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Garderies à 10$ : l’exception néo-brunswickoise

Une famille de sept assise à une table lors d'Un r

Maxim Beauregard Dionne et Martine Locas Beauchesne ont cinq enfants âgés entre 3 mois et 9 ans.

Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

Janique LeBlanc
Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Nouveau-Brunswick est la seule province de l’Atlantique qui n'a pas conclu d'entente avec le gouvernement fédéral pour la mise sur pied d'un programme de garderies publiques à 10 dollars par jour. Des parents déplorent cette situation et demandent à la province d'améliorer l'accès aux services de garde abordables.

Le débat des chefs en français de mercredi soir a fait ressortir le contraste entre libéraux et conservateurs sur un enjeu crucial pour bien des familles : l’accès à la garderie.

Les conservateurs ont annoncé qu’ils annuleront le programme national de garderies du gouvernement Trudeau, s’ils forment le prochain gouvernement. Ils proposent plutôt un crédit d’impôt pour les familles à faible revenu.

Le chef libéral Justin Trudeau a accusé le chef conservateur Erin O’Toole de vouloir tout scrapper, en matière de garderie.

Des places trop dispendieuses pour les familles

À Moncton, au Nouveau-Brunswick, l'accès à des places de garderie abordables est une priorité pour plusieurs familles, comme celle de Maxim Beauregard Dionne et sa conjointe Martine Locas Beauchesne. Les Beauregard-Locas ont cinq enfants âgés entre 3 mois et 9 ans.

L’importance des garderies, c’est de pouvoir permettre à tes citoyens d’aller travailler pour faire rouler ton économie mais aussi à tes jeunes qui ont des enfants de poursuivre leurs études , explique Martine Locas Beauchesne.

Cette étudiante à la maîtrise valorise les bienfaits sociaux et éducatifs des garderies pour ses enfants. Elle a aussi besoin de services de garde pour pouvoir faire ses travaux universitaires. Son conjoint, Maxim Beauregard Dionne, est étudiant au doctorat.

Un homme tient un bébé dans ses bras.

Maxim Beauregard Dionne a cinq enfants, dont un bébé de 3 mois, et il s'estime chanceux de pouvoir profiter des subventions québécoises pour aider à payer la garderie.

Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

La situation du couple est différente de celle de la plupart des familles néo-brunswickoises, car il peut profiter du généreux crédit d’impôt du Québec pour les frais de garde.

Comme on est étudiants, on est encore officiellement résidents du Québec et on a droit à un crédit d'impôt. Honnêtement, c’est ce qui fait qu’on a cinq enfants parce que dans les conditions d’ici [au Nouveau-Brunswick], on n’aurait jamais eu cinq enfants , précise le jeune père de famille.

En Atlantique, les familles paient entre 8850$ et 11 450$ par année pour un enfant en garderie, selon une étude du Centre canadien des politiques alternatives.

Maxim Beauregard Dionne ne comprend pas comment certaines familles néo-brunswickoises peuvent arriver à boucler les fins de mois, sans crédit d'impôt provincial ou sans accès à un service de garde subventionné.

Un choix déchirant

La directrice générale de l'Association francophone des parents du Nouveau-Brunswick, Chantal Varin, entend parler de familles qui doivent faire des choix difficiles à cause du coût exorbitant des garderies.

Il y a des familles qui nous ont dit on aurait eu d'autres enfants mais on a eu à faire des choix, raconte-t-elle. Chantal Varin trouve déchirant que des couples soient forcés de renoncer à un autre enfant à cause du prix des garderies.

Une femme devant un logo d'association.

La directrice générale de l'Association francophone des parents du Nouveau-Brunswick, Chantal Varin

Photo : Radio-Canada

Pour beaucoup de familles, le coût élevé des frais de garde force un parent, souvent la mère, à renoncer à travailler.

Avoir plus de services de garde accessibles et abordables est un levier puissant pour permettre aux femmes de réintégrer le marché de l’emploi , rappelle la directrice générale du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick, Julie Gillet. Elle fait valoir que dans les pays offrant des services de garde abordables, accessibles et de bonne qualité, on constate un impact majeur sur l’économie.

« Les garderies accessibles sont un instrument d'égalité des genres mais aussi d’égalité des chances entre tous les enfants.  »

— Une citation de  Julie Gillet, directrice générale du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick

Maxim Beauregard Dionne appuie le plan des libéraux de Justin Trudeau pour des garderies à 10 dollars par jour. Il note toutefois qu’il ne réglera pas les problèmes d'infrastructure et le manque d'éducatrices en garderie au Nouveau-Brunswick.

Le plan que Justin Trudeau a mis de l’avant est de loin meilleur que l’idée de compenser les parents avec un chèque, on sait que ça crée plus de place, c’est démontré dans les études , explique-t-il.

Même si les libéraux sont réélus à Ottawa, le gouvernement du Nouveau-Brunswick est le seul en Atlantique à ne pas avoir conclu une entente pour offrir des places en garderies à 10 dollars. Le premier ministre Blaine Higgs voit dans le programme libéral une tactique électorale.

Je trouve que c'est de la partisannerie. On ne veut pas favoriser un parti X au détriment des enfants , déplore Maxime Beauregard Dionne.

En pleine campagne électorale fédérale, la directrice du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick garde espoir que le gouvernement provincial verra finalement l'importance d'investir dans les garderies abordables.

De son côté, Chantal Varin, de l'Association francophone des parents a un message pour le premier ministre du Nouveau-Brunswick.

« Monsieur Higgs, c’est un enjeu important que d’avoir des services de garderies. Ça permet une meilleure économie. Je sais que vous aimez l’économie. Il faut s’assurer d’avoir une belle qualité d’éducation pour nos petits, ils méritent ça.  »

— Une citation de  Chantal Varin, directrice générale de l'Association francophone des parents du Nouveau-Brunswick

Peu importe le résultat des élections fédérales du 20 septembre, Maxim Dionne Beauregard croit que le Nouveau-Brunswick a grandement besoin d'agir pour soutenir les familles de la province.

C'est vrai que le coût de la vie est moins cher. Il y a beaucoup d’avantages à être au Nouveau-Brunswick, mais pour les familles, entre autres les garderies, je dirais que c’est difficile , conclut avec regret ce jeune père de famille.

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