui, peut-être pour voir s’il n’y avait pas d’autres prédateurs qui puissent l’attaquer.

Fossile du Titanokorys gainesi.

Le fossile du Titanokorys gainesi est âgé de 506 millions d'années.

Photo : Musée royal de l'Ontario

Témoin historique de la course aux armements évolutive

L'étude du fossile ne fait que commencer, mais les chercheurs pensent que la bête met en évidence ce qu'ils appellent la course aux armements évolutive de l'ère cambrienne. Les créatures sous-marines commençaient à développer des yeux, des moelles épinières et des exosquelettes.

Pour la première fois, après des milliards d’années d’évolution plutôt lente, soudainement, on voit l'apparence des animaux, précise Jean-Bernard Caron.

On est à une étape de la vie qui est cruciale pour l’émergence des animaux et de leur comportement. Il s'agit de l’émergence de relations complexes de prédation et de compétition.

Vers d'autres découvertes

Jean-Bernard Caron se réjouit à l’idée de poursuivre ses recherches et de découvrir d’autres organismes complètement nouveaux qu’on ne connaissait pas .

La complexité de cette faune nous permet de reconstruire les écosystèmes qui existaient à l’époque cambrienne, qui sont les racines de la biodiversité animale actuelle.

C’est là qu'on trouve les premiers éléments des toutes les lignées d’organismes qu’on trouve aujourd’hui, dont... nous-mêmes, conclut-il.

Avec des informations de La Presse canadienne

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